Les Carabins rendent un dernier hommage à leur coéquipier Jean-François Vargas

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  • Le 27 octobre 2014

Les équipes féminine et masculine de natation des Carabins ont porté un bandeau jaune aux initiales du nageur disparu. L'équipe de natation des Carabins de l'Université de Montréal a entamé sa nouvelle saison avec le même éclat que l'an passé, en terminant au premier rang des classements féminin, masculin et combiné de la première compétition.

 

Toutefois, loin de l'enthousiasme habituel, cette journée du 10 octobre a été beaucoup plus sobre et émotive. Les Bleus ont tenu à rendre hommage à leur coéquipier Jean-François Vargas, qui avait perdu sa lutte contre le cancer moins d'une semaine plus tôt.

Le nageur de 23 ans était un membre très apprécié de l'équipe. Les Carabins ont voulu nager pour leur coéquipier disparu. À la piscine, ils portaient tous un bandeau jaune avec les initiales du jeune homme.

«Ce n'était pas évident. C'était une première compétition sans lui depuis longtemps, a dit Frédéric Le Blanc, qui nageait à ses côtés depuis sept ans, l'ayant rencontré au club Natation Élite de Longueuil. Ça a fait du bien de nager pour lui. Ça a permis de se défouler.»

Peter Carpenter, l'entraîneur-chef des Redmen de l'Université McGill, qui accueillait cette coupe universitaire, a proposé de garder une minute de silence avant le début des épreuves.

Ce triste évènement a tout de même eu un effet rassembleur sur la formation. Le lendemain de la compétition, une cinquantaine de nageurs se sont présentés au salon funéraire vêtus d'un chandail noir de l'équipe pour saluer une dernière fois leur coéquipier et ami.

«Le fait d'avoir porté un signe de deuil à la compétition et de s'être présentés aussi nombreux au salon le lendemain prouve à quel point Jean-François était un athlète aimé et respecté, et ce, sur tout le circuit», a souligné l'entraîneur-chef des Carabins Pierre Lamy.

«J'ai été impressionnée par le dévouement de l'équipe. Même les recrues ont tenu à venir, a indiqué la nageuse des Bleus Laurence Côté-Leduc, qui était également une camarade de classe de Jean-François à HEC Montréal. Nous avons montré que nous formions une famille unie. Je crois que ses proches ont vraiment apprécié notre visite en aussi grand nombre au salon funéraire. Je pense qu'il y avait des larmes de reconnaissance en plus des larmes de tristesse.»

Jean-François Vargas

Un coéquipier exemplaire

Attentionné, joyeux, souriant. Ce sont des qualités qu'on pouvait lire sur un chandail des Carabins signé par les membres de l'équipe et remis à la famille. Jean-François Vargas aura été optimiste jusqu'au bout et ses coéquipiers en garderont un très bon souvenir.

«Jean-François était un bon vivant, qui voyait du positif dans tout et chez tout le monde, a soutenu Laurence Côté-Leduc. C'était quelqu'un qui atteignait toujours ses objectifs. Il venait de réaliser son rêve de faire un long voyage en Australie cette année.»

«C'était un battant, a raconté Frédéric LeBlanc. Par exemple, on le voyait nager au 1500 m contre Xavier Desharnais [qui fait partie de l'élite mondiale en longue distance en eau libre] et il n'abandonnait jamais.»

«C'était un nageur déterminé et travaillant, qui parvenait à trouver une solution à chaque difficulté», a ajouté Pierre Lamy.

Une nouvelle foudroyante

La nouvelle a frappé tout le monde au sein de l'équipe, mais aussi de l'organisation des Carabins. Si certains savaient que Jean-François Vargas combattait la maladie, tous ont été surpris d'apprendre subitement sa mort le dimanche 5 octobre.

«Notre entraînement de lundi a probablement été le pire de l'histoire, a confié Gabrielle Soucisse, cocapitaine de l'équipe. Jean-François était confiant de s'en sortir, alors on croyait que ça allait se régler rapidement.»

Une tumeur au cerveau avait été détectée l'été dernier. Jean-François Vargas avait signalé à Pierre Lamy qu'il allait rater la prochaine saison, mais la porte restait ouverte pour un retour ensuite.

Les membres des autres équipes des Carabins ont également été touchés par la nouvelle. L'entraîneur-chef de l'équipe de rugby féminin Michel François a demandé à garder une minute de silence avant son match contre l'Université Laval le samedi suivant, sur le terrain du Rouge et Or.

Chez les Carabins, on entend souvent l'expression «Carabins un jour, Carabins toujours». Il va sans dire que Jean-François Vargas ne sera jamais oublié.

Mathieu Dauphinais
Collaboration spéciale

(Photos: James Hajjar)

Les Carabins