Sondage international : les Québécois refusent Énergie-Est alors que les Américains accueillent Keystone XL

(image : Thinkstock)Bien que 81 % des Canadiens reconnaissent que les températures sur Terre augmentent, des chercheurs de l'Université de Montréal ont révélé que ceux-ci sont habituellement mal renseignés quant à la climatologie et sont divisés à propos de la construction de nouveaux oléoducs.

 

L'enquête menée par ces chercheurs a également permis d'établir que 70 % des Canadiens perçoivent une évolution importante du climat là où ils habitent, que 60 % estiment que les conditions météorologiques au pays deviennent plus extrêmes et que 87 % croient que ces changements découlent assez ou très probablement d'un réchauffement planétaire.

Le sondage téléphonique représentatif à l'échelle canadienne a été mené en octobre auprès de 1 401 Canadiens adultes. Sa marge d'erreur se situe à ± 2,6 % 19 fois sur 20. Cette étude, aussi effectuée simultanément par des chercheurs de l'Université du Michigan et du Muhlenberg College aux États-Unis, met en lumière un contraste marqué entre les points de vue des Canadiens et des Américains quant à l'existence des changements climatiques et à l'appui à la construction d'oléoducs. Pourtant, elle dénote une convergence remarquable des perceptions des conditions météorologiques et des connaissances liées au climat.

Des opinions ne reposant pas forcément sur des faits

Selon 80 % des Canadiens, mais 60 % des Américains, il existe des preuves solides que la température moyenne sur Terre a augmenté au cours des 40 dernières années. Ce nombre est considérablement plus restreint en Alberta (72 %) et dans les Prairies (Manitoba et Saskatchewan, 60 %.)

D'entre ceux qui perçoivent une augmentation des températures, 61 % attribuent celle-ci à des causes humaines, comparativement à seulement 45 % chez nos voisins du sud. La proportion est particulièrement élevée au Québec (71 %) et très faible en Alberta (41 %).

Au Canada, 70 % de la population perçoit des changements importants dans les régimes de temps à l'endroit où ils résident, tandis que 60 % sont d'avis que les conditions nationales deviennent plus extrêmes, les proportions les plus élevées ayant été relevées en Ontario ainsi que sur les côtes de l'Atlantique et du Pacifique. Dans le cas des Américains, ces résultats atteignent 58 % et 68 %, respectivement.

Les conditions extrêmes sont considérées comme étant assez (40 %) ou très (47 %) probablement la conséquence d'un réchauffement climatique, selon 87 % des Canadiens et 68 % des Américains. Par ailleurs, 59 % des Canadiens jugent que les changements climatiques commenceront à présenter un danger au pays au cours des 10 à 25 prochaines années. Nombre de Canadiens (35 %) sont toutefois convaincus que ce danger existe déjà.

Enfin, deux Canadiens sur trois (67 %) estiment que le gouvernement n'est pas suffisamment préparé (34 %) ou pas préparé du tout (33 %) aux conséquences du réchauffement planétaire.

Malgré tout cela, une plus grande proportion d'Américains (35 %) que de Canadiens (30 %) savent que le méthane est un gaz à effet de serre plus dommageable que le dioxyde de carbone, alors que 60 % des Canadiens (et 45 % des Américains) croient que les émissions de dioxyde de carbone sont à l'origine du trou dans la couche d'ozone.

Oléoducs et politique

Les Canadiens sont plus susceptibles de s'opposer à la construction de l'oléoduc Keystone XL (44 %) que de la soutenir (36 %), tandis que 20 % se disent neutres. L'inverse est vrai de l'autre côté de la frontière, ces proportions se chiffrant à 34 %, 52 % et 14 %, respectivement. Toutefois, l'appui est le plus marqué parmi les partisans déclarés du Parti conservateur du Canada (55 %), à l'image de la situation polarisée aux États-Unis, où 72 % des républicains appuient le projet par rapport à 39 % des démocrates.

Au Canada, la proportion la plus élevée de répondants favorables à l'oléoduc Keystone XL a été relevée en Alberta (58 %). Fort d'un appui de 50 %, le projet Énergie Est de TransCanada suscite un plus grand soutien que l'oléoduc Keystone XL, mais les opinions varient considérablement d'une région à l'autre. Les citoyens albertains (68 %) et québécois (33 %) sont aux antipodes quant à l'appui au projet.

Enfin, le soutien à l'égard d'un système de quotas d'émissions cessibles au Canada a grimpé à 60 % en 2014 et continue d'être plus populaire auprès de la population du pays qu'une taxe sur le dioxyde de carbone (48 %).

« Lorsqu'on examine attentivement les données, on s'aperçoit que les Canadiens commencent à établir des liens entre la notion de changements climatiques et les changements observables dans leur région. On note cependant certaines lacunes quant à leurs connaissances climatiques, et il serait erroné de présumer que tous les Canadiens sont identiquement renseignés sur les notions fondamentales en climatologie, explique Erick Lachapelle, professeur adjoint de sciences politiques à l'Université de Montréal, et chercheur principal pour le volet canadien de cette étude. La population n'est pas aussi bien renseignée qu'elle devrait l'être à propos de cette importante question, et l'on continue à relever de vastes écarts à l'échelle du pays sur les plans des perceptions, des croyances et des préférences. La division à propos des oléoducs en présente un exemple concret. »

À propos du sondage :
Le sondage d'opinion mené à l'échelle nationale au Canada sur les changements climatiques a été élaboré par Erick Lachapelle (Université de Montréal), Chris Borick (Muhlenberg College) et Barry Rabe (Université du Michigan). Ce sondage a été mené auprès d'un échantillon représentatif à l'échelle nationale de 1 401 Canadiens de 18 ans ou plus. Toutes les entrevues se sont déroulées par voie téléphonique, en français ou en anglais, du 6 au 27 octobre 2014. Les appels ont été effectués à des numéros de téléphone provenant des répertoires résidentiels et mobiles. La marge d'erreur pour l'échantillon complet se situe à ± 2,6 % 19 fois sur 20. Les marges d'erreur régionales varient selon la taille du sous-échantillon. Les résultats présentés ici ont été pondérés en fonction du sexe, de l'âge, de la langue et de la région, selon les estimations de population les plus récentes de Statistique Canada (Recensement de 2011).

Pour obtenir plus de renseignements à propos du sondage, veuillez communiquer avec Erick Lachapelle par courriel.

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William Raillant-Clark
Attaché de presse à l'international Université de Montréal
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