Création d'un laboratoire d'innovation paysagère

Laboratoire d'innovation paysagère de l'Université de Montréal. Photo : Philippe Poullaouec-GonidecL'évaluation des impacts visuels, l'appréciation de scénarios prospectifs d'évolution des paysages ou l'évaluation post-conception de visions d'aménagement à toutes les échelles territoriales avec des équipements technologiques de haut niveau. Voici certaines des vocations d'un nouveau laboratoire unique au Canada, le Laboratoire d'innovation paysagère de l'Université de Montréal, qui ouvrira ses portes grâce à des subventions du Fonds des leaders John-R.-Evans de la Fondation Canadienne pour l'Innovation (FCI) et du Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie du Québec. «Le laboratoire d'innovation paysagère réunira les fonctions essentielles à l'acquisition de données variées sur le terrain, utiles à la lecture paysagère et territoriale. Il permettra aussi la mise en relation de ces informations dans le cadre de recherches,» a expliqué le professeur Philippe Poullaouec-Gonidec, qui chapeaute le projet.

 

Titulaire de la Chaire en paysage et environnement (CPEUM), affiliée à la Chaire UNESCO (CUPEUM) de l'Université de Montréal, le professeur Poullaouec-Gonidec a également pu obtenir un soutien complémentaire du Bureau Recherche – Développement- Valorisation de l'Université de Montréal (BRDV) et de la Faculté de l'aménagement. Ainsi, le projet d'infrastructure de recherche totalise une aide financière de 647 239$. Rappelons que le fonds de la FCI «appuie les personnes, les connaissances et l'innovation, piliers de la stratégie fédérale, en offrant des outils et des infrastructures de recherche de calibre mondial pour former du personnel hautement qualifié et mener des recherches de pointe, lesquels sont utilisés par le secteur privé pour améliorer des produits, des processus et des technologies, et en développer de nouveaux».

Le projet du Laboratoire, auquel sont associés les professeurs Gérald Domon et Sylvain Paquette de l'École d'architecture de paysage de la Faculté de l'aménagement, comporte trois composantes majeures et complémentaires.

La première unité sera consacrée à la capture et au traitement de données de terrains, obtenus par exemple via des  systèmes téléguidés de capture vidéo aérienne de type «drone». «Elle comprendra des équipements permettant de reconstituer en temps réel l'expérience paysagère du piéton, du cycliste, de l'automobiliste ou de l'usager du transport collectif dans un but par exemple de mise en valeur des parcours routier, autoroutier, maritime et ferroviaire, a déclaré le professeur Poullaouec-Gonidec. Cette unité sera particulièrement adaptée à la réalisation d'études et de projets reliés aux impacts et potentiels de mise en valeur visuelle des paysages et aux infrastructures de transports terrestre et maritime tout comme des lignes de transmission et de communication. De même, elle facilitera l'analyse de la préservation, de la mise en valeur et du développement des paysages urbains, ruraux et naturels, ainsi que la caractérisation et la gestion culturelle des paysages – ses attraits patrimoniaux, identitaires et touristiques. Finalement, elle contribuera directement au processus de design urbain.»

Ensuite, un espace-laboratoire aura pour vocation de communiquer les résultats de diagnostics des paysages pour inciter la pleine participation des acteurs concernés et susciter un dialogue interactif sur les visions du devenir souhaitable. «Il s'agit d'explorer les territoires ou les scénarios possibles d'un projet d'aménagement. L'équipement multimédia permettra de réaliser des groupes de discussion dans le cadre de démarches collaboratives et d'idéation en aménagement, comme des ateliers de design urbain. Les experts et le public pourront collaborer sur la conception du design urbain et la planification territoriale,» a expliqué le professeur Poullaouec-Gonidec. On pourra également évaluer des scénarios d'aménagement prospectif et entamer des évaluations post-conception de visions issues de concours de design.

Finalement, une unité de gestion des données sera mise en service pour assurer les interfaces, l'archivage, le catalogage de données factuelles et de projets d'aménagement, et la diffusion des informations générées (via Internet). Selon le professeur Poullaouec-Gonidec, «l'unité de gestion des données sera essentielle considérant les défis liés à la mise en relation des informations plurielles – les images, vidéos, textes, enregistrements sonores, et informations cartographiques – qui devront être saisies, traitées et diffusées.»  Ces traitements permettront, par exemple, de suivre la transformation socioculturelle des territoires ainsi que les impacts de politiques territoriales et des projets d'aménagement sur les attraits et expressions paysagères : le panorama, le patrimoine, etc.

Les nouvelles possibilités de ce laboratoire visent à accompagner les partenaires locaux et nationaux de la CPEUM (ministère des Transports du Québec, Hydro-Québec, municipalités, collectivités locales, etc.) et internationaux de la Chaire UNESCO dans le développement de méthodes d'analyse, de conception et d'évaluation des paysages. «Cette infrastructure contribuera à l'accroissement de compétences accrues en matière de développement d'outils de diagnostic des paysages, de mise en œuvre d'équipements majeurs ou de démarches d'aménagement concerté, a déclaré le professeur Poullaouec-Gonidec. Elle permettra ainsi aux jeunes chercheurs d'acquérir une expérience unique dans l'utilisation de nouvelles technologies dans le domaine de l'aménagement du territoire. Le projet sera porteur de retombées structurantes pour les collectivités canadiennes par son apport à la promotion d'approches aménagistes plus soucieuses de la préservation et de la mise en valeur des paysages, comme par sa contribution essentielle à la mise en œuvre de cadres de vie de qualité pour les générations futures.»

Personne-ressource auprès des médias :

William Raillant-Clark
Attaché de presse à l'international
Université de Montréal
Tél. : 514 343-7593w.raillant-clark@umontreal.ca


À propos de ce projet

  • Responsable du projet
    Philippe Poullaouec-Gonidec, titulaire de la CPEUM et de la Chaire UNESCO (CUPEUM) de l'Université de Montréal
  • Équipe de recherche
    Philippe Poullaouec-Gonidec, Gérald Domon et Sylvain Paquette, professeurs à l'École d'architecture de paysage et chercheurs à la CPEUM et à la Chaire UNESCO (CUPEUM)
  • Chercheur(e)s associé(e)s
    Alessandra Capuano, professeure au Département d'architecture et de projets (Université La Sapienza de Rome - Italie)
    Danielle Dagenais, professeure agrégée à l'École d'architecture de paysage (Université de Montréal) et chercheure associée à la CPEUM et à la CUPEUM (Canada)
    Ole Fryd, professeur à la Faculty od Architecture, Building and Planning (Melbourne University)
    Patrick Marmen, chercheur à la CPEUM et à la CUPEUM (Canada)
    Yves Michelin, professeur et directeur adjoint de l'UMR Métafort (Clermont-Ferrand - France)
    Frédéric Pousin, Professeur à l'École d'architecture de Paris-Belleville et Directeur de recherche au CNRS - UMR AUSSER 3329 (France)
    Julie Ruiz, professeure et titulaire de la Chaire de recherche en écologie du paysage et aménagement (Université du Québec à Trois-Rivières – Canada)
  • Partenaires scientifiques associés
    CEN-R (Centre d'expertise numérique pour la recherche – BRDV – Université de Montréal)
    Calcul Canada
    Calcul Québec