Concert Montréal-Paris de l'OUM

  • Forum
  • Le 29 septembre 2014

L’OUM, sous la direction de Jean-François Rivest, lance sa saison 2014-2015 avec un concert qui soulignera les 50 ans de la salle emblématique de la Faculté de musique.Pour célébrer le 50e anniversaire de la salle Claude-Champagne, un concert digne de celui dont elle porte le nom s'imposait. Avec Montréal-Paris, l'Orchestre de l'Université de Montréal (OUM) évoque le parcours d'un pionnier et d'un bâtisseur qui a su se mettre au service de la musique d'ici, après avoir puisé une partie de son inspiration chez les compositeurs français.

 

Le programme du concert, présenté le 4 octobre, mettra à l'honneur la très rarement jouée Symphonie gaspésienne, de Claude Champagne, qui côtoiera des œuvres orchestrales de Maurice Ravel, César Franck et Lowell Liebermann.

«Quand Claude Champagne a écrit cette symphonie, au milieu des années 40, il était complètement imbibé de son admiration pour la musique française, dit Jean-François Rivest, chef de l'OUM. Il ne faut pas oublier que la pièce a été composée dans un Québec où la musique occupait encore une bien petite place. Il y avait là une grande naïveté, mais cette naïveté fait partie de notre culture. Sa symphonie a un côté pastiche, mais elle possède une inspiration venue des éléments qui nous sont propres.»

Le directeur artistique de l'Orchestre compare la Symphonie gaspésienne à un grand poème symphonique. «Il y a une longue introduction, assez lugubre, un foisonnement d'idées musicales et des moments joyeux avec des accords lumineux qui rappellent Debussy, Fauré ou Ravel. C'est une pièce qui n'est jamais jouée et je suis fier de la présenter ici, pour les 50 ans de la salle Claude-Champagne.»

Comme dans bien d'autres domaines, la France a exercé une influence considérable sur la musique et les musiciens québécois, rappelle Jean-François Rivest.

«Tous les musiciens importants de cette époque, dont Claude Champagne et Gilles Tremblay, sont allés étudier là-bas, indique-t-il. En raison de cette profonde influence sur les gens qui furent les piliers de notre société musicale, on a créé notre système d'éducation musicale en s'inspirant du conservatoire français. Jusqu'à l'arrivée de la musique dans les universités, le parcours des musiciens s'inscrivait dans ce système.»

La Symphonie en ré mineur de César Franck nous mènera ensuite vers un monde de tendresse et de candeur, évoquant un lien de parenté avec la symphonie de Claude Champagne. «Avec Franck, on plonge, en quelque sorte, dans l'amour qu'on a pour sa famille. Ce n'est pas une symphonie qui a révolutionné la musique, mais, tout comme sa Sonate pour violon et piano, c'est une pièce qui devient vite amie de notre cœur.»

Felipe Verdugo, lauréat du premier prix  du Concours de concerto de l’OUM en 2014

Deux concertos et leurs solistes

Le concert Montréal-Paris permettra également d'entendre le Concerto pour piano en sol majeur de Maurice Ravel, interprété par Felipe Verdugo, étudiant à la Faculté de musique de l'Université de Montréal et lauréat de plusieurs prix, parmi lesquels le premier prix du Concours de concerto de l'OUM en 2014. «C'est un concerto qui développe des thèmes très lyriques et d'autres plus rythmiques, explique Felipe Verdugo. Mon grand défi sera de rendre ces contrastes vivants et clairement distincts.»

Qualifié par Jean-François Rivest de «David Oïstrakh du piccolo», le Français Jean-Louis Beaumadier sera aussi de la fête. M. Beaumadier a grandement contribué à faire connaître cet instrument à travers une abondante discographie et s'est produit avec de nombreux orchestres. Il enseigne aujourd'hui au Conservatoire national de région Pierre-Barbizet, de Marseille, et à l'Académie internationale d'été de Nice.

Jean-Louis Beaumadier,  virtuose français du piccolo«Aujourd'hui, le piccolo est bien mieux connu qu'il y a quel-ques décennies à peine, affirme Jean-Louis Beaumadier. J'ai commencé ce travail en 1979 avec un premier disque intitulé La belle époque du piccolo, et je ne me suis pas arrêté. Petit à petit, j'ai d'une certaine façon donné mon nom au piccolo et, depuis, plusieurs flûtistes se sont spécialisés dans cet instrument. Je pense que j'ai été un peu à l'origine de ce mouvement.»

Le 4 octobre, Jean-Louis Beaumadier interprétera le troisième mouvement du Concerto pour pic-colo et orchestre du compositeur américain Lowell Liebermann. «Liebermann écrit une musique abordable, qui peut être appréciée par tous les publics. Il a composé plusieurs concertos pour la flûte et ce concerto pour piccolo est très bien fait. Le mouvement final est un peu humoristique et fantastique. Il reprend, par moments, des thèmes de Beethoven ou de Mozart.»

«Dans ma carrière, j'ai constaté qu'il y avait un avantage psychologique à jouer du piccolo par rapport à la flûte, poursuit M. Beaumadier. Souvent, il n'y avait pas de concours imposé, comme dans le cas de la flûte, pour jouer dans les orchestres. Il n'y avait pas ce côté compétitif et cette pression, alors j'ai pu me servir de cet avantage pour le plaisir de faire de la musique.»

Caroline Rodgers
Collaboration spéciale

 

Le concert de l'OUM Montréal-Paris aura lieu le samedi 4 octobre à 19 h 30, à la salle Claude-Champagne, 220, av. Vincent-D'Indy.