Le Théâtre de l'Université de Montréal présente une pièce d'Évelyne de la Chenelière

  • Forum
  • Le 24 novembre 2014

  • Mathieu-Robert Sauvé

Dans cette pièce, l’auteure se penche sur le destin de Marie, jouée par Sandrine Farina et Joannie Vignola, une étudiante qui, à force d’essayer de tout comprendre, de trop analyser, glisse dans la mélancolie.

«Mon frère a perdu pied, mais je ne sais pas de quoi il est mort exactement. J'ai cru qu'il était mort d'être venu au monde comme un étranger au monde...»

 

Marie parle avec émotion de son frère Paul, qui s'est suicidé il y a plusieurs années. Cette pensée la hante et elle n'arrive pas à se concentrer sur la rédaction de sa thèse, qui n'en finit plus de finir. C'est l'argument de la pièce Les pieds des anges, d'Évelyne de la Chenelière, qui sera présentée les 28 et 29 novembre au Centre d'essai par le Théâtre de l'Université de Montréal (TUM).

Nous sommes dans une petite salle du pavillon Marie-Victorin où se déroule une répétition de la troupe, à 10 jours de la première. Les comédiens sont à peaufiner leur jeu; ils possèdent déjà leurs textes, mais plusieurs ficelles restent à attacher. «On va le refaire, intervient la metteure en scène, Isabelle Dupont. La gestuelle est bonne, mais il faudrait que tu adoptes un ton plus léger.» Les comédiens reprennent leur position et Marie récite de nouveau : «Mon frère a perdu pied [...]»

Évelyne de la Chenelière«J'aime beaucoup cette pièce, qui met en scène une étudiante en fin de rédaction, a confié Isabelle Dupont à Forum un peu plus tôt. Elle doit soutenir une thèse sur un sujet assez austère, l'apparition des pieds des anges dans la peinture de la Renaissance, mais elle demeure incapable de se soustraire à l'emprise de son frère, dont elle n'a jamais accepté la mort. On y entend des chœurs qui rythment les tableaux.»

Mme Dupont, dont c'est la première expérience avec la troupe du Service des activités culturelles de l'UdeM, souligne que cette pièce n'est pas aussi lourde que l'argument peut le laisser paraître. Au contraire, il y a une autodérision et un humour propres à la dramaturge montréalaise. La pièce, créée en 2009 à l'Espace Go, fait passer les comédiens à travers différents registres. «Les acteurs sont franchement très bons, ils travaillent bien. C'est un vrai plaisir de monter cette pièce avec eux.»

Deux Marie

La comédie dramatique s'articule autour de Marie, mais celle-ci est jouée par deux actrices qui incarnent les contradictions de sa personnalité. «Marie est une jeune femme troublée et maladroite, perturbée par le souvenir de son frère Paul. Mais les deux Marie sont assez distinctes. Mon personnage est plus intellectuel que l'autre», explique Sandrine Farina, étudiante en littérature comparée. Elle situe son principal défi dans la façon d'être «à la fois légère et fragile d'une scène à l'autre, sans cesser d'être intense».

L'autre Marie, Joannie Vignola, parle de la difficulté d'interpréter un personnage à différentes période de sa vie, car elle explore le passé de la jeune femme. Elle indique à son tour qu'il n'y a pas de lourdeurs dans le texte même si l'on y parle de suicide. «Marie affiche de la mélancolie mais sait se montrer drôle», dit l'étudiante en anthropologie.

Joannie Vignola a joué dans L'aquarium, d'Olivier Sylvestre, en avril dernier, alors que c'est la première expérience avec le TUM pour Sandrine Farina. «Le théâtre me permet d'affirmer ma place dans le monde», mentionne cette dernière, qui souhaite faire carrière sur la scène.

Les autres comédiens de cette production sont Félix Basque, Chloé Blaszkewykz, Félix Chester-Trudel, Safa Hamooud, Julie Lacombe, Francis Livernoche, Tessa Morin-Cabana et Gabriel Shapiro. Ils viennent d'horizons aussi divers que la médecine, l'histoire de l'art, l'urbanisme et les communications. «Le TUM offre une bonne occasion de nous placer en relation avec d'autres étudiants», signale Joannie Vignola.

Mathieu-Robert Sauvé

 

Les pieds des anges, pièce d'Évelyne de la Chenelière présentée par le TUM dans une mise en scène d'Isabelle Dupont le 28 novembre à 20 h et le 29 novembre à 14 h et 20 h au Centre d'essai de l'UdeM, pavillon J.-A.-DeSève, 2332, boul. Édouard-Montpetit, 6e étage.