L'Opéra, qu'est-ce que ça donne?

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L’opéra, c’est aussi une source de création d’emplois; jusqu’à 150 personnes travaillent un soir de spectacle. À HEC Montréal, Xavier Roy consacre sa maîtrise à l’étude des entreprises musicales.

Une compagnie d'opéra ne fait jamais ses frais. «Il faudrait vendre les billets deux ou trois fois plus cher, et encore elle resterait déficitaire», mentionne Xavier Roy, chercheur à la Chaire de gestion des arts Carmelle et Rémi-Marcoux, de HEC Montréal.

 

Le jeune homme de 24 ans, qui se destinait à une carrière en chant avant de bifurquer vers les affaires («les entreprises culturelles auront toujours besoin d'administrateurs compétents», estime-t-il), rédige actuellement un mémoire de maîtrise sur les entreprises musicales. Il explique que l'opéra coûte cher à cause de la nature même de cette forme artistique. «Il y a des coûts incompressibles alors que l'inflation continue de croître. Vous ne pouvez pas décider d'engager moins de musiciens ou de chanteurs si vous montez une oeuvre du répertoire. Tout au plus peut-on se rabattre sur la réutilisation de décors et de costumes des productions passées.»

Une compagnie d'opéra donne du prestige à une ville ; elle rehausse sa cote auprès des touristes. Un soir de représentation, et ce sont jusqu'à 150 personnes qui travaillent. «Si l'État finance presque toujours ce secteur, en Allemagne, l'opéra de Stuttgart est financé à 80% par des fonds publics. Au MET, c'est moins de 1%. Au Canada, c'est autour de 30 %. C'est avec les revenus de la billetterie, les dons et les commandites qu'il convient de boucler le budget.»

Malgré tout, une dizaine de compagnies ont fermé leurs portes au cours de la dernière décennie en Amérique du Nord. De façon générale, on s'entend pour dire que le salut se situe dans le renouvellement de la clientèle. D'où l'importance des promotions ciblées dans les lieux publics. À l'Opéra de Montréal, on offre des réductions substantielles aux étudiants et aux jeunes. On peut même se procurer des billets à 20 $.

Mathieu-Robert Sauvé