Les inégalités socioéconomiques façonnent les dynamiques migratoires des Premières Nations

Photo : Nick Russill

 

Les inégalités socioéconomiques entre les communautés des Premières Nations, mais aussi avec la population canadienne non autochtone, déterminent la nature, l'intensité et la direction de leurs mouvements migratoires. Les Premières Nations migrent principalement pour poursuivre leur scolarité, trouver du travail, améliorer leur santé ou leurs conditions de vie. C'est ce qui ressort d'une étude réalisée par Marilyn Amorevieta-Gentil, Robert Bourbeau et Norbert Robitaille, de l'Université de Montréal, et présentée à la Conférence du Réseau Changements de population et parcours de vie le 19 mars dernier à Ottawa. L'équipe de démographes a analysé une série d'études sur la migration et les inégalités socioéconomiques des Premières Nations du Canada et rédigé une synthèse sur la question.

 

 

 

«La première chose qui nous a frappés, c'est qu'il est très difficile d'obtenir un portrait fiable, exhaustif et cohérent de la situation, relate Mme Amorevieta-Gentil, titulaire d'un doctorat en démographie, qui agit comme agente de recherche dans le présent projet. Tous les Autochtones ne sont pas des Premières Nations. Parmi celles-ci, il y a les Indiens inscrits et les Indiens non inscrits, qui ne disposent pas des mêmes droits et privilèges. La répartition géographique de ces deux groupes est aussi différente au Canada. Ensuite, la définition même de migration varie et, à l'intérieur du phénomène migratoire, il existe plusieurs types de migrations. Migrer, pour un Indien, c'est changer de communauté ou la quitter pour vivre dans une société non autochtone; ce qui peut avoir des répercussions d'intensité différente sur le plan de l'identité. Nous avons abordé les inégalités entre Premières Nations et les non autochtones sous le thème de la migration».

Sujet peu étudié en démographie, la question des inégalités socioéconomiques et la migration des Premières Nations s'avèrent névralgiques dans l'établissement de politiques sociales, fait valoir la chercheuse. Dans certaines communautés, la migration est perçue comme une des étapes d'un cycle de vie. Dans d'autres, elle est davantage considérée comme un renoncement à l'identité. Il existe aussi une migration inverse chez les Indiens inscrits, soit des centres urbains vers les réserves. Le lien avec la communauté est une des raisons évoquées en ce qui concerne les retours dans le lieu d'origine.

À propos de cette étude
Amorevieta-Gentil, Marilyn; Bourbeau, Robert; and Robitaille, Norbert (2015) "Les mouvements migratoires des Premières Nations : Reflets des inégalitésPopulation Change and Lifecourse Strategic Knowledge Cluster Discussion Paper Series/ Un Réseau stratégique de connaissances Changements de population et parcours de vie Document de travail: Vol. 3: Iss. 2, Article 2. Cette étude a été financée par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.

Personne-ressource auprès des médias
Benjamin Augereau
Attaché de presse
Université de Montréal
Tél. : 514-343-6796


D'autres chercheurs du Département de démographie présentaient leurs travaux lors de la conférence du Réseau Changements de population et parcours de vie.

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