Docteure Lise Bissonnette clôt l'une des grandes aventures intellectuelles de sa vie

  • Forum
  • Le 1 juin 2015

  • Mathieu-Robert Sauvé

En 5 secondes

Lise Bissonnette a reçu son grade de docteure de l’UdeM le 29 mai dernier. Elle a rédigé une thèse qualifiée d'exceptionnelle par le jury et portant sur le fils de George Sand, Maurice.

Bien que titulaire de neuf doctorats honoris causa, Mme Bissonnette a mis la dernière main cette année à son propre projet de doctorat.En recevant des mains du recteur, Guy Breton, le parchemin confirmant son statut de diplômée du doctorat à la collation des grades du 29 mai dernier, Lise Bissonnette était «déjà nostalgique» du travail réalisé ces cinq dernières années sous la direction de Michel Pierssens, professeur au Département des littératures de langue française de l'Université de Montréal.

 

«Cela aura été l'une des grandes aventures intellectuelles de ma vie», a confié à Forum l'ancienne directrice du Devoir et de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, actuellement présidente du conseil d'administration de l'UQAM.

C'est au fils de George Sand, Maurice (1823-1889), artiste et romancier aussi méconnu que talentueux, qu'elle a consacré sa thèse, parcourant pas moins de 14 fonds d'archives en France et aux États-Unis, où se trouvent des pièces uniques de la succession de la baronne Dudevant, Amantine Aurore Dupin, alias George Sand (1804-1876). La thèse, qui compte plus de 425 pages, sera publiée éventuellement et une exposition sur l'œuvre de Maurice Sand est en préparation.

Le professeur Stéphane Vachon, présent à sa soutenance le 19 mars, a souligné dans son rapport le travail d'enquête de la doctorante : «Aucun résultat ne pouvait être obtenu sans une très vaste et très fine connaissance de la bibliographie, de la critique et des études sandiennes – que Lise Bissonnette, s'inscrivant ici dans le fil de recherches déjà établies, maîtrise parfaitement.» M. Vachon a mentionné que cette thèse «appartient au très petit nombre de celles dont un département d'études littéraires et une université peuvent et doivent s'honorer».

Le jury, constitué de MM. Pierssens et Vachon ainsi que des professeurs Martine Reid, de l'Université Lille 3, et Jean-Yves Mollier, de l'Université de Versailles?Saint-Quentin-en-Yvelines, a attribué à la thèse la plus haute mention, «exceptionnelle», et l'a inscrite sur la prestigieuse liste d'honneur du doyen.

Pour Mme Bissonnette, la soutenance a constitué un moment chargé d'émotion. «J'avais le trac comme un comédien qui s'apprête à monter sur scène. Mais j'avais l'aplomb de ceux qui possèdent bien leur sujet. Les questions étaient pertinentes, sans complaisance. Nous avons d'ailleurs eu un échange sur la place de Pierre Bourdieu dans les études littéraires.»

Se disant «très respectueuse de l'institution universitaire», Mme Bissonnette ne voulait surtout pas manquer la cérémonie de la collation des grades. Bien qu'elle soit titulaire de neuf doctorats honoris causa, elle a toujours eu le regret de ne pas avoir mené à terme un premier projet de doctorat, dans les années 70, happée par le monde du travail.

Au cours des dernières années, elle a particulièrement apprécié d'être accompagnée par M. Pierssens. Elle a dû mettre les bouchées doubles pour respecter les délais, car elle a honoré des mandats exigeants durant sa scolarité, notamment la coprésidence, avec John Porter, du chantier sur la loi-cadre des universités, mis en branle au Sommet sur l'enseignement supérieur, en 2013.