Le CRCHUM reçoit une subvention de 500 000 $ pour la recherche contre le cancer du sein

Crédit : Pfala CC BY 2.0Le Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CRCHUM) reçoit une subvention de 500 000 $ de la Fondation du cancer du sein du Québec pour développer un outil de recherche à partir d'une biobanque d'échantillons de tumeurs du cancer du sein. L'expertise développée au CRCHUM permettra de valider des cibles thérapeutiques et de mieux prédire les réponses aux traitements.

 

Le Centre de recherche du CHUM, le Centre universitaire de santé McGill, le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke et l'Hôpital du St-Sacrement du CHU de Québec ont recueilli depuis une dizaine d'années des échantillons de cancer du sein de plus de 6 000 patientes qui ont fait don de leur tissu. Cette vaste biobanque a été créée grâce au soutien financier du Réseau de recherche sur le cancer et de la Fondation du cancer du sein du Québec.

Elle sera maintenant bonifiée dans le cadre de ce projet de recherche. Au total, 2 000 échantillons de tumeurs de cancer du sein d'autant de patientes seront analysés grâce à une technique appelée le micro-étalage tissulaire. « Cette technique consiste à extraire de petites carottes d'échantillons de tumeurs à partir des échantillons déjà disponibles dans la biobanque, pour les regrouper dans une dizaine de blocs de paraffine. Cela permettra d'étudier tous ces échantillons de tumeurs dans une seule et même expérience. Cette approche accélère les expérimentations et en diminue les coûts », explique Anne-Marie Mes-Masson, investigatrice principale du projet et chercheuse au CRCHUM.

La création de ces micro-étalages tissulaires sera réalisée au Centre de recherche du CHUM, qui dispose d'installations d'avant-garde depuis la construction de ses nouveaux bâtiments en 2013.

« Nous nous attendons à ce que des chercheurs canadiens et internationaux souhaitent accéder à ces cohortes de patientes, parce que ce sera une ressource importante pour la recherche en cancer du sein», estime madame Mes-Masson, également professeure titulaire au département de médecine de l'Université de Montréal.

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez la femme au Canada : une femme sur neuf développera la maladie au cours de sa vie. Heureusement, environ 85 % des femmes atteintes survivent, mais encore beaucoup trop en décèdent. «Il existe plusieurs types de cancer du sein associés à différents gènes défectueux. La recherche sur le cancer du sein vise actuellement à trouver des biomarqueurs pour prédire quelles femmes pourront guérir avec des traitements conventionnels et lesquelles auraient avantage à essayer de nouvelles stratégies thérapeutiques », explique Anne-Marie Mes-Masson.

Survivre au cancer et s'impliquer en recherche

Lyse Piché, 64 ans, a survécu à un cancer du sein très agressif – un carcinome canalaire infiltrant de grade 2 et 3 – il y a sept ans. Après une mastectomie partielle du sein gauche et des traitements de radiothérapie, elle a participé à quatre protocoles de recherche, dont la biobanque pour le cancer du sein et de l'ovaire : « Ma mère et plusieurs de mes tantes sont mortes du cancer du sein. Dans ma famille, sur sept sœurs, quatre ont eu un cancer du sein. Pourtant, aucune cause génétique n'a été trouvée à ce jour pour expliquer nos cancers. C'est très important pour moi de m'impliquer dans la recherche. J'espère qu'un jour on va découvrir la faille dans nos cellules. J'aimerais pouvoir éviter ce fléau à mes nièces et à toutes les femmes de nos vies », dit-t-elle.

Le projet piloté par Anne-Marie Mes-Masson vise à développer un outil de recherche afin d'éventuellement traiter les femmes atteintes du cancer du sein avec une approche de médecine personnalisée, selon le type de tumeur qui les affecte.

Il faut compter cinq à dix ans de recherche afin de valider des biomarqueurs qui pourraient être utilisés en clinique. Plusieurs équipes de chercheurs au Québec ont testé des biomarqueurs à partir d'une centaine d'échantillons. Mais pour trouver des gènes qui semblent prédire un meilleur pronostic ou un meilleur traitement, c'est nettement insuffisant, explique Anne-Marie Mes-Masson : « Nous voulons donner aux chercheurs du Québec une ressource partagée pour valider les hypothèses et accélérer les découvertes de traitements ».


Source :
Centre de recherche du centre hospitalier de l'Université de Montréal (CRCHUM).

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