Le recteur rencontre un diplômé

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Le recteur de l’Université de Montréal, Guy Breton, rencontre le journaliste et éditorialiste François Cardinal dans les bureaux de La Presse. Ils parlent de l’avenir de Montréal.

Le recteur et son hôte dans la salle de rédaction de La Presse Chroniqueur-vedette à La Presse, François Cardinal est diplômé en sociologie (1997) et a obtenu un certificat en journalisme en... 2013, «sur le tard», comme il le dit avec un sourire, son expérience professionnelle ayant fait l'objet d'une reconnaissance d'acquis. Guy Breton l'a rencontré à la rédaction du journal pour discuter d'un sujet d'intérêt commun : l'avenir de Montréal.

 

Sur les défis de Montréal

François Cardinal : Je dirais qu'il nous faut retrouver une fierté pour la ville. Cette fierté a pris un dur coup avec les histoires de collusion et de corruption des dernières années, mais aussi avec la saga des fusions-défusions, un traumatisme toujours présent.

Guy Breton : Montréal doit d'abord réaliser tout le potentiel qu'elle a. Les nids-de-poule nous font trop souvent oublier que nous vivons dans une ville extraordinaire. Ma fille, par exemple, a pu faire ses études primaires, secondaires, collégiales et universitaires dans un rayon de trois kilomètres autour de la maison. Lorsque je raconte cela à des collègues du reste du Canada, ils me disent : «Wow ! Tu as de la chance. Ce ne serait pas possible chez nous.»

F.C. : Il faut réapprendre à bien faire les choses et nous nous y mettons tranquillement. Prenez le campus de l'UdeM qui sera aménagé sur l'ancienne gare de triage d'Outremont. Dans la planification de ce projet, j'ai l'impression que beaucoup de leçons ont été tirées des erreurs de Griffintown, un quartier dont l'aménagement a été bâclé, car on a laissé carte blanche aux promoteurs. Or, avec le campus d'Outremont, on a fait précéder les travaux de consultations publiques de qualité. On va, par exemple, préserver la diversité du quartier en créant des réserves foncières pour garder les résidants actuels sur place.

Sur l'importance des universités pour la métropole

G.B. : Montréal est la capitale universitaire du Canada. Dans les classements internationaux, elle est constamment classée comme l'une des meilleures villes de la planète pour y faire ses études. Ça, on ne le dit pas assez.

F.C. : Et on ne le voit pas assez. Lorsqu'on va à Boston, on sent que c'est une ville universitaire, on le constate un peu partout. À Montréal, on ne se sert pas de nos universités comme un élément qui nous distingue des autres grandes villes et c'est malheureux.

G.B. : Il nous faut développer une signature visuelle. J'aimerais voir, par exemple, les rues autour de notre campus décorées en bleu, la couleur de l'UdeM. Du même coup, nous ferions sentir notre présence de façon originale et nous donnerions une identité au quartier.

Sur la signification du 375e anniversaire de Montréal en 2017

F.C. : L'avantage avec cet anniversaire est qu'il fait de 2017 la date butoir de nombreux projets. Je pense aux investissements prévus dans le parc Jean-Drapeau, au recouvrement de l'autoroute Ville-Marie, à l'expansion du Musée Pointe-à-Callière. L'anniversaire est symbolique, mais tant mieux s'il nous met de la pression pour terminer ces projets.

G.B. : Ce sera l'occasion de mettre en lumière ce que nous faisons de bien à Montréal. Je vois cette célébration comme un jalon, une étape pour la ville qui, une fois franchie, nous permettra de mettre le cap sur d'autres réalisations.

Propos recueillis par François Guérard