La pénurie de dons compromet le rythme des greffes d'organes

  • Forum
  • Le 26 janvier 2015

  • Dominique Nancy

Au Québec, on ne compte  que sept donneurs vivants  par million d’habitants. (Photo: Thinkstock)Au Québec, le temps d'attente pour un rein se situe autour de deux ans, alors qu'il faut, selon les statistiques de Transplant Québec, environ 180 jours pour un cœur et un poumon, 1098 jours pour des poumons, 288 jours pour un foie et 913 jours pour un pancréas. Un délai interminable pour ceux dont la vie risque de s'arrêter.

 

Plus précisément, en 2013, il y a eu 165 donneurs pour 503 personnes greffées au Québec, tandis que la liste d'attente comprenait 1047 patients. Au pays, plus de 4000 Canadiens attendent une greffe d'organe.

La greffe entre les membres d'une même famille est aussi possible et diminue le temps d'attente. «Les receveurs sont toutefois peu enclins à accepter le don d'un enfant, d'une sœur ou du conjoint, surtout quand le délai pour subir une greffe est de moins de deux ans», signale la Dre Marie-Josée Hébert, codirectrice du Programme national de recherche en transplantation du Canada et titulaire de la chaire Shire en néphrologie, transplantation et régénération rénales de l'Université de Montréal. En général, le ou les organes transplantés proviennent d'une personne en état de mort cérébrale au sein d'un service de réanimation.

«Une personne qui a perdu la vie sur la scène d'un accident ne peut être un donneur d'organes parce que les organes vitaux ont cessé de fonctionner et qu'une détérioration des cellules commence à se produire immédiatement», rappelle pour sa part Transplant Québec.

Les spécialistes estiment que le don d'organe est un acte auquel chacun doit réfléchir. Et, pour être donneur, il faut faire connaître sa volonté à sa famille, puis, idéalement, signer à cet effet le dos de sa carte d'assurance maladie. Bien que n'ayant aucune valeur légale, cette signature facilite grandement le dialogue entre la famille et le médecin.

Dominique Nancy

 

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