Drogue du viol : Aphrodisiaque ou produit pharmaceutique?

  • Forum
  • Le 6 octobre 2014

  • Mathieu-Robert Sauvé

«Le GHB est une drogue qui crée rapidement une dépendance psychologique à cause de ses effets euphorisants», note Luc Beaucage, chargé de cours au Certificat en toxicomanies.

 

Chargé du cours Contexte d'utilisation des psychotropes pour la septième année d'affilée, M. Beaucage a donné quelque 350 conférences sur les drogues dans des milieux communautaires et écoles du Canada. Il indique que le GHB a fait son entrée dans la contre-culture techno au tournant des années 2000, à peu près en même temps que l'ecstasy. Dans certains milieux, on appréciait ses vertus aphrodisiaques.

M. Beaucage a été policier à la Gendarmerie royale du Canada pendant 35 ans, dont 8 années au service de prévention des toxicomanies. Il confirme que la réputation du GHB comme «drogue du viol» semble pour le moins surfaite. «Les cas prouvés sont rarissimes», commente-t-il.

La consommation abusive d'alcool, particulièrement par des jeunes femmes qui font rarement des excès, pourrait expliquer l'amnésie partielle de fin de soirée que les victimes mettent sur le compte d'une drogue versée dans leur verre. M. Beaucage n'écarte toutefois pas cette possibilité. Il a d'ailleurs fait partie d'une escouade de policiers qui intervenaient directement dans les bars du centre-ville afin de distribuer des «sur-verres» aux clients. «On leur disait de protéger leur verre à tout moment pour éviter qu'une tierce personne y ajoute une dose de GHB», relate-t-il. Un groupe de prévention directe, Femmes qui sortent, fait ce genre d'intervention encore de nos jours.

M. Beaucage croit qu'il serait beaucoup plus avisé de cibler les comportements que les substances. «C'est la culture de l'excès qui devrait être proscrite», mentionne-t-il. L'alcool, rappelle-t-il, occasionne plus de dommages que l'ensemble des autres substances illicites réunies...

Mathieu-Robert Sauvé

 

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