Les enfants allergiques aux arachides courent davantage de risques d'exposition à la maison qu'à l'école

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Les enfants allergiques aux arachides courent beaucoup plus de risques d’exposition à la maison qu’à l’école, soutient Sabrine Cherkaoui, de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal.

Les expositions accidentelles sont aussi susceptibles de se produire dans les écoles qui interdisent les arachides que dans celles qui les autorisent. Photo : Thinkstock

 

Les enfants allergiques aux arachides courent beaucoup plus de risques d'exposition à la maison qu'à l'école, soutient Sabrine Cherkaoui, de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal. Mme Cherkaoui et ses collègues de l'Université McGill ont fait cette découverte en examinant les circonstances entourant 567 cas d'expositions accidentelles touchant des enfants allergiques aux arachides.

 

 

 

«Nous avons suivi 1 941 enfants souffrant d'une allergie aux arachides diagnostiquée afin de déterminer de quelle façon les expositions surviennent, quelle en est la gravité et quel traitement est administré, explique Dre Cherkaoui, auteure principale de l'étude. Nous avons découvert que c'est à la maison que les enfants courent le plus de risques. De plus, lorsque les enfants ont une réaction allergique de modérée à grave, il arrive souvent que les parents et le personnel médical ne sachent pas comment réagir de façon appropriée.» L'étude était dirigée par Ann Clarke, directrice de recherche de Dre Cherkaoui affiliée à l'Université de Calgary.

Les enfants ont été recrutés auprès de cliniques d'allergie et d'organismes de défense des personnes allergiques. Tous les enfants qui ont participé à l'étude avaient eu des réactions allergiques aux arachides dans le passé. L'âge moyen au moment du recrutement était de 6,9 ans, et la durée moyenne de participation, de 2,9 ans. Durant cette période, 429 enfants ont subi un total de 567 expositions. Les chercheurs ont classé 11,3 % des réactions comme «graves» et 50,1 % comme « modérées». «Seulement 42 % des réactions allergiques graves aux arachides que nous avons répertoriées ont fait l'objet d'une évaluation par un professionnel de la santé, et presque 1 cas sur 6 n'a pas été traité du tout. Quant aux réactions modérées, la situation est bien pire : des soins médicaux n'ont été réclamés que dans 25 % des cas, en dépit du fait que 37 % des expositions ont eu lieu au domicile de l'enfant, poursuit Dre Cherkaoui. Pour leur part, les résidences d'autres personnes et les restaurants comptaient respectivement pour 14,3 % et 9,3 % des cas. Les écoles et les garderies où les arachides sont interdites représentaient 4,9 % des cas d'exposition, alors que la proportion était de 3 % pour celles où les arachides sont autorisées.» Les lieux autres ou inconnus comptaient finalement pour 31,6 % des expositions.

Les chercheurs ont noté que les expositions accidentelles devenaient de moins en moins fréquentes à mesure que l'étude avançait, ce qu'ils attribuent à l'élaboration de meilleures stratégies d'évitement par les enfants et les parents. Le risque était toutefois élevé pour les adolescents, ce que l'équipe explique par la prédilection générale de ceux-ci pour les comportements à risque. Les chercheurs offrent aussi deux explications possibles pour l'absence de différence entre les écoles et les garderies qui interdisent les arachides et les autres. «Tout d'abord, les écoles et les garderies qui autorisent les arachides font vraisemblablement un bon travail de gestion du risque en raison de la conscientisation accrue au sujet des dangers. Ensuite, lorsque les arachides sont interdites, l'enfant peut finir par éprouver un faux sentiment de sécurité, alors que des aliments contenant des arachides peuvent être apportés et partagés avec lui par inadvertance, explique Dre Cherkaoui. La découverte la plus importante de l'étude est le fait que la plupart des expositions accidentelles de modérées à graves étaient mal gérées par le personnel soignant et les médecins. Nous pensons qu'une meilleure éducation est de rigueur sur l'importance de prendre des mesures strictes d'évitement des allergènes et de gérer les chocs anaphylactiques rapidement et correctement.»

Demandes d'entrevue

Sabrine Cherkaoui n'est actuellement pas en mesure d'accorder des entrevues aux médias.

À propos de cette étude

Sabrine Cherkaoui, Moshe Ben-Shoshan, Reza Alizadehfar, Yuka Asai, Edmond Chan, Stephen Cheuk, Greg Shand, Yvan St-Pierre, Laurie Harada, Mary Allen et Ann Clarke ont publié Accidental exposures to peanut in a large cohort of Canadian children with peanut allergy dans Clinical and Translational Allergy le 2 avril 2015.

Dre Cherkaoui est affiliée à l'Université de Montréal. MM. Ben-Shoshan et Alizadehfar sont affiliés à l'Université McGill, MM. Shand et St-Pierre au Centre universitaire de santé McGill, Mme Asai à l'Université Queen's, M. Chan à l'Université de la Colombie-Britannique et Mme Clarke à l'Université de Calgary. M. Cheuk est allergologue et immunologue à Calgary, en Alberta. Mme Harada est membre d'Anaphylaxis Canada, tandis que Mme Allen fait partie de l'Association d'information sur l'allergie et l'asthme de Toronto. Cette étude a été financée par la Fondation de l'Hôpital de Montréal pour enfants, la Fondation du Centre universitaire de santé McGill et le Réseau des allergies, des gènes et de l'environnement (AllerGEN).

Personne-ressource auprès des médias :

William Raillant-Clark
Attaché de presse à l'international
Université de Montréal
Tél. : 514 343-7593