Exposition des finissants de la Faculté de l'aménagement: une réussite... de fond et de forme!

En 5 secondes

Plus de 250 projets ont été présentés à l'occasion de l'exposition 2015 des finissants de la Faculté de l'aménagement de l'Université de Montréal, où la créativité était à l'honneur.

 

L'acte de création en aménagement est alimenté par la dualité et la synergie du fond et de la forme, et c'est ce qui a été illustré de belle façon à l'exposition 2015 des finissants de la Faculté de l'aménagement, tenue dans le pavillon du même nom du 30 avril au 2 mai.

À cette occasion, plus de 250 projets ont été présentés, témoignant de la sensibilité des étudiants à leur environnement, de leur force créative et de leur capacité à exprimer leurs convictions au terme d'un parcours qui a contribué à forger leur pensée critique. L'exposition regroupait cette année les projets des finissants en architecture, architecture de paysage, design industriel, design d'intérieur, design de jeux, design urbain et urbanisme.

Réalisés sur le thème «Fond|Forme», les projets des étudiants démontrent à quel point les limites de la conception sont constamment repoussées par les avancées techniques, et combien celles-ci permettent de créer des formes, des espaces et des objets d'une diversité inouïe.

Forum vous présente quelques-unes de ces réalisations.

 

ARCHITECTURE

Un pont des festivals pour Sorel-Tracy

Jérôme Descheneaux et la maquette de son projet de pont des festivals de Sorel-TracyC'est entre Sorel et Tracy que le tout premier pont ferroviaire à enjamber la rivière Richelieu a été érigé. Mis en service en 1896, il est utilisé jusqu'en 1979, année où il est cédé aux industriels de Sorel et de Tracy installés sur les rives du cours d'eau. Mais, en 2002, un bateau heurte le pont et détruit son axe central, qui était pivotant.

Dans son projet de fin d'études, Jérôme Descheneaux a voulu redonner vie à cette installation en ruine en la consolidant pour en faire un pont des festivals. Il a proposé d'y réintégrer une structure centrale pivotante, comme à l'origine, afin de permettre le passage des bateaux.

Étant recouverte, la nouvelle structure centrale pourra accueillir des spectacles ou des foires-expositions lorsqu'elle pivotera parallèlement à la rivière, tandis qu'une partie du pont sera utilisée comme parterre et deviendra un lieu de rassemblement. Une fois que la partie centrale sera redevenue perpendiculaire à la rivière, l'usager pourra la traverser et atteindre le parc, accessible hiver comme été.

Ce projet permet donc à la fois de relier les deux rives et d'offrir aux résidants un autre point pour des rassemblements ponctuels, engendrant ainsi une nouvelle dynamique urbaine susceptible de rehausser l'attraction de la ville de Sorel-Tracy. À noter que les dirigeants de la municipalité se sont montrés intéressés par le projet de Jérôme Descheneaux, natif de la région!

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Un pont des festivals pour Sorel-Tracy
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ARCHITECTURE DE PAYSAGE

Rendre le parc Rutherford accessible et attrayant

Julien Moliera, Philippe Asselin et Jeremy Hamel devant l'affiche exposant leur projet d'urbanismeÀ la suite des grands incendies de Montréal au milieu du 19e siècle, la Ville fit construire le réservoir McTavish sur les terrains de l'Université McGill en 1852 pour aider les sapeurs-pompiers à mieux combattre le feu à l'avenir. En 1947, le réservoir fut recouvert pour devenir le parc Rutherford – aménagé sous forme de plaine gazonnée.

C'est pour redonner vie à ce parc peu fréquenté parce que peu accessible que les finissants Philippe Asselin, Jeremy Hamel et Julien Moliera ont entrepris un projet qui s'inscrit dans la réinterprétation du lien fleuve-montagne, proposée par la Ville de Montréal à l'occasion du 375e anniversaire de la métropole.

Pour désenclaver ce site au potentiel panoramique unique, ils proposent un tracé à la perspective plus large, avec une promenade allant du parc Jeanne-Mance jusqu'au parc Rutherford, en profitant du prolongement du chemin Olmstead.

Le parcours du parc Rutherford respectera les lignes sinueuses du relief et comprendra un passage en hauteur grâce à une terrasse surélevée de 10 mètres, pour un regard nouveau sur la ville.

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Rendre le parc Rutherford accessible et attrayant
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DESIGN INDUSTRIEL

Un masque d'assistance respiratoire pour les enfants

Jenna Dugain et son masque SPIROJenna Dugain a créé un masque d'assistance respiratoire personnalisé destiné aux enfants souffrant de maladies neuromusculaires – telle l'amyotrophie spinale – qui les empêchent de respirer par eux-mêmes lorsqu'ils dorment.

Son idée lui est venue en observant les masques actuellement vendus sur le marché : tous sont produits en série et sont faits pour une clientèle adulte. Ils causent parfois des plaies et des déformations crâniennes chez les enfants qui doivent les utiliser à long terme.

Jenna Dugain a donc élaboré un masque qui épouserait parfaitement le visage des jeunes, en imaginant un procédé de moulage semblable à celui appliqué par les orthésistes.

Baptisé SPIRO, le masque est fabriqué à partir de «silon», un polyester dans lequel on lamine du silicone pour permettre à la peau de respirer (ce matériau est notamment employé pour traiter les grands brûlés). Par un procédé thermique, on donne ainsi au masque une forme qui s'adapte exactement au visage. La forme du masque répartit la pression sur l'ensemble du visage, tandis que le silicone permet d'éviter la formation de plaies.

https://www.youtube.com/watch?v=ei2HX49UwP4Voir le clip

Un masque d’assistance respiratoire pour les enfants
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Un quai en forme de péninsule pour profiter de la rive autrement

Le concept de quai sous forme de péninsule, imaginé par Francis PionFrancis Pion trouvait que les quais proposés par le marché aux résidants des abords d'un cours d'eau étaient d'un usage limité et ne favorisaient pas un milieu de vie dynamique.

Aussi s'est-il inspiré de la forme d'une péninsule pour imaginer un concept en harmonie avec l'environnement terrestre et qui créerait un lien entre l'eau et la rive.

Ce quai nouveau genre devient le point central des activités pratiquées sur l'eau par les propriétaires, tout en offrant une plateforme semblable à une toile de hamac à son extrémité où l'on peut se faire bronzer le jour ou regarder les étoiles la nuit tombée.

Faite de planches de bois arrondies pour éviter les échardes et les éraflures, la péninsule est munie d'une échelle élargie qui permet d'y accéder sans difficulté quand on est dans l'eau; le quai permet aussi de monter facilement dans les embarcations basses tels le canot ou le kayak et rend possible l'accostage des chaloupes de l'autre côté.

 


 

Un kart électrique pour s'amuser sans polluer

Simon LalibertéFaire du karting intérieur peut être une expérience exaltante, mais le bruit des moteurs et l'odeur des vapeurs d'essence en rebutent plus d'un.

Amateur de kart lui-même, Simon Laliberté a fait montre d'ingéniosité pour concevoir de toutes pièces un véhicule en aluminium alimenté par deux piles converties de 24 volts, doté d'un moteur de 800 watts rendant possibles des performances comparables ou supérieures à celles des modèles traditionnels, qui roulent à 30 kilomètres à l'heure. Le véhicule pourrait même être propulsé par un moteur de 2000 watts qui lui ferait atteindre 70 kilomètres à l'heure, sans compter qu'un moteur électrique offre des accélérations plus vives que les moteurs à essence, même à bas régime!

Autre particularité de ce minibolide, il n'est muni que de trois roues : les deux roues avant destinées à la direction et la roue arrière. Située au centre du véhicule, cette roue de propulsion ne requiert pas de différentiel, susceptible de provoquer des dérapages dans les courbes prononcées. Cette caractéristique permet d'économiser sur un quatrième pneu et évite de devoir intégrer et entretenir un système de freinage, puisque le frein est mû par le moteur électrique!

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Un kart électrique pour s’amuser sans polluer
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DESIGN D'INTÉRIEUR

ÔM : le yoga et la méditation en milieu urbain

Blanche Caron exposant son projet ÔMConçu par la finissante Blanche Caron, ÔM est un projet au nom évocateur : il s'agit d'un centre de yoga et de méditation sous la forme d'une micro-unité autonome qu'elle propose d'installer dans le square Victoria, à Montréal – un peu à l'instar de celles qu'on trouve dans le Quartier des spectacles de la métropole et qui abritent deux restaurants.

Cette micro-unité d'environ 500 pieds carrés (ou 45 mètres carrés) comporte deux modules, l'un permettant la circulation des clients-usagers, l'autre constituant le studio. Celui-ci est vitré et surplombé d'une enveloppe ajourée et transparente produisant des jeux de lumière qui créent une ambiance à la fois apaisante et énergisante.

Contrairement aux multiples centres de yoga ou de méditation, cette micro-unité peut être implantée facilement dans plusieurs lieux.

D'ailleurs, Blanche Caron croit que, après une première incursion au square Victoria, son concept pourrait être exporté dans d'autres endroits de la ville, par exemple dans des parcs de quartiers résidentiels, le long du canal de Lachine ou – pourquoi pas? – sur les campus!

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ÔM : le yoga et la méditation en milieu urbain
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Le grand départ : un centre funéraire areligieux

Bousculant le tabou qui entoure souvent la mort et, à fortiori, lorsque vient le moment pour une personne athée ou agnostique de choisir un rite funéraire, Marie-Ève Labelle propose un lieu funéraire religieusement neutre situé à Rawdon, dans la région de Lanaudière.

L'endroit offre un parcours de type muséal où différents murs avec des niches comportent des écrans affichant des images de la personne disparue et d'autres de différents objets ou vêtements lui ayant appartenu. Des pièces feutrées et insonorisées permettent aux endeuillés de vivre leur douleur et de pleurer sans gêne le long du parcours, lequel permet de visiter la salle où est exposé le mort, si désiré.

À cet égard, Marie-Ève Labelle se montre audacieuse en proposant que le corps soit installé sur une chaise longue surélevée, en position mi-assise, de façon que sa tête soit à la hauteur de celle des visiteurs «afin de permettre un dernier tête-à-tête avec le défunt».

À l'étage, une salle aménagée comme un bar-salon sert à la fois de lieu de cérémonie et de lieu de rencontre.

Reposant sur une approche écoresponsable, le projet prévoit la revalorisation du béton et du bois dont l'immeuble est conçu. De plus, la dépouille serait transférée dans une chambre de résomation. Il s'agit d'un procédé non polluant et naturel par lequel une solution composée d'eau, de soude et de potasse liquéfie les tissus.

 


 

URBANISME

Se réapproprier la route 132 dans le Bas-Saint-Laurent

Pour Émile Maheu Forest, la 132 est plus qu’une route: c’est un paysage.En réaction à l'annonce du prolongement de l'autoroute 20 dans le Bas-Saint-Laurent, entre Cacouna et le secteur du Bic à Rimouski, Émile Maheu Forest est allé à la rencontre de différents acteurs politiques et économiques des huit municipalités et des trois municipalités régionales de comté qui sont actuellement reliées par la route 132 afin de susciter chez eux une réflexion sur l'avenir de leur territoire une fois que le nouvel axe autoroutier aura été mis en service.

À l'aide des 400 photos qu'il avait préalablement prises des différents lieux bordant cette route et qu'il a soumises à chacun des intervenants, il a tiré le constat suivant : la 132 provoque une grande émotion chez ces acteurs et sa valeur va au-delà de la simple infrastructure de transport.

C'est ainsi que le projet d'urbanisme qu'a élaboré Émile Maheu Forest prend la forme d'une véritable action civique visant à rassembler les gens autour d'une entreprise collective qui s'étend sur plus de 67 kilomètres! Le but : se réapproprier les milieux de vie, dont le fleuve auquel on a tourné le dos depuis 1930 en raison des grands vents qu'il apporte.

Émile Maheu Forest a constaté que, de façon «assez unanime, la peuplade de terrains qui borde la route 132 devrait faire l'objet d'une vision collective pour redonner des espaces publics de qualité aux différents villages et villes du territoire, et se réinventer un milieu de vie et d'attraits touristiques dans le respect de l'unicité de chacune des municipalités».

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Se réapproprier la route 132 dans le Bas–Saint-Laurent
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