Népal : la terre a tremblé sous les pieds de Valérie Gauthier

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  • Le 25 mai 2015

  • Mathieu-Robert Sauvé

En 5 secondes

L'étudiante Valérie Gauthier revient d'une mission humanitaire au Népal.

 

La coopérante québécoise Valérie Gauthier travaillait à implanter un système d'eau potable dans un village du sud du Népal le 12 mai, lorsque le sol s'est mis à trembler violemment sous ses pieds. «Le tremblement de terre a duré moins d'une minute, mais c'était très angoissant. 

La coopérante québécoise Valérie Gauthier travaillait à implanter un système d'eau potable dans un village du sud du Népal le 12 mai, lorsque le sol s'est mis à trembler violemment sous ses pieds. «Le tremblement de terre a duré moins d'une minute, mais c'était très angoissant. Les gens criaient et couraient autour de nous pour se mettre à l'abri», raconte l'étudiante au certificat en gestion financière de HEC Montréal de retour d'une mission humanitaire au Népal, du 28 avril au 18 mai derniers, sous la supervision de L'Œuvre Léger.

Heureusement, l'équipe d'intervention s'affairait dehors, loin des bâtiments qui risquaient de s'écrouler. D'une magnitude de 7 sur l'échelle de Richter, le séisme du 12 mai a été beaucoup moins violent que le premier, survenu le 25 avril, qui a provoqué une hécatombe chez les Népalais, le nombre des victimes dépassant les 7000 morts. Valérie Gauthier était sur place afin de venir en aide à la population à la suite d'un appel d'urgence lancé dans le réseau international de coopérants. Elle s'est portée volontaire le 26 avril et a pris l'avion pour l'Asie le surlendemain.

La journée de travail des coopérants s'est modifiée à la suite des secousses. Il a fallu revenir à Katmandou, la capitale, pour faire le point et redéfinir les priorités avec les collaborateurs internationaux qui avaient établi leur quartier général dans un hôtel. «Il semble que le second séisme ait causé beaucoup moins de dommages que le premier, mais le bilan définitif est difficile à tracer en raison des problèmes de communication dans le pays», explique-t-elle. Des glissements de terrain, dont elle a pu constater l'ampleur en région rurale, ont compliqué les interventions.

Le pire à venir?

La trentenaire en était à sa troisième expérience de coopération internationale en cinq ans, après des séjours au Burkina Faso et aux Philippines. Elle collabore depuis 2013 avec l'organisme humanitaire laïque fondé par le cardinal Paul-Émile Léger et son frère Jules en 1981. En plus d'amasser des fonds pour la coopération internationale, il envoie des bénévoles dans des pays touchés par des catastrophes naturelles. L'Œuvre Léger a mis sur pied il y a deux ans un volet intervention axé sur l'aide à l'enfance, mentionne la responsable des communications de l'organisme, Catherine Aubry. Il est déployé en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie. La mission au Népal était menée en collaboration avec l'association caritative ontarienne GlobalMedic et Voice of Children, du Népal.

Pour Valérie Gauthier, la mission s'est plutôt bien déroulée, en dépit des difficultés associées à la reconstruction. «On craint les pluies qui accompagneront la mousson dans les prochaines semaines. Cela pourrait occasionner des problèmes liés à l'hygiène publique et à la salubrité des eaux. Les cas de maladies infectieuses pourraient exploser.»

Malgré les images de dévastation parvenues dans les médias occidentaux, la ville de Katmandou ne ressemblait pas à un champ de ruines. Plusieurs habitations sont demeurées intactes, du moins en apparence. C'est le constat que la jeune femme a fait à son arrivée au Népal. Mais le spectacle était tout autre à l'extérieur des grands centres. «Il y a des villages à moins d'une heure de la capitale qui ont été complètement détruits. Plus un seul bâtiment debout! Aucune canalisation, pas de toilettes dans les villages rasés!»

Sa crainte est de voir l'aide internationale disparaître à mesure que l'actualité repousse le désastre naturel du Népal aux dernières pages des journaux. «Il y a tant à faire encore», lance-t-elle dans un soupir.

Aider pour se sentir utile

Triple diplômée de l'Université de Montréal (baccalauréat en science politique, certificat en relations publiques et certificat en coopération internationale) et travaillant actuellement pour les caisses Desjardins à la direction des comptes d'entreprise, Valérie Gauthier ressent le besoin d'apporter son aide aux communautés démunies depuis sa première mission humanitaire, en 2012. Un de ses amis cherchait des volontaires pour un projet de prévention et de dépistage du VIH-sida au Burkina Faso. Grande voyageuse dans l'âme, elle quitte son emploi pour s'engager dans le projet. Elle revient trois mois plus tard, enchantée de son expérience. Elle suivra l'année suivante une formation en intervention en milieu de crise. «Je crois que j'aime me sentir utile, dit-elle. On a la responsabilité de venir en aide aux populations dans le besoin quand on vit dans un pays où la vie est facile... Et il y a aussi cette adrénaline qui fouette quand on fait face à des situations d'urgence.»

Valérie Gauthier n'oubliera pas de sitôt le tremblement de terre du Népal. «J'ai tout de suite compris qu'il s'agissait d'un séisme même si c'était la première fois, personnellement, que j'en vivais un», relate-t-elle.

Elle a réintégré son emploi au complexe Desjardins, à Montréal, et repris ses études à HEC Montréal, mais elle demeure sur la liste des volontaires prêts à partir là où les besoins sont les plus urgents.

Mathieu-Robert Sauvé