Les cauchemars font la une de «Science & Vie»

  • Forum
  • Le 8 septembre 2014

  • Dominique Nancy

Après le New York Times, Le Monde, Newsweek et d'innombrables sites Web scientifiques, les travaux d'Antonio Zadra, qui enseigne au Département de psychologie de l'Université de Montréal, et Toré Nielsen, professeur au Département de psychiatrie de l'UdeM et directeur du Laboratoire des rêves et cauchemars de l'Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, font la une de la dernière édition du magazine Science & Vie.

 

« Leurs découvertes auprès de dormeurs sujets aux cauchemars ont permis de faire de notre production onirique un sujet scientifique à part entière », écrit le journaliste Emmanuel Monnier.

Les professeurs Zadra et Nielsen ont signé plusieurs articles majeurs sur les cauchemars qui ont permis de mieux comprendre l'importance de ces rêves parfois terrorisants. On ne connaît pas encore la fonction exacte des cauchemars. Une hypothèse veut qu'ils servent de catharsis aux vicissitudes du quotidien, une autre qu'ils résultent d'un dérèglement du système nerveux. Environ six pour cent de la population rapporte faire des cauchemars. Rappelons que ceux-ci provoquent le réveil du dormeur contrairement aux « mauvais rêves ».

À en croire le reportage publié dans le magazine de vulgarisation scientifique français, le Canada et la Hongrie sont les seuls pays dans le monde qui se consacrent à l'étude expérimentale des cauchemars. C'est à l'Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, où se trouve le Centre d'études avancées en médecine du sommeil, fondé par le Dr Jacques-Yves Montplaisir, un pionnier du domaine, que les recherches sont les plus poussées. Toré Nielsen et Antonio Zadra y observent des sujets endormis en laboratoire depuis une vingtaine d'années. M. Nielsen a notamment le mérite d'avoir compilé et analysé l'ensemble des données relatives aux rêves, tant en psychologie et en sciences cognitives qu'en neurobiologie. Cela l'a amené à proposer une théorie qui, « tout en rendant compte des observations de dormeurs sujets aux cauchemars, propose une mécanique cérébrale précise de nos mauvais rêves », peut-on lire dans Science & Vie.

De son côté, le professeur Zadra, à partir de l'étude des circuits cérébraux et des récits de plusieurs centaines de personnes qui font des cauchemars, a jeté un nouvel éclairage sur l'intensité émotionnelle et le contenu même de ces rêves. Les cauchemars ne s'apparentent pas toujours à des films d'horreur. Les agressions physiques, la mort et la menace sont des thèmes courants. Mais « la peur n'est pas toujours au rendez-vous, puisqu'elle est absente de la plupart des scénarios de mauvais rêves et du tiers des cauchemars. On ressent plutôt de la tristesse, de la confusion, de la culpabilité, du dégoût... », rapportait récemment le journal Forum (voir le numéro du 27 janvier 2014).

L'engouement des médias internationaux s'est rapidement manifesté. Antonio Zadra se dit heureux de cet enthousiasme. « La vulgarisation scientifique est importante et fait partie du travail des chercheurs. Cela est particulièrement vrai dans un domaine comme les rêves, où il existe plusieurs mythes», dit ce spécialiste des rêves et du somnambulisme. Mais il préfère avant tout mener des recherches et faire des percées scientifiques. D'ailleurs, son équipe vient de publier les résultats d'une nouvelle étude sur la fréquence des cauchemars et leurs corrélats chez des enfants (voir le texte sur les cauchemars chez les enfants à 10 ans).

Dominique Nancy

 

À lire aussi