Les adolescents sportifs préfèrent l'éducation physique aux activités sportives organisées

  • Forum
  • Le 2 septembre 2014

  • Martin LaSalle

La diversité des activités proposées aux jeunes dans les cours d'éducation physique les amène à explorer différentes facettes du sport (image : iStock).Le plaisir ressenti en pratiquant une activité sportive est le principal élément motivateur chez les jeunes qui demeurent sportifs lorsqu'ils franchissent l'adolescence.

 

Et, bonne nouvelle pour les enseignants d'éducation physique, les adolescents sportifs éprouvent plus de plaisir pendant leurs cours d'éducation physique que lors d'une activité sportive organisée!

Le taux de participation des jeunes dans le sport tend à diminuer avec l'âge. La chute plus marquée de la pratique sportive, lorsqu'ils entrent au secondaire, est bien documentée.

Aussi Julie-Catherine Gagnon a-t-elle voulu comprendre tant les motivations que les obstacles qu'évoquent les adolescents lorsque vient le moment de s'adonner à une activité sportive, dans le cadre de ses travaux de maîtrise réalisés sous la direction de Suzanne Laberge, professeure titulaire au Département de kinésiologie de l'Université de Montréal.

Pour ce faire, elle a demandé à 750 élèves qui fréquentaient une école secondaire canadienne et francophone – dont 87 % au Québec – de remplir un questionnaire visant à désigner ces obstacles et motivations à la fois dans le contexte de leurs cours d'éducation physique et dans celui d'une activité sportive organisée.

D'après les réponses fournies, 367 de ces jeunes étaient considérés comme des sportifs (au moins quatre séances d'activité physique par semaine durant une saison complète et pratiquée depuis les trois dernières années), 241 étaient des ex-sportifs et 142 étaient non sportifs.

Obstacles à l'activité sportive

Comme Mme Gagnon s'y attendait, les obstacles à la pratique sportive se font plus nombreux à mesure que les adolescents vieillissent. De façon générale, les obstacles les plus importants rapportés par les jeunes, toutes catégories confondues, ont trait à des contraintes de temps, telles les difficultés à concilier le sport avec les devoirs, la famille et les amis ou encore les conflits d'horaire.

« Fait à noter, les filles sont plus nombreuses que les garçons à considérer les obstacles inclus dans cette étude comme des obstacles à la pratique sportive, de sorte que le risque de délaisser le sport est plus grand pour elles », souligne Julie-Catherine Gagnon.

Le plaisir... et la reconnaissance sociale!

Par ailleurs, Julie-Catherine Gagnon a constaté que le principal élément qui incite les jeunes à faire du sport est « la sensation de plaisir ressentie lors de l'activité elle-même, qu'on désigne aussi par l'état de flow », écrit-elle dans son mémoire.

Julie-Catherine GagnonElle a remarqué que les sportifs éprouvent un plaisir supérieur à celui des ex-sportifs au moment d'effectuer une activité sportive. Elle a aussi observé que les deux groupes ont davantage de plaisir dans leurs cours d'éducation physique qu'en pratiquant une activité sportive organisée, mais que cet écart est plus grand chez les ex-sportifs que chez les sportifs.

Comment expliquer que les sportifs et ex-sportifs ressentent plus de plaisir en éducation physique?

« La diversité des activités proposées aux jeunes dans les cours d'éducation physique les amène à explorer différentes facettes du sport, ce qui favoriserait un sentiment d'autonomie et engendrerait le plaisir qui y est associé », affirme-t-elle en s'appuyant sur la littérature scientifique.

Julie-Catherine Gagnon émet une autre hypothèse. « Le niveau plus élevé de plaisir ressenti en éducation physique peut également s'expliquer par l'influence de facteurs liés à l'environnement scolaire, notamment la présence d'amis et de camarades de classe. »

Ainsi, il est fort possible que « les sportifs et les ex-sportifs associent les cours d'éducation physique à un moment privilégié pour démontrer leurs habiletés sportives et, ainsi, obtenir une forme de reconnaissance sociale de leurs compétences et de leurs performances. En résumé, ils aiment montrer aux autres qu'ils sont bons! » conclut celle qui vit maintenant en Suisse.

Martin LaSalle


Un taux d'activité physique sans cesse décroissant

Selon les études citées par Julie-Catherine Gagnon, le taux de participation à une activité sportive, chez les jeunes Canadiens de 15 à 18 ans, est passé de 77 % en 1992 à 59 % en 2005.

D'après le Sondage indicateur de l'activité physique 2010, auquel elle s'est également référée, 75 % des jeunes rapportent faire du sport. Or, seulement 42 % de ceux-ci prennent part à au moins quatre séances d'activité physique par semaine.

En fait, la majorité (51 %) dit participer à une activité sportive deux ou trois fois par semaine.