Le Dr Pierre Gagné au centre du projet de campus mauricien

  • Forum
  • Le 22 septembre 2014

  • Mathieu-Robert Sauvé

Centre hospitalier régional de Trois-Rivieres (CHRTR)Embauché par le Centre hospitalier régional de Trois-Rivieres (CHRTR) en 2003 pour établir une affiliation universitaire et, ultimement, mettre sur pied une unité de médecine familiale en Mauricie, le Dr Pierre Gagné a vu ses souhaits se réaliser bien au-delà de ses espérances.

 

«On a travaillé fort, mais ça a valu la peine», déclare le spécialiste de médecine nucléaire.

Le déclic s'est produit en mai 2003, lorsqu'il a envoyé un courriel au Dr Raymond Lalande, à l'époque vice-doyen aux études médicales de premier cycle à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal. Non seulement l'UdeM était ouverte à une présence en Mauricie, mais elle était disposée à y ouvrir un véritable campus. Par la suite, une coalition interinstitutionnelle a été établie entre l'UdeM, le CHRTR, l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) et le Centre hospitalier régional de Shawinigan pour accueillir et former les étudiants et les résidents. La décision d'aller de l'avant avec ce projet ambitieux a été prise en juin 2003 et les premiers étudiants sont arrivés à l'UQTR pour leur année préparatoire un peu plus d'un an après! La clé de la réussite fut l'engagement des divers intervenants dans le dossier, dont le doyen de la Faculté de médecine de l'UdeM d'alors, le Dr Jean-Lucien Rouleau, le Dr Lalande et l'ex-directeur général du CHRTR, Jean Bragagnolo : «Tout le monde avait à cœur de prodiguer des soins de santé adéquats à la population par l'intermédiaire d'une excellente formation médicale aux étudiants. Les statistiques que nous possédions indiquaient que c'était la meilleure façon de convaincre les médecins de choisir une région donnée», explique le Dr Gagné.

Pierre GagnéLe médecin n'a pas oublié les innombrables appels téléphoniques passés ni les abondants courriels échangés pour assurer l'enseignement aux premières cohortes. «Il a fallu recruter et former 350 médecins, prêts à donner des cours à Trois-Rivières et à Shawinigan. Pas de tout repos à une période où les spécialistes exerçaient divers moyens de pression pour obtenir de meilleures conditions de travail. Mais, à force de persuasion, nous avons réussi.» L'inauguration du pavillon du campus mauricien, en 2009, a marqué le point culminant de cette épopée.

Quatrième pôle d'enseignement

En une décennie, la région de la Mauricie est passée de l'une des plus lacunaires en matière d'effectif médical au quatrième pôle d'enseignement de la médecine au Québec, après Montréal, Québec et Sherbrooke. On peut y faire des stages en cardiologie, médecine interne, chirurgie, anesthésie, pédiatrie, gynécologie-obstétrique, psychiatrie, hématologie, microbiologie, néphrologie et neurologie. Des unités de médecine familiale ont vu le jour en 2005 à Trois-Rivières et en 2007 à Shawinigan.

Le campus de l'UdeM en Mauricie est aujourd'hui l'un des plus gros, sinon le plus gros du Canada et des États-Unis pour ce qui est du nombre d'étudiants et de résidents en médecine sur un campus décentralisé. Les huit années que le Dr Gagné a consacrées à l'administration universitaire lui ont ouvert la porte d'une nouvelle expertise, puisqu'on l'a invité dans divers forums portant sur l'éducation médicale tant en Europe qu'en Amérique du Nord. Il a entre autres été conférencier au Harvard Macy Institute de 2008 à 2011. Il est actuellement président d'une association internationale qui se penche sur le thème des campus décentralisés de médecine: le Group on Regional Medical Campuses, et a été coauteur d'une étude publiée récemment sur la taxinomie des campus médicaux.

«Ce succès est le résultat d'efforts colossaux accomplis par des centaines de collaborateurs dévoués. J'aimerais encore une fois les remercier d'avoir cru à ce projet très ambitieux», conclut-il.

Mathieu-Robert Sauvé


 

     

     

     

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