C'est à 10 ans que les enfants font le plus de cauchemars!

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  • Le 8 septembre 2014

  • Dominique Nancy

Les problèmes de sommeil des jeunes sont souvent un cauchemar pour les parents. (Photo : iStock)Chez les enfants, c'est vers l'âge de 10 ans que les mauvais rêves qui réveillent le dormeur se font plus nombreux. C'est ce que révèle une récente étude d'Antonio Zadra.

 

« Les cauchemars sont le lot d'une proportion significative d'enfants de tout âge, soit entre 15 et 40 % des jeunes selon les cohortes, explique le professeur du Département de psychologie de l'Université de Montréal. Mais on a observé un pic vers la 10e année de vie. »

On ne sait pas encore pourquoi. Peut-être est-ce lié à une période du développement plus anxiogène ou encore à des facteurs neurobiologiques. « Les cauchemars sont souvent associés à des difficultés psychologiques variées comme le stress ou des problèmes de comportement, fait observer Antonio Zadra, mais une anxiété élevée et des troubles du sommeil concomitants, par exemple le somnambulisme, sont aussi des facteurs de risque. »

À ce jour, peu d'études se sont penchées sur les cauchemars chez les enfants, mentionne-t-il. Quelle en est la fréquence? Quelles en sont les causes exactes? Pour mieux répondre à ces questions, le chercheur et ses collègues ont entrepris de recenser les recherches sur le sujet. Plus spécifiquement, ils se sont intéressés aux rêves dysphoriques, soit les mauvais rêves et les cauchemars. Ils ont analysé les données sur la qualité du sommeil de plus de 18 000 enfants âgés de cinq mois à 18 ans.

Alors que les mauvais rêves (définis comme des rêves qui perturbent le sommeil sans nécessairement provoquer l'éveil) étaient réputés être fréquents chez les enfants en bas âge, l'étude montre qu'ils sont relativement peu courants chez les jeunes d'âge préscolaire. Mais la tendance à en faire se cristalliserait au cours de cette période et leur présence dès l'âge de deux ans constitue un bon prédicteur. Autrement dit, les jeunes qui font des mauvais rêves risquent de continuer à en faire.

Antonio ZadraLes cauchemars sont en revanche plus communs. L'étude indique une différence notable de genre qui apparaît entre 10 et 15 ans, alors que les filles rapportent en avoir plus que les garçons. « Cette différence était déjà bien démontrée dans les populations adultes », dit M. Zadra, dont les travaux ont signalé que les hommes rêvent davantage à des catastrophes naturelles alors que les conflits interpersonnels sont plus présents dans les songes des femmes. Chez les enfants en bas âge, il semblerait que les mauvais rêves et les cauchemars soient essentiellement peuplés de monstres et de sorcières et qu'ils fassent ressortir des sentiments comme la peur de perdre ses parents.

Le professeur Zadra rappelle que, selon des études récentes, la thérapie par répétition de l'imagerie mentale serait efficace pour diminuer la fréquence des rêves dysphoriques ainsi que la détresse qui y est associée chez les enfants. « Des études longitudinales seront nécessaires afin de mieux comprendre comment les cauchemars et leurs corrélats évoluent durant l'enfance et l'adolescence, pour préciser leur importance clinique », conclut le chercheur.

En plus d'Antonio Zadra, Aline Gauchat et Jean-R. Séguin ont collaboré à cette étude, dont les résultats sont parus récemment dans la revue scientifique Pathologie Biologie.

Dominique Nancy

 

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