Le droit n'a pas de frontières pour Marie-Claude Rigaud

  • Forum
  • Le 29 septembre 2014

  • Mathieu-Robert Sauvé

Marie-Claude RigaudComment améliorer les relations des avocats avec leurs clients? Comment rendre les salles d'audience plus accessibles aux personnes handicapées? Comment ouvrir les perspectives d'emploi des diplômés en droit au chômage?

 

Voilà quelques sujets qui occuperont durant la prochaine année les étudiants de Law Without Walls (le droit sans frontières), une activité internationale regroupant les facultés de droit de 27 universités, dont les prestigieuses Harvard et Stanford, aux États-Unis, mais aussi les universités de Tel-Aviv en Israël, de Witwatersrand en Afrique du Sud et de Bifröst en Islande.

«Nous en sommes à notre troisième participation à cette activité, qui met en commun les travaux d'étudiants des quatre coins du monde. Les représentants de l'Université de Montréal seront bientôt désignés et ils vivront une expérience unique», mentionne Marie-Claude Rigaud, professeure à la Faculté de droit de l'UdeM et secrétaire de faculté. C'est elle qui a pris l'initiative d'associer l'établissement montréalais à ce projet conçu par Michele DeStefano, de l'Université de Miami, en 2011. Elle agira à titre de mentore pour une troisième année. «J'y vois une occasion inespérée pour de jeunes juristes de prendre part à une activité novatrice axée sur l'avenir de l'enseignement et de la pratique, à la jonction du droit et des affaires», dit celle qui aurait aimé profiter d'un tel maillage lorsqu'elle était aux études.

L'idée de Law Without Walls est de permettre à d'apprentis juristes de réfléchir sur des solutions concrètes aux problèmes normatifs vécus dans les milieux professionnels. On met un accent particulier sur le monde des affaires, sans délaisser toutefois les milieux universitaire et juridique. Chaque équipe est d'ailleurs associée à des mentors issus de ces trois pôles. Les transformations technologiques et la mondialisation ont beaucoup modifié la pratique du droit, explique-t-on en introduction sur le site de Law Without Walls. «En conséquence, le type de travail et les compétences nécessaires pour réussir en tant qu'avocat du 21e siècle ont radicalement changé.»

L'an dernier, Mme Rigaud a coordonné un projet portant sur une application de téléphone mobile destinée à recueillir des témoignages de victimes d'agressions sexuelles au Sri Lanka. Cette violence inquiète les autorités, car les dénonciations sont peu nombreuses par crainte de représailles. Le travail des étudiants visait à assurer l'anonymat des témoins.

Les étudiants qui seront choisis pour représenter l'UdeM en 2015 doivent s'attendre à fournir un effort supplémentaire durant la prochaine année. Au cours de l'hiver, ils se déplaceront à Dublin et y rencontreront les délégués des autres universités, puis tous se retrouveront en avril à Miami. Entretemps, ils auront des réunions hebdomadaires avec leurs mentors et les autres membres de leur équipe. Mme Rigaud fait remarquer que les équipes doivent composer avec 19 fuseaux horaires, ce qui implique une certaine flexibilité dans les horaires. La participation donne droit à trois crédits de premier ou de deuxième cycle.

L'Université de Pékin participe à l'activité internationale. Mme Rigaud apprécie les étudiants chinois qu'elle a l'occasion de côtoyer dans le cadre d'un programme de maîtrise sur le droit des affaires qu'elle coordonne : Business law in a global context. «Ce sont d'excellents étudiants qui travaillent fort et s'intègrent bien. Plusieurs tiennent d'ailleurs à poursuivre leurs études au Québec.»

Avant de se joindre au corps professoral de la Faculté de droit de l'UdeM, Marie-Claude Rigaud a fait un doctorat à Paris sur la procédure arbitrale transnationale. Elle enseigne l'arbitrage commercial, en plus d'effectuer des travaux de recherche sur les modes alternatifs de résolution de conflits et sur l'éthique professionnelle.

Mathieu-Robert Sauvé