Méliès, carrefour des attractions

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  • Le 29 septembre 2014

On a pris l'habitude de dire que l'œuvre de Georges Méliès préfigurait tout à la fois le cinéma narratif, les productions hollywoodiennes à grand spectacle et les films de science-fiction à effets spéciaux.

 

Les recherches historiques présentées dans cet ouvrage montrent au contraire que Méliès s'attachait moins à inaugurer un nouvel art, une nouvelle industrie, qu'à perpétuer par le truchement du cinématographe ces pratiques culturelles que sont la lanterne magique, la caricature, le numéro de scène, le sketch magique, la pantomime, la féerie, etc. Ce livre a ainsi pour ambition de renouveler notre connaissance de l'œuvre cinématographique de Méliès, en interrogeant son travail à partir de chacune de ces pratiques et du contexte socioéconomique dans lequel elles s'inscrivaient.

Les contributions savantes rassemblées dans la première partie de ce volume sont issues du colloque de Cerisy, qui s'est tenu en 2011 à l'occasion du 150e anniversaire de la naissance de Méliès. Les actes du colloque sont suivis par une édition critique de la correspondance francophone de Méliès établie par Jacques Malthête. Réunissant près de 200 lettres conservées dans des institutions patrimoniales ou des collections privées, ce corpus épistolaire forme un ensemble documentaire précieux pour s'interroger de nouveau sur l'œuvre de Méliès et sa conception du cinéma.

André Gaudreault est professeur titulaire au Département d'histoire de l'art et d'études cinématographiques de l'Université de Montréal. Il est également directeur du Groupe de recherche sur l'avènement et la formation des institutions cinématographique et scénique, de la revue Cinémas et du pôle canadien du partenariat international TECHNÈS.

 

Sous la direction d'André Gaudreault et Laurent Le Forestier, avec la collaboration de Stéphane Tralongo, Méliès, carrefour des attractions, Presses universitaires de Rennes, 542 pages, 2014.