Réjean Hébert devient professeur à l'Université de Montréal

  • Forum
  • Le 27 octobre 2014

  • Mathieu-Robert Sauvé

Réjean Hébert«Je suis très heureux de me joindre au corps enseignant de l'Université de Montréal, où l'on compte une équipe remarquable dans le secteur de l'administration de la santé», a commenté le Dr Réjean Hébert, qui a occupé le poste de ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec de 2012 à 2014, sous le gouvernement de Pauline Marois.

 

Ancien doyen de l'Université de Sherbrooke, où il était professeur jusqu'à tout récemment  son adresse de courriel s'y trouvait encore la semaine dernière , Réjean Hébert a mené des recherches sur le vieillissement de la population et les politiques publiques pendant plus de 25 ans avant de faire le saut en politique, se faisant élire comme député péquiste de la circonscription de Saint-François, en Estrie, en 2012. Sa défaite aux dernières élections sonnait pour lui un retour à l'université. C'est le recteur de l'UdeM, Guy Breton, qui l'a invité à venir enseigner à l'École de santé publique (ESPUM).

Si le Dr Hébert est reconnu pour sa carrière politique  on l'a beaucoup vu dans les médias durant son mandat , c'est l'universitaire qui a fait bonne impression auprès du doyen de l'ESPUM, Pierre Fournier. «Son dossier à ce chapitre est très impressionnant. J'en ai vu peu d'aussi solides durant ma carrière», résume M. Fournier. Le Dr Hébert, âgé de 59 ans, apportera une contribution précieuse à l'UdeM en vertu de ses compétences en gériatrie, en administration des systèmes de santé et en politiques publiques.

Le CV du nouveau professeur énumère les diplômes de médecine obtenus à l'Université de Sherbrooke, complétés par une formation en gérontologie de l'Université Pierre-Mendès-France de Grenoble et une maîtrise en philosophie de l'épidémiologie de l'Université de Cambridge. Il a été le premier directeur scientifique de l'Institut du vieillissement des Instituts de recherche en santé du Canada, après avoir créé le Centre de recherche sur le vieillissement de l'Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke, dont il a tenu les rênes jusqu'en 2001. Il a aussi fondé et dirigé le Réseau québécois de recherche sur le vieillissement. Membre de l'Académie canadienne des sciences de la santé, il n'a jamais négligé l'enseignement, puisqu'il a dirigé 18 étudiants à la maîtrise, 11 au doctorat et 5 dans des stages postdoctoraux.

Universitaire et ministre

En plus de ses responsabilités en matière de santé et de services sociaux, le député péquiste était ministre responsable des Aînés et de la région de l'Estrie. Il garde un excellent souvenir de son passage au Parlement, alors qu'il a mis sur pied un projet d'assurance autonomie discuté en commission parlementaire. C'est sous son impulsion qu'ont été adoptées la loi créant la banque de lait maternel et celle modifiant le Code civil pour faciliter la participation à la recherche de personnes majeures inaptes.

«J'ai acquis grâce à la politique une expérience inestimable, commente-t-il. Pour réussir à faire passer ses idées, il faut savoir profiter de circonstances favorables. Le timing est capital dans l'exercice du pouvoir.»

Le nouveau professeur est fier de sa politique nationale de prévention en santé, même si son successeur, Gaétan Barrette, n'y a pas donné suite. Le concept d'assurance autonomie, dont on ne parlait pas avant son arrivée à l'Assemblée nationale, est également une source de fierté. Il constitue à son avis une solution pertinente aux problèmes du vieillissement de la population. «Le Québec n'y échappera pas et doit trouver des façons d'assurer les soins à long terme aux personnes âgées. L'assurance autonomie est une piste prometteuse, comme en témoignent les pays qui l'ont adoptée, notamment le Japon et la Corée du Sud.»

Le gériatre ajoute qu'il est arrivé au Conseil des ministres avec une excellente connaissance du réseau, basée sur des données probantes acquises durant sa carrière universitaire. D'ailleurs, c'est sans nostalgie qu'il retrouve le milieu de l'enseignement et de la recherche. Il cite les François Béland, François Champagne et André-Pierre Contandriopoulos, qui ont donné ses lettres de noblesse au Département d'administration de la santé de la Faculté de médecine. Des professeurs avec qui il envisage de poursuivre ses travaux.

Deux axes principaux orienteront ses recherches dans les prochaines années : l'évolution des politiques de santé dans un contexte de vieillissement de la population et l'amélioration des services de première ligne. La philosophie du patient-partenaire, élaborée par Vincent Dumez et Paule Lebel, l'intéresse également.

Il y a donc beaucoup de pain sur la planche pour le professeur Hébert, qui vient de trouver un appartement à Montréal. Il garde sa résidence à Sherbrooke, mais se réjouit à l'idée de se rapprocher de ses enfants et de ses petits-enfants. Son fils cadet, Jérôme Roberge, a fait son baccalauréat à HEC Montréal.

Mathieu-Robert Sauvé