Catherine Léger figure parmi les 271 boursiers de l'Université

  • Forum
  • Le 27 janvier 2015

  • Paule Des Rivières

Catherine Léger a choisi elle-même cette photo pour illustrer son esprit de persévérance.La bourse d'études que Catherine Léger a reçue de l'Université de Montréal fin 2014 est arrivée à point nommé : il y a quelques années, l'étudiante a subi un grave accident de cirque. Les séquelles sont graves et c'est en avril passé qu'elle a été amputée de la jambe gauche.

 

«Beaucoup de gens semblaient douter de ma capacité à poursuivre des études universitaires et cet appui des Services aux étudiants m'a donné un magnifique élan. Ce fut un coup de pouce financier certes, mais tout autant moral, car je me suis dit que l'Université croyait en moi et m'encourageait à persévérer. Ce fut un moment déterminant», résume l'étudiante de 34 ans.

La jeune femme est en deuxième année de scolarité de baccalauréat à la Faculté des sciences de l'éducation. Elle rêve de devenir enseignante en adaptation scolaire au secondaire. Déjà, le stage qu'elle a effectué l'an dernier dans des écoles a confirmé son choix.

«Je suis allée dans une classe où il y avait un jeune autiste. Il était très réservé. Il ne parlait pas. Un jour, il me regarde et me lance : “Toi aussi.” Je lui réponds : “Moi aussi quoi? ? Toi aussi tu es différente.” Je n'oublierai pas cet échange. Si je peux être un modèle d'une manière ou d'une autre, je serai comblée. Oui je suis la plupart de mon temps en fauteuil roulant, oui j'ai décroché alors que j'avais 16 ans et oui je reviens avec un rêve.»

Mme Léger est mère célibataire de deux jeunes enfants. Sa vie a basculé en 2007, lorsqu'au cours d'un spectacle de cirque elle a fait une chute de 13 mètres. Elle a été opérée une dizaine de fois et la dernière intervention s'est soldée par l'amputation de sa jambe gauche, alors qu'elle était en stage.

«Tout d'abord, je me suis bâti une nouvelle vie en devenant maman. Ensuite, je me suis demandé comment je pourrais faire pour continuer à émerveiller et à inspirer les gens tout en n'étant plus artiste de cirque. C'est alors que j'ai pensé devenir enseignante en adaptation scolaire. J'ai donc fait les 24 crédits au collégial nécessaires à mon admission à la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université.»

En septembre 2013, Catherine Léger franchit fièrement la porte d'entrée du pavillon Marie-Victorin. Le retour en classe en septembre 2014, seulement quatre mois après l'amputation, a été un vrai combat : «J'ai dû convaincre toute mon équipe de rééducation et apprivoiser un nouveau rôle dans la société, celui d'être handicapée, tout en continuant mes études.»

«J'ai ma place à l'Université et j'aurai ma place dans une école secondaire. J'ai tellement de leçons de vie à transmettre.»

D'ailleurs, fait éloquent, deux de ses professeurs lui ont écrit à la fin de l'année pour la remercier de sa contribution à la vie de la classe.

Mme Léger est reconnaissante envers l'Université et elle l'a fait savoir au cours d'un petit déjeuner avant les Fêtes, qui a réuni des dizaines d'étudiants boursiers et des donateurs.

À cette occasion, au nom des donateurs, Jean-Claude Robert, conjoint de Claire McNicoll, disparue en 2002 et qui a occupé diverses fonctions au sein de l'équipe de direction de l'UdeM, a parlé de l'importance d'un fonds assurant la pérennité des bourses. Pour sa part, au nom des étudiants, Sophie Harrison, qui étudie en droit, a déclaré que la bourse qu'elle recevait lui permettrait de poursuivre ses études l'esprit tranquille, sans souci d'ordre financier.

La directrice générale du Bureau du développement et des relations avec les diplômés, Chantal Thomas, a rappelé aux donateurs que «votre geste est une marque de confiance et une invitation à la persévérance». Les 271 bourses remises totalisaient une somme de 470 000 $. Il s'agissait de bourses d'excellence, de bourses aux étudiants en situation de handicap et de bourses aux étudiants de la Faculté de l'éducation permanente, pour la plupart des bourses de soutien financier.

Paule des Rivières