Des Trifluviens d'adoption qui se sont enracinés pour longtemps?!

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  • Le 22 septembre 2014

  • Martin LaSalle

Les Drs Lavoie, Lavallée et Dazé demeurent rattachés à leur faculté à titre de professeurs.Le coup de cœur n'a pas été immédiat pour Marie-Ève Lavoie. En 2005, elle était pharmacienne au Centre hospitalier de l'Université Laval, à Québec, tandis que son conjoint, Philippe Lavallée, venait de rejoindre les rangs de la première cohorte de 24 étudiants admis au campus de l'Université de Montréal en Mauricie, qui avait ouvert ses portes l'année précédente à Trois-Rivières.

 

En 2006, elle est allée retrouver son amoureux après avoir décidé de réorienter sa carrière et d'amorcer, à son tour, des études de médecine.

Puis, de fil en aiguille, les charmes de Trois-Rivières se sont révélés, renforçant leur désir de s'y établir pour y mener leurs carrières de médecin de famille et d'urgentologue qu'ils ont respectivement embrassées. Ils y ont aussi fondé leur famille, aujourd'hui composée d'Éléonore, sept ans, et d'Édouard, quatre ans.

Pierre-Luc Dazé a, quant à lui, quitté la rive sud de Montréal en 2004 pour étudier la médecine à Trois-Rivières. Pendant ses études, il a présidé aux destinées de l'Association des étudiantes et étudiants en médecine de l'Université de Montréal en Mauricie (AEEMUM-Mauricie) pendant deux ans, après quoi il a été représentant de sa cohorte auprès de la faculté.

«Nous avons mis sur pied de nombreux services et organisé plusieurs activités, comme le Méga marathon des étudiants de médecine en Mauricie – un relais entre Montréal et Trois-Rivières –, les partys James Bond et le Gala Merci, qui font maintenant partie de la tradition à la Faculté de médecine en Mauricie!» se remémore Pierre-Luc Dazé.

C'est sans doute ce qui explique que les membres de cette première promotion forment une grande famille. «Nous sommes très près les uns des autres, chacun sait à peu près tout des autres, nous avons développé un sens de l'entraide et non un esprit de compétition», poursuit celui qui est lui aussi urgentologue.

Une anecdote illustre bien l'esprit de corps qui les animait. À une semaine d'un important examen, Marie-Ève Lavoie a donné naissance à Éléonore. Devant combiner son nouveau rôle de père avec ses études, Philippe Lavallée était débordé. Pierre-Luc Dazé est allé lui rendre visite en tant qu'ami... et aussi comme président de l'AEEMUM-Mauricie pour lui permettre d'exercer son droit de vote à l'élection des membres du bureau!

Une ville et une faculté de proximité

Pourquoi avoir choisi de rester à Trois-Rivières plutôt que d'aller exercer ailleurs leur profession?

«Trois-Rivières offre tous les services et attraits d'une grande ville, tout en étant à échelle humaine, confient les trois médecins. De plus, la nature et les nombreuses activités qu'elle permet sont rapidement accessibles en auto, puisqu'il n'y a jamais d'embouteillages!»

En parallèle, ils demeurent rattachés à leur faculté, car ils y agissent à titre de professeurs et de superviseurs de stage.

«La Faculté de médecine de l'UdeM à Trois-Rivières m'a donné la chance de devenir médecin, affirme sans ambages Pierre-Luc Dazé. On y a obtenu une formation de très haute qualité, avec des avantages qu'on trouve moins dans les facultés de médecine des grands centres.»

Il évoque, entre autres, la proximité avec les professeurs, qui sont aussi les patrons en milieu hospitalier, ce qui favorise l'établissement d'une grande complicité avec eux.

«Pendant nos stages, nous travaillions directement avec les patrons, ce qui n'est pas le cas ailleurs, ajoutent MM. Dazé et Lavallée et Mme Lavoie. Ça nous a permis de toucher à toutes les facettes de la profession et aujourd'hui, contrairement à d'autres milieux, nous pouvons prendre le patient en charge du début à la fin de son séjour, ce qui améliore la qualité de la relation avec nos patients.»

De sorte qu'au Centre hospitalier régional de Trois-Rivières les omnipraticiens et les spécialistes travaillent dans un milieu où la hiérarchie est minimale et où l'ensemble du personnel entretient l'ambiance de camaraderie qui y règne. «Les gens nous appellent par notre prénom, pas par notre titre», rigole le Dr Dazé.

Maintenant qu'ils sont eux-mêmes professeurs, tous trois redonnent aux médecins de demain ce qu'ils ont reçu de leurs prédécesseurs. Et ils disent constater que les externes ayant étudié à Trois-Rivières possèdent une formation, une autonomie et un sens des responsabilité hors du commun, en plus d'être très appréciés partout au Québec.

Martin LaSalle


 

     

     

     

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