Juliette Barcelo s'est éteinte

  • Forum
  • Le 2 février 2015

Juliette BarceloJuliette Barcelo, qui fut secrétaire générale de l'Université de 1974 à 1980, s'est éteinte le 14 janvier. Elle allait avoir 82 ans le 19 janvier.

 

Mme Barcelo a obtenu sa licence en droit de l'UdeM en 1955. Admise au Barreau du Québec en 1956, elle a poursuivi ses études à l'Université d'Oxford grâce à des bourses de l'Imperial Order Daughters of the Empire et du Lady Margaret Hall. Titulaire d'un baccalauréat avec mention (1958) et d'une maîtrise ès arts (1965), elle entamera sa carrière en 1958 au ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration d'Ottawa. Elle travaillera notamment à Paris et à Tel-Aviv au service des visas. En 1965, elle devient conseillère technique au ministère des Affaires culturelles du Québec, où elle participe à la conception d'une politique d'immigration pour le Québec.

En mars 1966, elle entre à l'Université de Montréal à titre d'adjointe du secrétaire général de l'époque, Léon Lortie. En 1968, l'Université crée le Service du personnel enseignant et la nomme directrice de l'unité. En 1974, elle devient la première femme à occuper les fonctions de secrétaire général de l'établissement. Elle y poursuit l'œuvre de ses prédécesseurs et consolide le secrétariat des instances en obtenant le statut de professionnel et le titre de chargé de comité pour les personnes responsables du secrétariat de comités, transforme le Secrétariat aux affaires juridiques en Direction des affaires juridiques et stimule la relance du Services des archives.

Mme Barcelo a été membre fondatrice de l'Association des secrétaires généraux d'établissements universitaires du Québec et du Groupe international des secrétaires généraux d'universités francophones, aux conseils desquels elle a siégé comme administratrice. Elle a de plus été avec sa collègue de l'UQAM et amie Lise Langlois à l'origine de la création du Comité des secrétaires généraux de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec. Dans un témoignage paru en 1993, elle affirmait que les «13 années au service de l'Université constituent les meilleurs moments de ma vie professionnelle».

En 1980, elle quitte son alma mater pour aller servir de nouveau l'État québécois, cette fois-ci au poste de sous-ministre au ministère des Communautés culturelles et de l'Immigration, sous la direction de Jacques Couture puis de Gérald Godin, et finalement comme membre de la Commission de la fonction publique. Elle terminera sa carrière active à titre d'arbitre de griefs.

Si Juliette Barcelo a été très engagée dans sa vie professionnelle, elle l'a été tout autant dans sa communauté : elle fut présidente du conseil de sa copropriété à L'Île-des-Sœurs, fondatrice et présidente de la Coalition des résidents pour l'autonomie de L'Île-des-Sœurs et présidente de l'Association des propriétaires et résidents de L'Île-des-Sœurs (APRIDS) de 2006 à 2009. Mme Barcelo a marqué, par ses innombrables interventions, l'évolution de nombreux dossiers qui touchent à la qualité de vie de ses concitoyens.

À l'instar de Pierre G. Jobin, qui a été professeur de droit à l'Université McGill et qui lui a succédé à la présidence de l'APRIDS, je dirais ce qui suit : «Travailler avec Juliette est, à la fois, très exigeant et rassurant. Sa formation juridique, sa pratique du droit et son exercice de hautes fonctions dans l'administration publique et à l'Université ont créé en elle une extraordinaire combinaison de rigueur et de vision politique.» Ceux et celles qui ont travaillé à ses côtés estimaient qu'elle était passionnée par son travail, d'un appui indéfectible à l'égard de ses collaborateurs, d'une fidélité exemplaire à l'endroit de l'UdeM et de sa direction. C'était un bourreau de travail qui avait une capacité d'analyse juridique rare. Quand elle avait fini d'étudier une question, on pouvait être certain que tous les aspects en avaient été couverts. Pour ma part, je lui dois beaucoup et je lui en serai toujours reconnaissant.

Michel Lespérance,
secrétaire général émérite