Les immigrants sont souvent en meilleure santé que les natifs du Canada... du moins à leur arrivée

Plusieurs études démontrent que les immigrants sont en meilleure santé que leurs concitoyens du pays d'accueil, du moins dans les premiers temps suivant leur arrivée. Photo : Thinkstock

 

Plusieurs études démontrent que les immigrants sont en meilleure santé que leurs concitoyens du pays d'accueil, du moins dans les premiers temps suivant leur arrivée. Selon une équipe de chercheurs montréalais, ce phénomène ne s'applique pas à tous les groupes d'immigrants, par exemple les enfants et les personnes âgées. «Notre analyse suggère que les politiques en matière de santé des immigrants ne peuvent être de type «taille unique» et qu'elles doivent prendre en compte l'âge des immigrants et les indicateurs de santé pour lesquels ils sont vulnérables» indiquent Zoua Vang, professeure en sociologie à l'Université McGill et Alain Gagnon, directeur du Département de démographie de l'Université de Montréal. Tous deux sont co-auteurs d'une étude présentée aujourd'hui à Ottawa à l'occasion d'un colloque du Réseau Changements de population et parcours de vie.

 

 

 

Ce travail de synthèse prend en considération 75 travaux empiriques sur la question. En raison du processus de sélection appliqué aux immigrants du Canada, qui favorise les candidats en santé, les nouveaux immigrants présentent un bilan de santé significativement meilleur que la population en général. L'avantage, lorsqu'il s'avère, tend à s'estomper avec le temps, à mesure que les indicateurs de santé des immigrants convergent vers ceux des natifs du Canada. Si l'effet de «l'immigrant en bonne santé» est souvent avéré chez les immigrants adultes, il en va tout autrement chez les enfants et les immigrants âgés, ainsi que pour les réfugiés. Il varie également selon la région de provenance, avec des effets de sélection d'autant plus grands que la distance culturelle entre le pays d'origine et le Canada est grande. L'ampleur de l'effet de sélection est aussi nettement plus significative pour les indicateurs de mortalité que de morbidité.

Avec 6,7 millions d'immigrants au Canada, et une augmentation projetée de 334 000 personnes par an d'ici 2036 (Statistique Canada, 2014), la santé des immigrants et de leurs descendants pourrait avoir des répercussions importantes sur les systèmes de santé des Canadiens de demain.

L'étude a été réalisée avec la collaboration de Jennifer Sigouin, du Département de Sociologie de l'Université McGill et d'Astrid Flenon, du Département de démographie de l'Université de Montréal.

À propos de cette étude
Vang, Zoua; Sigouin, Jennifer; Flenon, Astrid; and Gagnon, Alain (2015) "The Healthy Immigrant Effect in Canada: A Systematic Review,Population Change and Lifecourse Strategic Knowledge Cluster Discussion Paper Series/ Un Réseau stratégique de connaissances Changements de population et parcours de vie Document de travail: Vol. 3: Iss. 1, Article 4.

Personne-ressource auprès des médias
Benjamin Augereau
Attaché de presse
Université de Montréal
Tél. : 514-343-6796


D'autres chercheurs du Département de démographie présentaient leurs travaux lors de la conférence du Réseau Changements de population et parcours de vie.

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