Mélanie Carrier présentera son étonnant périple en Asie à vélo

  • Forum
  • Le 9 mars 2015

  • Mathieu-Robert Sauvé

Près de 8000 km sur deux roues...C'est un voyage au bout d'eux-mêmes que Mélanie Carrier et Olivier Higgins ont réalisé en 2005, quand ils ont entrepris de parcourir la Mongolie et l'Inde en vélo, un périple de plus de 8000 km dans des régions parfois sans infrastructure routière, où peu d'étrangers s'aventurent. «Je n'avais jamais fait de voyage de vélo avant ça. Tout au plus des sorties d'une cinquantaine de kilomètres dans la même journée», rigole, à l'autre bout de l'Europe, Mélanie Carrier en entrevue avec Forum.

 

La jeune femme sera l'invitée de l'Université de Montréal à l'occasion de la Francofête, dont le thème est «Voyages et récits vagabonds». Elle présentera ses pérégrinations qui ont donné lieu à un livre paru chez Espaces, Cadence, et à un film, intitulé Asiemut, projeté depuis, sans interruption, sur les cinq continents, même en Antarctique!

Mélanie Carrier Dans le documentaire, on sent bien l'exaspération de la cycliste originaire de Québec lorsque les formalités administratives kafkaïennes manquent de faire avorter leur projet au premier tiers du parcours. Les cyclistes se font arrêter par des douaniers chinois malgré des visas en règle. On ne passe pas! Un hasard et quelques ententes plus ou moins licites feront débloquer les choses 10 jours plus tard. Enfin libres, ils pédalent dans des régions agricoles où on les accueille avec le sourire... et des melons. Les intrépides voyageurs franchissent le Xinjiang, le Tibet et le Népal pour entreprendre la traversée du nord de l'Inde. Sept mois après leur premier coup de pédale, ils atteignent le golfe du Bengale.

 

Pourquoi l'Asie?

À l'origine de cette expédition il y a l'instinct et peut-être un peu d'insouciance. «Nous voulions faire notre premier film», explique candidement Mélanie Carrier. Pour cela, il fallait sortir des sentiers battus; pas question de rouler en Europe entre les grandes capitales. Il fallait aller loin, dans des terres peu fréquentées où les voyageurs passeraient «des derniers peuples nomades d'Asie à l'un des pays les plus peuplés du monde», écrit-elle dans son récit.

Au moment du Naadam, la fête nationale en Mongolie, les aînés revêtent leurs habits traditionnels.Ce voyage conduit les aventuriers sur le chemin de leur propre identité. «En nous déplaçant à vélo sur une grande distance, en rencontrant des peuples de différents horizons, nous pourrions à coup sûr parler de traditions comme de modernité, de l'importance de nos choix comme de celle de trouver notre place en société», peut-on lire dans l'introduction.

Le projet s'est tout de même construit sur une base solide. Amis d'enfance, Mélanie Carrier et Olivier Higgins sont devenus tout naturellement amoureux puis conjoints. Durant leurs études en biologie à l'Université Laval, ils ont été les premiers à profiter de la possibilité de suivre une partie de leur formation à l'étranger. Ils ont pris la direction de l'île de la Réunion, dans l'océan Indien. Ils ont passé une année entière là-bas.

Depuis qu'ils avaient assisté à un festival de films d'aventure, ces adeptes de plein air s'étaient promis de tourner un jour leur propre documentaire. Bien leur en pris, car Asiemut a été remarqué dans plusieurs festivals, gagnant plus de 35 récompenses d'un bout à l'autre de la planète.

Durant la traversée des montagnes de l'Altaï, les voyageurs ont dû pousser leurs vélos sur 20 km, car la route n'est pas carrossable.Leur troisième long métrage documentaire, Québékoisie, raconte une nouvelle forme d'exploration mais cette fois dans leur pays. «Après avoir pédalé pendant des mois à l'autre bout du monde, nous nous sommes aperçus que nous ne connaissions pas les Premières Nations, déclare Mélanie Carrier. Ce film relate cette rencontre.»

Les membres du Centre de communication écrite n'auraient pas su trouver une meilleure conférencière pour incarner le thème de la Francofète 2015. L'alpiniste, cycliste, biologiste et aventurière (qui se définit actuellement comme une réalisatrice de documentaires) répondra aux questions de Paule des Rivières et des visiteurs le mercredi 18 mars à midi.

 

Elle assistera également, au Carrefour des arts et des sciences, à la projection de son film, à 16 h 30, après quoi elle rencontrera les spectateurs.