Marius Chiasseu, coup de coeur du public au concours MT180

 

Le doctorant Marius Chiasseu représentera l'UdeM lors de la finale nationale du concours Ma Thèse en 180 secondes au congrès de l'ACFAS (photo: Amélie Philibert).Le mercredi 27 mai avait lieu la finale nationale du concours Ma Thèse en 180 secondes (MT180) de l'ACFAS. Rencontre avec le représentant de l'Université de Montréal, Marius Chiasseu, doctorant en neurosciences au Département de pathologie et biologie cellulaire qui s'est illustré avec le 2e Prix du jury et le Prix du public. Marius Chiasseu prendra part à la finale internationale à la Paris, au mois d'octobre 2015.

 

 

Visionnez la présentation de Marius au concours en plaçant votre curseur à 30:00

Décrivez votre projet de recherche en quelques mots...

J'étudie les points communs entre le glaucome et la maladie d'Alzheimer, notamment le rôle que joue la protéine Tau dans la perte des neurones. Une des retombées de mon projet est de montrer que la rétine peut être utilisée comme une « fenêtre » sur le système nerveux central, afin de pouvoir faire des diagnostics précoces de ces maladies.

Pourquoi avoir participé au concours Ma Thèse en 180 secondes?

Jusqu'à présent, toutes les communications scientifiques que j'ai eues à faire se sont faites devant un auditoire scientifique. Je n'avais jamais eu l'opportunité de présenter mes travaux à un plus large public, alors c'est une excellente tribune. Ça m'a néanmoins demandé un effort de vulgarisation considérable, puisque je devais condenser presque 4 ans de travaux de recherche en 3 minutes!

Comment vous sentez-vous à la veille du concours de l'ACFAS?

Peu importe le dénouement ce soir, c'est déjà un immense honneur de représenter l'Université de Montréal, l'une des plus prestigieuses universités francophones au monde.

Pouvez-vous décrire votre discipline en un mot?

J'utiliserais le slogan de l'ACFAS : Sortir des sentiers battus. Le système nerveux est encore plein de mystères et de nombreux paradigmes qui ont longtemps été tenus pour vrais ne s'appliquent pas toujours avec le système nerveux. Par exemple, on a longtemps pensé que la seule façon d'établir un diagnostic formel de la maladie d'Alzheimer, c'était de manière post mortem. Maintenant, on travaille à montrer les marqueurs pathologiques de la maladie qui se manifestent déjà dans la rétine. Et cela nécessite des outils et des façons de penser non traditionnels. Pour faire des découvertes, il faut sortir des sentiers battus, sortir des idées déjà établies.

Comment êtes-vous arrivé à l'UdeM?

Par un parcours atypique! J'ai commencé mes études au Cameroun en kinésithérapie et j'ai poursuivi avec un master en neurosciences, que j'ai terminé en France. C'est lors de ces études en France que j'ai obtenu une bourse pour assister au congrès de la Société canadienne de neurosciences. J'ai alors rencontré la Dre Adriana Di Polo, aujourd'hui ma directrice de thèse, qui travaillait sur le glaucome et j'étais vraiment intéressé à travailler avec elle. C'est alors que je me suis retrouvé au Canada, plutôt que de retourner au Cameroun après le master!

Vos plans de vie ont changé depuis votre arrivée à Montréal?

Ah oui, les plans ont absolument changé! À la fin de mes études, je vais faire ma demande de résidence permanente parce que ce qui m'a frappé ici, c'est la qualité de la recherche, surtout la recherche fondamentale en neurosciences. Quand je me rends à des congrès internationaux, j'ai la confirmation que Montréal est l'un des grands pôles de recherche au Canada, et même dans le monde. Lorsque j'interagis avec des étudiants et des chercheurs d'ailleurs, je réalise aussi la réputation des établissements d'enseignement et de recherche montréalais. Pour moi, il n'y a pas meilleur endroit pour poursuivre ce qui me passionne.

Comment s'est développé cet intérêt pour les neurosciences?

En fait, après mes études de premier cycle, j'ai travaillé pendant un an comme kinésithérapeute. Je me suis rapidement passionné pour le mystère du système nerveux parce que, chez mes patients, ceux qui souffraient de lésions nerveuses n'arrivaient pas à récupérer adéquatement.

Avez-vous un endroit coup de cœur à Montréal?

Bibliothèque et Archives nationales du Québec, parce que je viens d'un pays où l'accès au savoir n'est pas aussi facile qu'ici. Les gens d'ici ne réalisent peut-être pas cette chance, mais c'est énorme. Ces grandes bibliothèques... et c'est gratuit!

Marilou Garon
Photo : Amélie Philibert