Miroir du français : éléments pour une histoire culturelle de la langue française

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  • Le 12 janvier 2015

Si les outils ne manquent pas pour étudier l'histoire du français, rares sont les ouvrages qui donnent accès aux sources permettant de construire une histoire culturelle de notre langue.

 

En accordant une place prépondérante à la relation entre la langue et les écrivains qui l'ont formée (et parfois déformée), cette anthologie cherche à mettre en lumière la dimension subjective de l'histoire du français. Contre une histoire de la langue réduite à une série de dates ou de phénomènes phonétiques, il a semblé utile de réintégrer la part de la littérature dans l'histoire de la langue.

À l'instar des «miroirs» du Moyen Âge, ces premières tentatives encyclopédiques qui se voyaient comme le reflet des savoirs de leur époque, Miroir du français vise essentiellement à (re)donner accès aux textes de ceux qui ont écrit et pensé le français. Des graffitis de Pompéi jusqu'à la vive réaction d'une auteure québécoise à la question «Pourquoi écrivez-vous en français?», cet ouvrage donne vie aux différentes étapes qui ont contribué à forger la langue que nous écrivons. Y sont regroupés des documents du latin populaire, de l'ancien français, du moyen français, du français de la Renaissance, du français classique, moderne et contemporain, ainsi que des variétés du français parlé hors de France. Sans prétendre à l'exhaustivité, cette anthologie souhaite contribuer à un nécessaire mouvement d'ouverture dans l'étude historique du français afin que son enseignement puisse ajouter aux apports de la philologie et de la sociolinguistique la part qui revient aux poètes.

Professeur titulaire au Département des littératures de langue française de l'Université de Montréal, Francis Gingras est médiéviste, spécialiste des formes narratives du Moyen Âge. Il est notamment l'auteur de Profession médiéviste aux PUM.

 

Francis Gingras, Miroir du français : éléments pour une histoire culturelle de la langue française, Presses de l'Université de Montréal, 2015, 480 pages.