National Geographic lance la carrière mondiale d'un insecte de l'UdeM

  • Forum
  • Le 3 novembre 2014

  • Mathieu-Robert Sauvé

La petite guêpe Dinocampus coccinellae a fait du chemin depuis qu'elle est l'objet d'une recherche au laboratoire d'entomologie de Jacques Brodeur, à l'Institut de recherche en biologie végétale (IRBV) de l'Université de Montréal.

 

La petite guêpe Dinocampus coccinellae a fait du chemin depuis qu'elle est l'objet d'une recherche au laboratoire d'entomologie de Jacques Brodeur, à l'Institut de recherche en biologie végétale (IRBV) de l'Université de Montréal. Elle fait ce mois-ci la couverture du magazine National Geographic : Real Zombies. La photo, signée Anand Varma et Jacques Brodeur, illustre un article intitulé «Mindsuckers» sur les comportements de «morts-vivants» de certains parasites.

La petite guêpe Dinocampus coccinellae a fait du chemin depuis qu'elle est l'objet d'une recherche au laboratoire d'entomologie de Jacques Brodeur, à l'Institut de recherche en biologie végétale (IRBV) de l'Université de Montréal. (Photo: National Geographic)

Appelé à commenter cette première, l'entomologiste évoque une grande fierté. «C'est le premier qualificatif qui me vient en tête. National Geographic fait partie de mon univers depuis que je suis tout petit, puisque mes parents y étaient abonnés», commente-t-il par courriel depuis Hawaii, où il est en déplacement. Le prestigieux mensuel est distribué dans tous les coins du monde et ses différentes éditions comptent 40 millions de lecteurs. Le chercheur montréalais a eu la surprise de voir la une du magazine à des dizaines d'exemplaires dans un kiosque à journaux de Los Angeles la semaine dernière. «Ça m'a scié les jambes», dit-il.

Une telle photo, où l'on voit en contre-plongée la guêpe sous sa forme larvaire dans son cocon surmontée de la coccinelle parasitée (Coccinella maculeata), ça se prépare. L'angle, l'éclairage, la position des figurants, rien n'a été laissé au hasard. Jacques BrodeurLe photographe Anand Varma s'est présenté à l'IRBV «avec des kilos et des kilos de matériel photographique. Il a travaillé durant quatre journées entières, mitraillant sans relâche la coccinelle et son parasite», raconte Jacques Brodeur.

Avec son étudiante Fanny Maure, il a été le premier à documenter un comportement de garde du corps chez les insectes (voir Forum du 16 novembre 2009, «Une coccinelle au service d'une guêpe»). En tissant sa toile dans les pattes de son hôte, la guêpe se pare d'une protection vivante pour assurer sa survie. La guêpe n'a pas fini de nous surprendre, puisqu'elle est au cœur de nouvelles recherches.

Mathieu-Robert Sauvé