Prévenir la cécité chez les prématurés à risque de rétinopathie

Image : iStockSelon une étude publiée le 14 septembre 2014 dans la très prestigieuse revue médicale Nature Medicine par des pédiatres et chercheurs du CHU Sainte-Justine et de l’Université de Montréal, l’activation d’un récepteur qui migre au noyau des cellules nerveuses de la rétine favorise la croissance des vaisseaux sanguins.

 

Cette découverte permettrait de développer de nouveaux médicaments plus sélectifs visant à enrayer la croissance anormale des vaisseaux sanguins et de prévenir la cécité, notamment dans la rétinopathie du prématuré. En effet, cette affection peut provoquer le décollement de la rétine par suite d’une croissance anormale des vaisseaux sanguins de l’œil.

« Cette étude démontre qu’un seul et même récepteur peut jouer différents rôles, selon son site d’action au noyau ou à la membrane de la cellule», déclare le Dr Jean-Sébastien Joyal, MD, PhD, pédiatre-intensiviste au CHU Sainte-Justine et professeur adjoint à l’Université de Montréal. Cette découverte fondamentale a d’importantes conséquences cliniques, puisque plusieurs médicaments agissent sur cette famille de récepteurs, sans égard à leur site d’action dans la cellule.

« Nos résultats sont extrêmement encourageants. Ils laissent présager que des médicaments formulés pour cibler ce récepteur nucléaire pourraient un jour permettre de prévenir la rétinopathie chez les bébés prématurés », a poursuivi le Dr Sylvain Chemtob, néonatalogiste au CHU Sainte-Justine et professeur titulaire en pédiatrie, ophtalmologie et pharmacologie dans la même université.

Une prolifération anormale des vaisseaux sanguins peut engendrer plusieurs maladies. Il est donc possible que cette découverte recèle un potentiel thérapeutique pour d’autres conditions, notamment la rétinopathie proliférative diabétique et le cancer. Ce potentiel reste à explorer.

À propos de l'étude :
L’étude intitulée « Subcellular localization of coagulation factor II receptor-like 1 in neurons governs angiogenesis » a été publiée dans Nature Medicine le 14 septembre 2014. Elle a été financée par les Instituts de recherche en santé du Canada, March of Dimes, Burroughs Wellcome Fund, Foundation Fighting Blindness et le Fonds de recherche du Québec – Santé. Les chercheurs Gregor Andelfinger et Christian Beauséjour du CHU Sainte-Justine et de l’Université de Montréal ont également contribué à l’élaboration de l’étude.

Au sujet des chercheurs :

     

  • Le Dr Sylvain Chemtob, MD, PhD, FRCPC, FCAHS est professeur titulaire aux Départements de pédiatrie, d'ophtalmologie et de pharmacologie à l’Université de Montréal. Il est également titulaire d’une Chaire de Recherche du Canada (niveau I) et de la Chaire Leopoldine Wolfe en recherche sur la dégénérescence maculaire. Il est aussi chercheur dans l’axe de recherche Pathologies foetomaternelles et néonatales au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine.
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  • Le Dr Jean-Sébastien Joyal, MD, PhD, est pédiatre-intensiviste au CHU Sainte-Justine et professeur adjoint au Département de pédiatrie de l’Université de Montréal. Il est aussi chercheur dans l’axe Santé métabolique au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine.
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