Julien Riel-Salvatore : chasseur-cueilleur moderne des vestiges de la préhistoire

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  • Le 2 septembre 2014

  • Martin LaSalle

Julien Riel-SalvatoreC'est à l'âge de neuf ans que Julien Riel-Salvatore découvre ce qu'il veut faire dans la vie : archéologue!

 

Il vient tout juste de visiter avec sa mère Lascaux II, une réplique de la célèbre grotte du Périgord, en France, où des peintures rupestres datant de la préhistoire ont été découvertes en 1940.

Depuis, ce natif de Montréal a obtenu un baccalauréat en anthropologie de l'Université McGill, puis une maîtrise et un doctorat de l'Université d'État de l'Arizona. Jusqu'à tout récemment, il enseignait l'archéologie préhistorique à l'Université du Colorado, à Denver.

Récemment recruté par le Département d'anthropologie de l'Université de Montréal, Julien Riel-Salvatore donnera, à compter de janvier, un cours de premier cycle sur les méthodes et concepts en archéologie, ainsi qu'un cours de cycles supérieurs portant sur la complexité sociale dans les cultures préétatiques.

Le quotidien des hommes... il y a 30 000 ans

Julien Riel-Salvatore s'intéresse au paléolithique supérieur, une période au début de laquelle se sont côtoyés, il y a plusieurs dizaines de milliers d'années, l'homme de Néandertal et Homo sapiens.

Plus précisément, il scrute depuis plus de 10 ans les traces laissées par les chasseurs-cueilleurs de l'âge de pierre, il y a de 50 000 à 10 000 ans, et par les premiers agriculteurs qui leur ont succédé il y a environ 8000 ans, pour mieux comprendre comment ces sociétés ont transformé leur environnement pour subsister.

Ses recherches l'ont conduit à effectuer des fouilles dans de nombreux sites archéologiques un peu partout dans le monde, que ce soit en Espagne, au Mozambique, en Afrique du Sud, en Éthiopie, au Mexique ou aux États-Unis.

Mais son terrain de prédilection est celui de la caverna delle Arene Candide, situé en Ligurie, dans le nord de l'Italie. Ce territoire a été relativement peu altéré par le passage du temps et renferme des vestiges témoignant tant de la présence des chasseurs-cueilleurs que de celle des premiers agriculteurs.

« On a une idée très romantique des écosystèmes méditerranéens, mais depuis longtemps ils sont en grande partie façonnés et maintenus par la main de l'homme, relate M. Riel-Salvatore. Et ces écosystèmes anthropisés ont laissé des traces qui nous en apprennent constamment sur ce qu'était le quotidien des hommes de cette époque. »

Martin LaSalle