Les relations industrielles, ce n'est pas chinois?!

  • Forum
  • Le 22 septembre 2014

  • Dominique Nancy

Au fil des ans, l'économie chinoise est devenue l'un des moteurs de la croissance économique du Canada. D'ailleurs, la Chine est le deuxième partenaire commercial du pays.La Chine a le vent dans les voiles sur le plan économique, mais le domaine des relations industrielles demeure un obstacle sur le chemin du progrès social. «Il y a des problèmes de santé et de sécurité, des salaires faibles et un manque de mécanismes de dialogue pour résoudre des litiges au travail.

 

Manifestations et grèves y sont monnaie courante. On compte plus de 100 000 conflits de travail chaque année en Chine», indique le professeur de l'École de relations industrielles de l'Université de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la mondialisation et le travail, Gregor Murray.

Véritable usine mondiale, ce pays de 1,3 milliard d'habitants fabrique aujourd'hui bien plus que des jouets et des vêtements. Selon M. Murray, l'économie chinoise est devenue au fil des ans un des moteurs de la croissance économique du Canada. «Après les États-Unis, rappelle-t-il, la Chine est notre deuxième partenaire commercial.»

Le directeur du Centre de recherche interuniversitaire sur la mondialisation et le travail (CRIMT) est convaincu que la place incontournable des travailleurs chinois dans la chaîne mondiale de production a une influence directe sur l'économie et les conditions de travail de la main-d'œuvre tant en Chine que dans le reste du monde, dont le Québec. «L'amélioration des conditions de travail en Chine est un enjeu de taille qui se répercute sur les conditions de travail chez ses principaux partenaires commerciaux. Au moment de négocier des accords d'investissement et d'échange avec la Chine, il faut également se pencher sur la dimension sociale de ces échanges.»

Le professeur Murray, qui parle le mandarin, a fait ces dernières années de nombreux séjours dans l'empire du Milieu, à Pékin, Shanghai et Canton notamment, où il a enseigné les relations du travail. Il a constaté une volonté de promouvoir un droit du travail afin de bonifier les conditions de travail et de favoriser la résolution des litiges. «Plusieurs lois relatives à la vie ouvrière ont ainsi été instaurées au cours de la dernière décennie, souligne-t-il, mais ces lois ne sont pas toujours faciles d'application et entrent en conflit avec d'autres priorités économiques et politiques.»

«Que ce soit en santé et sécurité au travail, en gestion des ressources humaines ou en relations du travail, les besoins en formation sont grands, ajoute-t-il. À cet égard, l'UdeM a beaucoup à offrir.»

Pour aider les organisations à améliorer leurs capacités de résolution des conflits de travail, l'École de relations industrielles et le CRIMT ont mis sur pied au fil des ans de multiples projets en partenariat avec des universités chinoises, dont des écoles d'été et des programmes d'échanges d'étudiants. En collaboration avec le gouvernement du Canada, ils ont aussi organisé en Chine une série de séminaires sur la négociation collective et la résolution des conflits auxquels ont été invités les partenaires du monde du travail. «On fournit aux participants un pôle d'expertise et de formation unique et, de leur côté, ils contribuent à l'avancement des connaissances par le partage de leurs expériences et la rétroaction fournie aux chercheurs et aux praticiens. Tout le monde y gagne!»

Dominique Nancy