Un diplômé devient conservateur d'un des plus prestigieux musées d'art moderne du monde

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  • Le 27 janvier 2015

  • Paule Des Rivières

Stéphane Aquin, nouveau conservateur du Hirshhorn Museum and Sculpture Garden de Washington.

En février prochain, Stéphane Aquin, titulaire d'une maîtrise en histoire de l'art de l'Université de Montréal depuis 1988, s'envolera pour Washington où il deviendra conservateur en chef du Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, le musée national d'art moderne et contemporain de la capitale fédérale.

 

Il quittera alors le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), où il a été conservateur de l'art contemporain pendant 16 ans, responsable d'une collection de près de 12 000 œuvres.

Le diplômé reste très attaché à son alma mater, dont il vante notamment la qualité de la formation «Sans cette formation, je n'aurais jamais pu travailler au Musée des beaux-arts ni avant cela devenir critique d'art, pas plus que je n'aurais accédé à ce poste au Hirshhorn, lance-t-il d'emblée. J'ai reçu une formation axée sur l'ouverture aux différents moments de l'histoire de l'art et aux différentes manières d'écrire l'histoire de l'art, j'y ai étudié les grands textes critiques et les enjeux de la modernité». Le conservateur ne tarit pas d'éloges sur ses anciens professeurs. «Je garde le souvenir d'un département extrêmement vivant où j'ai eu le bonheur d'apprendre avec des sommités dans leur domaine», a-t-il déclaré lors d'un entretien récent, tenant à exprimer une reconnaissance plus particulière aux professeurs René Payant, Nicole Dubreuil-Blondin, Monique Gauthier, François-André Gagnon et Constance Naubert-Riser, sa directrice de mémoire.

Au MBAM, celui qui a également été critique d'art au journal Voir et professeur à l'Université Concordia, a accompli un travail remarquable. On lui doit des expositions qui marqueront l'histoire du musée montréalais, telles que celle sur Riopelle en 2002, Village global : les années 60 en 2003, Warhol Live en 2008 ou la récente et très belle Peter Doig : nulle terre étrangère.

Évoquant l'état de santé de l'art contemporain au pays aujourd'hui, Stéphane Aquin se montre optimiste. «Les centres d'art et les musées, incluant le nôtre, sont très ouverts à l'art contemporain, et un nombre grandissant de collectionneurs s'y intéressent sérieusement. Il y a à la fois un regard vers l'extérieur et le désir de revendiquer ce qui se fait d'unique ici, au Québec et au Canada.»

Le Hirshhorn Museum and Sculpture Garden est bien souvent considéré comme l'un des cinq grands musées nationaux d'art moderne et contemporain avec la Tate Gallery à Londres, le Centre Pompidou à Paris, le Stedelijk Museum à Amsterdam et le MoMA à New York. C'est donc un nouveau défi qui attend le Montréalais élevé aux États-Unis et en Suisse, et qui va bientôt troquer son lieu de travail de la rue Sherbrooke pour un bureau situé à deux pas du Capitole! «Les gens là-bas ont de grandes attentes et je suis absolument prêt pour ce travail. Je dirigerai cinq conservatrices aguerries et il me tarde de les entendre et de tisser des liens avec elles.»

Paule des Rivières