L'interdiction de fumer s'étend à la cigarette électronique

  • Forum
  • Le 27 octobre 2014

  • Mathieu-Robert Sauvé

Un nouveau règlement entre en vigueur le 1er novembre.«L'utilisation de la cigarette électronique est interdite dans un rayon de neuf (9) mètres de toute porte d'accès à un immeuble de l'Université et à l'intérieur des bâtiments de l'Université.»

 

Voilà le nouvel article 5 de la Politique concernant l'usage du tabac, dont l'intitulé comporte désormais «et de la cigarette électronique». Ainsi en ont décidé les membres du Comité exécutif de l'Université de Montréal à leur réunion du 7 octobre. Le nouveau règlement entre en vigueur le 1er novembre.

«Avec ce règlement, nous procédons par respect envers les non-fumeurs, précise Alexandre Chabot, secrétaire général de l'Université de Montréal. Il ne s'agit pas pour nous de statuer sur les bienfaits ou les méfaits de la cigarette électronique comme substitut du tabac, mais de prendre en considération les inconvénients causés par les émanations de ces appareils. Ce faisant, nous suivons les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé et de Santé Canada.»

Depuis la rentrée de cet automne, l'usage de la cigarette électronique s'est largement répandu à l'intérieur des pavillons et bâtiments du campus de l'UdeM. Des personnes se sont plaintes des émanations de la cigarette électronique, dont on fait usage dans les corridors, salles communes et même locaux de classe. Saisi de cette réalité, le Comité exécutif a choisi d'étendre au dispositif électronique l'interdiction de fumer les produits du tabac, en application depuis le 12 février 2002.

Rappelons qu'il est interdit de fumer dans tous les locaux et immeubles de l'Université; à l'intérieur d'un rayon de neuf mètres de toute porte d'accès à un bâtiment de l'Université; dans un abribus, une tente, un chapiteau ou toute installation temporaire ou permanente accueillant le public, notamment sur une terrasse ou un balcon; et dans un véhicule de l'Université.

Établissement modèle

Le doyen de l'École de santé publique, Pierre Fournier, appuie sans réserve cette mesure même s'il convient que la cigarette électronique peut réduire les effets néfastes du tabac chez certains patients. «Pour de nombreux médecins, la cigarette électronique est un moindre mal et je les comprends. Quand on a devant soi une personne présentant des problèmes respiratoires et cardiaques, fumeuse depuis 30 ans, la cigarette électronique peut être une solution intéressante. Je comprends qu'on la prescrive à ce type de patients. Mais, d'un point de vue plus général, les études épidémiologiques tendent à démontrer que le dispositif est pour des jeunes non-fumeurs une sorte d'introduction au tabagisme. C'est le contraire de l'effet souhaité.»

Un établissement d'enseignement doit assumer pleinement son mandat pédagogique et donner l'exemple en matière de saines habitudes de vie, poursuit M. Chabot. «Je crois qu'il est de notre devoir d'appliquer le principe de précaution avec la cigarette électronique. Nous sommes la première université au Québec, à ma connaissance, à aller si loin en la matière.»

Cela dit, le règlement sera appliqué avec discernement, ajoute le secrétaire général. Pas question, pour l'instant, de punir les contrevenants avec des contraventions. Une mesure qui serait interdite de toute façon, ce genre de sanction étant de compétence provinciale. Le personnel chargé de faire respecter le règlement demandera aux vapoteurs pris en flagrant délit de se rendre à l'extérieur, dans les zones où le tabagisme est autorisé.

Mathieu-Robert Sauvé