Les psychologues présentent leurs Amours gitanes

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  • Le 26 mai 2015

  • Mathieu-Robert Sauvé

En 5 secondes

Des psychologues des Services aux étudiants présentent au Centre d'essai un spectacle multimédia inspiré des amours gitanes, du 4 au 6 juin.

Les artistes ont été appuyées par une danseuse professionnelle. Photo : Amélie Philibert«L'amour est au centre de nos histoires. C'est ce qui nous transporte et nous fait rêver, mais aussi ce qui nous fait mal», lance Dania Ramirez, auteure avec Josée Sabourin d'une création chorégraphique et théâtrale qui prend l'affiche le 4 juin à l'Université de Montréal et intitulée Amours gitanes.

Mme Ramirez sait de quoi elle parle. Psychologue au Centre étudiant de soutien à la réussite (CESAR), elle constate plus souvent qu'à son tour les effets des amours malheureuses; ce n'est pas toujours facile de donner les outils à ses clients pour qu'ils se reconstruisent. Mais, quand est venu le temps de composer les 24 tableaux du spectacle donné au Centre d'essai de l'Université de Montréal, l'amour a été l'étincelle de départ, puis le liant entre les scènes. Amour maternel, amour poétique, amour passionnel, amours impossibles, les thèmes se succèdent en se superposant. Le tout sur des musiques de flamenco et de folklore tsigane. «On aborde la quête, on cherche, on s'emballe, on coule puis on remonte. C'est aussi ça l'amour», dit en riant sa complice, également psychologue au CESAR.

Dania Ramirez, Josée Sabourin et Stéphanie Zimmer. Photo : Amélie Philibert.Voilà la particularité de cette troupe improbable. À deux exceptions près, les danseuses sont des cliniciennes des Services aux étudiants (le CESAR et le Centre de santé et de consultation psychologique). Après un premier spectacle couronné de succès en 2013 (Caravane), les thérapeutes-artistes ont entrepris un deuxième opus, sur lequel elles travaillent depuis deux ans. Le processus de création s'est intensifié il y a quelques mois. À la répétition du 12 mai, les chorégraphies étaient presque au point et l'on sentait de la fébrilité à l'approche de la première.

«Assister à Amours gitanes, c'est venir danser avec les états d'âme de nos sentiments amoureux, promet le programme du spectacle multimédia. C'est laisser place au corps féminin dans la danse, avec ses couleurs uniques, tel qu'il est. C'est retrouver cette force en soi et la partager, pour le plaisir de danser!»

Stéphanie Zimmer. Photo : Amélie Philibert

Stoppée par la chimiothérapie

Membre de l'équipe du Centre de santé et de consultation psychologique, Stéphanie Zimmer avait participé à l'aventure de 2013. Mais la maladie l'a contrainte à réduire sa participation à l'aventure de cette année. Atteinte d'un cancer de l'ovaire, la psychologue a dû se soumettre sans tarder à des séances de chimiothérapie pour limiter la progression de la tumeur. «J'aurais peut-être pu faire le spectacle, mais j'ai préféré me retirer et travailler à l'organisation technique du spectacle», explique-t-elle aujourd'hui.

En vertu de ses talents d'artiste et de vidéaste, elle s'est chargée du volet cinématographique du spectacle de 2015. Ses quatre films seront projetés durant les chorégraphies. De plus, elle exposera ses tableaux dans le hall du Centre d'essai. Un pourcentage du produit des ventes sera versé à la cause. «Le cancer de l'ovaire est encore méconnu», déplore-t-elle.

C'est pour lui rendre hommage que les danseuses remettront à la fondation de l'Institut du cancer de Montréal les fonds recueillis à l'issue des trois représentations. «Elle est avec nous depuis le début et nous avons trouvé que c'était une bonne occasion d'exprimer notre solidarité à son égard», mentionne Dania Ramirez.

Mme Sabourin ajoute que le processus de création a été très stimulant, compte tenu des circonstances. «J'ai trouvé ça très libérateur. Mais c'était aussi déstabilisant, car nous avons été poussées à plusieurs reprises en dehors de notre zone de confort.»

Chose certaine, le projet a graduellement gagné des adeptes aux Services aux étudiants tout en favorisant le sentiment d'appartenance au sein de cette équipe aux multiples visages. «Au début, personne n'a beaucoup de temps à consacrer à un loisir comme celui-là, tout de même assez accaparant. Puis, à mesure qu'on avance, l'énergie se multiplie et on a vraiment senti que le groupe se l'est approprié», raconte Mme Ramirez.

Le processus a nécessité une fin de semaine intensive de réflexion, l'automne dernier, retraite durant laquelle les participantes ont donné libre cours à leur créativité. Une séance de prise de parole a donné lieu à d'intéressants échanges sur les hommes et les femmes. Certains ont été repris dans les textes adaptés par Josée Sabourin.

Les artistes (Chantal Gravel, Louise Poulin, Mylène Hazel, Marie-Ève Landry, Magalie Loiselle, Karen Debas et Jee-Yung Caillaux) ont été appuyées par une danseuse professionnelle (Nilma Qamar). Une violoniste, Anne-Isabelle Bourdon, conseillère aux Services aux étudiants, fait aussi partie du spectacle.

Mathieu-Robert Sauvé

Amours gitanes, de Dania Ramirez et Josée Sabourin :

  • 4 juin à 19 h
  • 5 juin à 18 h 30
  • 6 juin à 19 h

Centre d'essai,
Pavillon J.-A.-DeSève
2332, boulevard Édouard-Montpetit
6e étage
Billets : 20 $ (enfants : 10 $)