Une percée scientifique importante pour lutter contre la cécité

De gauche à droite : Michel Cayouette et Pierre Mattar. Image : IRCM Une équipe de chercheurs dirigée par Michel Cayouette, professeur à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal et chercheur à l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) a identifié un des gènes responsables de la production d'un type de cellule essentiel à la vision. La percée, publiée dans la revue scientifique Neuron, pourrait éventuellement permettre de surmonter des obstacles associés aux traitements pour prévenir la cécité.

La rétine de l'œil est composée, entre autres, de deux types de photorécepteurs (neurones sensibles à la lumière), soit les bâtonnets qui permettent la vision nocturne et les cônes qui servent à la vision de jour de haute acuité. La perte de cônes est une des principales causes de cécité associée à plusieurs maladies dégénératives de la rétine et la communauté scientifique cherche à rétablir la vue par des thérapies de remplacement cellulaire.

«Les cellules souches rétiniennes produisent tous les types de cellules de la rétine, dont les photorécepteurs cônes et bâtonnets. La communauté scientifique a réussi à produire des bâtonnets à partir de cellules souches et même à les utiliser pour restaurer la vision chez des modèles murins de la cécité, ce qui démontre que cette approche est prometteuse. Toutefois, générer un grand nombre de cônes demeure très difficile et cela, pour des raisons encore inconnues» a expliqué Pierre Mattar, premier auteur de l'étude et stagiaire postdoctoral dans le laboratoire du Dr Cayouette.

Dans le développement normal de la rétine, les cellules souches produisent les différents types de photorécepteurs selon une séquence précise dans le temps. Elles produisent d'abord les cônes et, plus tard, les bâtonnets. Les chercheurs de l'IRCM ont identifié, pour la première fois, un des gènes impliqués dans ce changement temporel, soit le gène Casz1.

«Nous avons découvert une cascade de gènes qui permet la production progressive des photorécepteurs et d'autres cellules rétiniennes dans le temps. Cette cascade semble être conservée de la mouche à la souris, ce qui suggère qu'elle pourrait représenter un mécanisme fondamental du développement de cellules souches qui serait aussi conservé chez l'humain» a dit le Dr Cayouette, professeur de recherche agrégé IRCM et directeur de l'unité de recherche en neurobiologie cellulaire.

«Les méthodes actuelles de production de photorécepteurs à partir de cellules souches rétiniennes ne tiennent pas compte de l'identité temporelle des cellules souches, c'est-à-dire du moment où elles sont le plus susceptibles de générer des cônes ou des bâtonnets. Nos résultats nous offrent maintenant une nouvelle façon de contrôler ce processus. Une manipulation de la cascade Casz1 pourrait nous permettre, par exemple, de prolonger le moment opportun pour générer des cônes et, ainsi, d'augmenter la production de photorécepteurs cônes  qui pourraient servir aux traitements contre la cécité» a ajouté le Dr Cayouette.

L'article publié dans Neuron a été préparé en collaboration avec Johan Ericson du Karolinska Institutet en Suède et Seth Blackshaw de la John Hopkins University School of Medicine aux États-Unis. Dans le même numéro de la revue, un article de nouvelle par Claude Desplan et ses collègues (Konstantinides et al., 2015, Neuron, 85: 447-449) comprend des commentaires sur l'importance des travaux réalisés par les Drs Cayouette et Mattar.

Le projet de recherche à l'IRCM a été subventionné par la Foundation Fighting Blindness Canada et les Instituts de recherche en santé du Canada. Pour plus d'information, veuillez consulter le sommaire de l'article publié en ligne.

Source : IRCM