Peut-on avoir un coup de soleil l'hiver?

  • Forum
  • Le 19 janvier 2015

  • Martin LaSalle

Vous êtes dans le bain à remous d'un spa en plein hiver et profitez des rayons du soleil en vous disant que vous ne risquez pas d'attraper de coup de soleil?

 

Détrompez-vous! Si l'intensité des rayons ultraviolets (UV) est moins grande en hiver qu'en été, le risque d'avoir un coup de soleil ou érythème solaire est non seulement bien réel, mais il est même plus élevé qu'en été!

Pourquoi? «L'hiver, nous sommes soumis à un double rayonnement parce que les rayons UV émis par le soleil sont également réfléchis par la neige et la glace», indique la Dre Dominique Hanna, présidente de l'Association des dermatologistes du Québec et diplômée de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal.

En fait, selon l'Organisation mondiale de la santé, la proportion de rayons UV réfléchis par la neige fraîche peut atteindre 80 %, comparativement à 10 % pour l'herbe et la terre, et environ de 20 à 25 % pour l'eau.

Certes, à moins de se trouver dans un spa en maillot de bain ou en bikini, les zones de peau exposées aux rayons du soleil en hiver sont généralement limitées au visage et aux mains.

Néanmoins, la réverbération des rayons UV par la neige et la glace provoque une double exposition de la peau à ces rayons, puisqu'ils arrivent d'en haut et d'en bas. Les coups de soleil au visage surviennent donc plus rapidement.

Et si, d'aventure, vous êtes sur des pentes de ski en haute altitude, sachez que la quantité de rayons ultraviolets augmente de 10 % tous les 1000 mètres.

«C'est pourquoi il importe de bien protéger la peau exposée au soleil en hiver, de même que les lèvres», rappelle la Dre Hanna.

L'érythème solaire est un mécanisme de défense de la peau, qui réagit à l'inflammation que cause la brûlure provoquée par les rayons UVB surtout, mais aussi les UVA.

«Chaque coup de soleil entraîne un dommage direct à l'ADN des cellules, qui enclenche des mécanismes de réparation, explique la dermatologue. Mais l'accumulation des coups de soleil altère peu à peu ces mécanismes jusqu'à les rendre inopérants, ce qui provoque des cancers de la peau.»

De fait, si le premier effet du soleil est le coup de soleil, celui-ci est directement associé au vieillissement de la peau – dont l'apparition de rides prématurées – et au cancer cutané.

Chaque année au Québec, on recense 30 000 nouveaux cas de cancer de la peau, dont 1000 cas de mélanomes. Ce cancer est responsable de 120 morts annuellement.

Gare aussi au coup de soleil... de l'œil!

Tout comme la peau, les yeux peuvent souffrir d'un coup de soleil l'hiver en raison de la réverbération des rayons UV sur la neige.

Cette brûlure supérieure de l'œil, qui se nomme «ophtalmie des neiges», se manifeste par des larmoiements, une sensation de sable dans l'œil ainsi que la difficulté ou l'impossibilité de garder les yeux ouverts face à la lumière.

Bien qu'il s'agisse d'une brûlure superficielle, elle peut occasionner un vieillissement précoce de l'œil et accentuer le risque de cataracte et de dégénérescence maculaire liée à l'âge.

Pour prévenir l'ophtalmie des neiges, il importe de porter des verres fumés dotés d'une bonne protection contre les UV.

Martin LaSalle

(Illustration : Benoît Gougeon)