Bruno Gauthier : de l'acquisition du langage aux troubles neurodéveloppementaux

  • Forum
  • Le 2 septembre 2014

  • Dominique Nancy

Bruno GauthierLes bébés perçoivent de manière plus fine que les adultes les changements de hauteur d'une mélodie ou de la voix. Mais quel est le rôle de la hauteur d'un son dans l'acquisition du langage?

 

C'est la question que s'est posée le neuropsychologue Bruno Gauthier, qui en a fait l'objet d'une recherche.

L'étude, publiée en 2011 dans le Journal of the Acoustical Society of America, jette de la lumière sur l'importance du phénomène. « Nos analyses indiquent qu'il sert à attirer l'attention de l'enfant plutôt que de clarifier la structure linguistique du signal acoustique de la parole. L'apprentissage des mots est ainsi meilleur, car l'enfant est plus attentif. »

M. Gauthier a réalisé plusieurs travaux sur le sujet. Depuis son doctorat en psychologie sous la codirection de Rushen Shi et de Robert Proulx, à l'UQAM, il a examiné différentes problématiques liées à l'acquisition du langage. Cet amateur d'intelligence artificielle a une approche particulière pour aborder son objet d'étude. Il a recours à des algorithmes sophistiqués nommés « réseaux de neurones artificiels » parce qu'ils s'inspirent du fonctionnement du cerveau. Cette intelligence-machine, basée sur des modèles mathématiques, se trouve notamment derrière les moteurs de recherche du Web, l'analyse produits-clients et la reconnaissance automatique de la voix et de l'écriture.

En combinant psychologie, linguistique, neurosciences et intelligence artificielle, le chercheur de 44 ans a découvert un champ de recherche passionnant. Mais le côté clinique l'intéresse tout autant. Après son doctorat, il a travaillé pendant huit ans comme neuropsychologue dans divers milieux hospitaliers universitaires, dont l'Hôpital Rivière-des-Prairies, avant de se joindre en juin dernier à l'équipe du Département de psychologie à titre de professeur adjoint.

Bruno Gauthier se dit heureux et très chanceux d'occuper un poste de professeur à l'Université de Montréal. « Heureusement, l'offre d'emploi tombait dans mon domaine d'études et exigeait une expérience clinique. Ça correspondait exactement à mes compétences et champs d'intérêt. » Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, il assumera plus spécifiquement l'enseignement, la supervision clinique et la direction des travaux de recherche au doctorat professionnel en neuropsychologie clinique. « Je suis très excité à l'idée de poursuivre mes recherches sur le développement cognitif des jeunes et de pouvoir mettre à profit mon expérience de clinicien », dit-il.

Son programme de recherche sera ainsi élargi et portera sur l'évaluation et l'intervention neuropsychologiques chez l'enfant et l'adolescent auprès de sujets en bonne santé et de patients aux prises avec des troubles neurodéveloppementaux.

Dominique Nancy