Efficacité démontrée d'un traitement pour les victimes d'AVC

Une nouvelle thérapie pour l’AVC ischémique aigu, l’extraction de caillot par traitement endovasculaire, améliore l’état de santé de ces patients de façon remarquable. Image : IstockL'équipe de neurologie vasculaire du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), qui compte six neurologues vasculaires et trois radio-interventionnistes, a grandement contribué à une étude menée par des chercheurs du Hotchkiss Brain Institute de la University of Calgary. Cette étude à répartition aléatoire multicentrique démontre qu'une nouvelle thérapie pour l'AVC ischémique aigu, l'extraction de caillot par traitement endovasculaire, améliore l'état de santé de ces patients de façon remarquable.

 

Publiée en ligne le 11 février 2015 dans le New England Journal of Medicine (NEJM), l'étude révèle que les patients ayant bénéficié du traitement endovasculaire étaient plus susceptibles de conserver peu de séquelles, sinon aucune, et couraient aussi beaucoup moins de risque de mourir de l'AVC.

Globalement, on note une augmentation du taux de réussite chez ces patients de 33 % à 50 %. Pour plusieurs d'entre eux, cela s'est traduit par un retour à la vie normale plutôt que de devoir vivre avec un handicap neurologique grave. Le taux de mortalité est passé de deux patients sur dix à un patient sur dix, soit une diminution de 50 % chez les patients ayant bénéficié du traitement endovasculaire.

«Ces résultats représentent un changement fondamental dans la façon dont les AVC aigus sont désormais traités. De plus, l'incidence de cette découverte se répercutera sur l'organisation des soins ici au Québec et partout dans le monde,» explique le Dr Alexandre Poppe, neurologue vasculaire au CHUM, professeur adjoint de clinique à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal et coauteur de l'étude. Le Dr Daniel Roy, neuroradiointerventionniste au CHUM et coauteur de l'étude ajoute : «L'approche endovasculaire représente sans doute la plus grande percée dans le traitement de l'AVC ischémique aigu depuis la thrombolyse intraveineuse, qui existe depuis 20 ans. Il est certain que cette nouvelle approche exigera une collaboration étroite entre neurologues, neurointerventionnistes, techniciens en radiologie, infirmières et tous les membres de l'équipe. Heureusement, cette collaboration est déjà bien présente au CHUM.»

L'étude, connue sous le nom ESCAPE (Endovascular treatment for Small Core and Anterior circulation Proximal occlusion with Emphasis on minimizing CT to recanalization times), démontre la supériorité du traitement endovasculaire par rapport au traitement conventionnel. Un AVC aigu est causé par un caillot qui bloque une artère cérébrale et empêche la circulation sanguine vers une partie du cerveau, la privant ainsi d'oxygène et de glucose, et pouvant entraîner la destruction de cette région du cerveau. Actuellement, le traitement conventionnel édicté par les lignes directrices canadiennes, américaines et européennes est de procéder à la thrombolyse intraveineuse chaque fois que cela est possible pour tenter de dissoudre le caillot.

Dans l'étude ESCAPE, réalisée entre septembre 2013 et octobre 2014, 316 patients ayant subi un AVC au cours des 12 dernières heures ont été répartis en deux groupes de façon aléatoire : un groupe a reçu le traitement conventionnel et le second groupe a reçu le traitement conventionnel en plus du traitement endovasculaire.

Le traitement endovasculaire comporte l'insertion d'un mince cathéter dans l'artère de l'aine et la navigation de ce dernier dans l'aorte afin de se rendre à l'artère cérébrale obstruée. Cette opération est réalisée par le neurointerventionniste grâce à une intervention guidée par l'image (rayon x). Une fois atteint, le caillot est retiré du corps à l'aide d'un tuteur pour rétablir la circulation sanguine vers le cerveau. Une cinquantaine d'interventions ont été réalisées au CHUM en 2014; une vingtaine en janvier dernier.

Le traitement endovasculaire existe depuis les années 1990, mais ce n'est que récemment que les progrès technologiques ont permis d'accroître l'efficacité de cette approche. L'utilisation d'imagerie cérébrale et vasculaire pour documenter la présence du caillot ainsi que le rétablissement rapide et efficace des patients ont permis à l'équipe ESCAPE de conclure au succès de cette étude. Dans de l'étude ESCAPE, l'ouverture des artères bloquées a été réalisée en moyenne deux heures plus rapidement que lors d'essais antérieurs.

L'étude ESCAPE a été réalisée dans 22 établissements dans le monde, notamment aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Irlande et en Corée du sud; onze sont canadiens. Les deux tiers des patients provenaient des établissements canadiens. Le CHUM a suivi 30 patients, ce qui le classe quatrième en importance dans cette étude.

Source : Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM)


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