Une nouvelle arme contre le gras

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Un médicament pour combattre le déficit héréditaire en lipoprotéine lipase testé en Europe par des chercheurs québécois sera bientôt disponible au Québec.

2015-05-13_capsule_santeLes patients victimes du déficit héréditaire en lipoprotéine lipase (LPL), un dérèglement du métabolisme des matières grasses organiques, doivent suivre un régime faible en gras, non pas pour contrôler leur poids, mais pour rester en vie.

Bonne nouvelle : un médicament testé par des chercheurs québécois vient d'être approuvé en Europe et pourrait être prochainement disponible au Québec.

Le déficit en LPL, aussi appelé «hypercholestérolémie héréditaire», est une maladie très rare liée à un gène défectueux. Celui-ci produit alors peu ou pas de lipoprotéine lipase, l'enzyme responsable de convertir un type de molécules lipidiques appelées «triglycérides» en carburant énergétique essentiel au fonctionnement des cellules de l'organisme.

Sans LPL, le gras s'accumule et peut boucher les vaisseaux sanguins. S'ensuivent des douleurs abdominales sévères, des troubles cardiovasculaires, le diabète et des pancréatites aiguës potentiellement mortelles.

Cette déficience ne touche qu'une personne sur un million dans le monde, mais on trouve au moins 45 000 porteurs de cette anomalie dans la province du Québec. La population canadienne-française présente la fréquence mondiale la plus élevée de cette maladie.

Pour cette raison, la société européenne UniQure a fait appel au docteur Daniel Gaudet, chercheur et professeur au Département de médecine de l'Université de Montréal, et au docteur André Carpentier, chercheur au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke, pour valider les effets de leur médicament Glybera® sur des sujets humains.

Cette première thérapie génique utilise un virus désactivé pour livrer des copies intactes du gène LPL dans les cellules musculaires, afin de reprogrammer la production de l'enzyme «antigraisse».

«Nos mesures ont démontré que le traitement fait diminuer jusqu'à cinq fois le niveau des triglycérides, ce qui se traduit par un taux de pancréatite plus bas, voire nul», témoigne André Carpentier, dont les analyses ont contribué à faire approuver Glybera® pour la commercialisation auprès de la Commission européenne.

D'autres tests devraient être menés prochainement afin de recueillir davantage de données et permettre l'autorisation de ce médicament en Amérique du Nord.

Source : Fonds de recherche du Québec