L'Université se dote d'un règlement sur le plagiat aux cycles supérieurs

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  • Le 9 décembre 2014

MM. Blondin et Chouinard ont voulu mieux encadrer la notion de probité intellectuelle, capitale dans une université.L'Université de Montréal vient d'adopter un règlement sur le plagiat et la fraude propre aux cycles supérieurs, adapté aux réalités de ces études, notamment en ce qui concerne les programmes de recherche, les séminaires, les mémoires, l'examen de synthèse et les thèses.

Le règlement existant demeure, mais il a subi des modifications, de sorte que son champ d'application est désormais celui des études de premier cycle seulement.

«L'Université de Montréal accorde une importance capitale à la probité intellectuelle et la considère comme un aspect essentiel de sa mission éducative», rappelle Roch Chouinard, vice-recteur adjoint aux études supérieures et doyen de la Faculté des études supérieures et postdoctorales. «La modification de notre cadre réglementaire témoigne de cette préoccupation, de même que les nombreuses séances d'information et activités de formation qui ont été mises en place sur cette thématique au fil des ans», ajoute Jean-Pierre Blondin, vice-recteur adjoint aux études de premier cycle.

Les innovations technologiques des deux dernières décennies ont été la source de bouleversements profonds dans le secteur des communications et elles ont engendré des préoccupations inédites relativement à la protection de la vie privée, au vol d'identité ou encore aux menaces terroristes.

«Au nombre de ces problématiques, il en est une qui soulève des questions et des enjeux de plus en plus complexes : la probité intellectuelle, souligne M. Blondin. Elle se pose dans toutes les sphères de la vie en société, mais nulle part ailleurs avec plus d'acuité que dans le monde de l'éducation, où les épreuves qui conduisent à l'obtention d'un diplôme demandent qu'on fasse la preuve de ce qu'on a appris par ses propres moyens.» M. Chouinard poursuit : «Sur le fond, la question n'est pas nouvelle. Cependant, l'accessibilité aux téléphones intelligents, l'étendue des applications auxquelles ils donnent accès et l'utilisation qui peut en être faite en milieu éducatif posent le problème de manière plus radicale que jamais.»

Pour les études aux cycles supérieurs, il était nécessaire de désigner des types d'infractions particulières, comme la fabrication ou la falsification de résultats et la traduction de documents publiés ou non. Des sanctions devaient également être introduites pour pouvoir constater le plagiat sans entraîner l'exclusion du programme, car il n'est pas possible d'avoir d'échec, au doctorat particulièrement. Des notions devaient aussi être clarifiées, comme l'autoplagiat. «Comme les mémoires et les thèses impliquent la réalisation d'un projet de recherche de longue haleine, il est normal que l'étudiant soit autorisé à réutiliser du matériel dans différents cours ou séminaires, mais dans des conditions déterminées, qui sont précisées par le règlement», affirme M. Chouinard. Pour les mémoires et les thèses, il n'y a pas prescription dans le règlement propre aux 2e et 3e cycles, ce qui veut dire que l'Université peut retirer un grade dans le cas d'un plagiat d'envergure même après 20 ou 30 ans.

Dans la foulée de la mise en place des nouveaux règlements, un grand sondage sera mené sous peu auprès des étudiants des trois cycles afin de mesurer leurs connaissances en matière de probité intellectuelle.

«Les données recueillies permettront de mieux cibler nos campagnes d'information et le matériel de formation que nous mettons à la disposition des étudiants et des unités», explique M. Blondin.