Découverte d'une nouvelle cible thérapeutique pour prévenir l'invasion des cellules cancéreuses

 

Jean-François Côté, professeur-chercheur agrégé au Département de médecine, et Afnan Abu-Thuraia, première auteure de l’article, est étudiante au doctorat inscrite en biologie moléculaire à l’UdeM. Image : IRCMUne équipe de chercheurs à l'IRCM menée par Jean-François Côté, professeur-chercheur agrégé au Département de médecine de l’Université de Montréal, a découvert une nouvelle cible thérapeutique potentielle pour prévenir l'invasion des cellules cancéreuses, ce qui pourrait avoir un impact important sur le traitement du cancer du sein. Cette percée a été publiée en ligne cette semaine par la revue scientifique Molecular and Cellular Biology.

 

 

 

Les chercheurs sont intéressés à mieux comprendre les détails moléculaires impliqués dans la métastase, soit la propagation d'un cancer d'un organe vers un autre. Ce processus néfaste contribue à près de 90 % des décès de patients atteints du cancer.

« Nous avons étudié une molécule nommée Axl qui est détectée à la surface des cellules cancéreuses et qui est associée à divers types de cancer invasif. En effet, une grande quantité de la molécule sur les tumeurs du sein est étroitement liée aux métastases et à un mauvais pronostic pour les patients. Les mécanismes de la molécule Axl demeurent mal compris, mais nous sommes maintenant contents d'avoir élucidé comment elle fonctionne à l'intérieur de la cellule » a dit le Jean-François Côté, Ph. D., directeur de l'unité de recherche sur l'organisation du cytosquelette et la migration cellulaire à l'IRCM.

« Avec cette étude, nous avons montré que Axl déclenche une chaîne d'événements moléculaires qui mène à l'invasion cellulaire. Plus précisément, nous avons démontré que Axl modifie une protéine nommée ELMO afin d'induire vigoureusement la propagation des cellules du cancer du sein » a ajouté Afnan Abu-Thuraia, première auteure de l'article et étudiante au doctorat au laboratoire du Dr Côté.

« Nos résultats nous ont permis d'identifier ELMO comme étant une nouvelle cible thérapeutique potentielle pour prévenir l'invasion des cellules cancéreuses et la formation de métastases. Cette découverte pourrait éventuellement mener au développement de nouveaux traitements pour le cancer du sein triple négatif » a conclu le Dr Côté.

Le cancer du sein triple négatif représente 15 % à 20 % de tous les cancers du sein et est associé à un mauvais pronostic et un risque élevé de métastases aux organes vitaux. Ce cancer est caractérisé par une absence des trois récepteurs typiquement ciblés par les traitements standards du cancer du sein. Ainsi, il n'y a aucune thérapie ciblée contre le cancer du sein triple négatif.

Selon la Fondation du cancer du sein du Québec, le cancer du sein est la forme de cancer la plus fréquente chez les femmes. En 2013, environ 6 000 Québécoises auraient reçu un diagnostic de cancer du sein et 1 350 autres auraient été emportées par la maladie. Ces statistiques indiquent donc que, au Québec, si ces tendances se maintiennent, une femme sur neuf risque d'avoir un cancer du sein durant sa vie.

À propos du projet de recherche

Ce projet de recherche a été subventionné par la Fondation du cancer du sein du Québec. Les chercheurs de l'IRCM (Jean-François Côté, Afnan Abu-Thuraia et Rosemarie Gauthier) ont travaillé en collaboration avec Rony Chidiac et Jean-Philippe Gratton de l'Université de Montréal, Yoshinori Fukui de la Kyushu University au Japon, ainsi que Robert A. Screaton du Children's Hospital of Eastern Ontario Research Institute.

Pour plus d'information, veuillez consulter le sommaire de l'article publié en ligne par Molecular and Cellular Biology

À propos de Jean-François Côté

Jean-François Côté a obtenu un doctorat en biochimie de l'Université McGill. Il est professeur agrégé de recherche IRCM et directeur de l'unité de recherche sur l'organisation du cytosquelette et la migration cellulaire. Le Dr Côté est aussi professeur-chercheur agrégé au Département de médecine (accréditation en biologie moléculaire et en biochimie) de l'Université de Montréal et professeur associé au Département d'anatomie et de biologie cellulaire de l'Université McGill. Il est chercheur-boursier du Fonds de recherche du Québec – Santé.

À propos de l'IRCM

L'IRCM est un institut de recherche biomédicale de grande réputation situé en plein cœur du milieu universitaire montréalais. Fondé en 1967, il regroupe aujourd'hui 35 équipes de recherche et quatre cliniques spécialisées en cholestérol, hypertension, fibrose kystique et diabète et obésité. L'IRCM est affilié à l'Université de Montréal. Il entretient aussi des relations étroites avec l'Université McGill. Sa clinique est affiliée au CHUM. L'IRCM reçoit l'appui du ministère de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations du Québec.

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