Un doctorat... Pour quoi faire?

  • Forum
  • Le 1 juin 2015

  • Dominique Nancy

En 5 secondes

Le programme Les saisons de la FESP mise sur un ensemble de formations et d'activités offertes aux étudiants des cycles supérieurs qui veulent préparer leur intégration au marché du travail.

De gauche à droite : Catherine Fouron, Alexandre Lehmann, Rock Chouinard, Caroline Renaud, conseillère en communication à la FESP, et Julie Gosselin. Photo : Amélie Philibert.

 

Le doctorat, c'est le Graal des diplômes universitaires. Pour l'obtenir, l'étudiant aura fait preuve de beaucoup de patience et de détermination. Une cérémonie avec toge et mortier couronnera plusieurs années de formation en recherche. Mais cette réussite n'est plus, comme autrefois, la garantie qu'il accédera à un poste de professeur d'université.

 

 

«Seulement 35 % des doctorants deviennent chercheurs dans une université. La majorité d'entre eux vont entreprendre des carrières dans le secteur public ou privé, en dehors du milieu de l'enseignement. Environ 50 % travailleront en recherche et développement sur une thématique qui n'a rien à voir avec leur sujet de thèse», a mentionné le docteur en neurosciences cognitives Alexandre Lehmann au cours d'une conférence intitulée «Le doctorat... Pour quoi faire?» organisée par la Faculté des études supérieures et postdoctorales (FESP) de l'Université de Montréal le 13 mai dernier, à l'occasion du lancement officiel des Saisons de la FESP et de son microsite consacré au développement professionnel des étudiants.

Le but de la communication de ce professeur associé de l'UdeM et consultant pour la firme Adoc Talent Management n'était pas de décourager les doctorants et les stagiaires postdoctoraux, mais plutôt de les sensibiliser à l'importance d'élaborer un projet professionnel et d'envisager les différentes perspectives de carrière qui s'offrent à eux. La diversité des domaines d'études conduit aussi bien à des professions orientées vers la recherche et l'enseignement, l'administration publique ou la gestion de la santé qu'à des activités commerciales, de communication et de marketing et à des emplois de cadres supérieurs en entreprise.

Mais la question de l'insertion professionnelle des doctorants n'en demeure pas moins pertinente, puisqu'il y a un vide en matière d'employabilité entre la fin des études et l'obtention d'un emploi. Il faudra parfois plusieurs mois avant que le titulaire d'un doctorat décroche un boulot à la hauteur de ses aspirations. «Les docteurs représentent un vivier de compétences pour les entreprises, a indiqué M. Lehmann. Plusieurs savoir-faire et compétences transversales sont acquis durant des études de troisième cycle, notamment une capacité de synthèse, une méthodologie de travail, une faculté d'adaptation, un sens critique, une aisance avec l'écrit... Ce sont ces atouts que les nouveaux docteurs doivent faire valoir auprès des recruteurs.»

À un clic de l'insertion!

C'est pour accroître davantage le développement de compétences et l'employabilité des doctorants que Les saisons de la FESP ont été conçues, a rappelé Roch Chouinard aux quelque 70 doctorants et  stagiaires postdoctoraux qui ont pris part au lancement. «Les universités ont l'obligation de se préoccuper du devenir de leurs étudiants, a affirmé le vice-recteur adjoint aux études supérieures et doyen de la FESP. Aux cycles supérieurs, cela signifie accompagner les étudiants dans la définition de leur projet de carrière et leur offrir l'occasion d'étendre leurs compétences et de développer leur habileté à les transférer dans des sphères diverses de la vie active.»

Pour ce faire, le programme de la FESP, qui a été mis sur pied graduellement ces dernières années, mise sur un ensemble de formations et d'activités, dont une école d'été doctorale et postdoctorale, les Journées études supérieures et projet emploi, des séminaires d'insertion professionnelle, des cours pluridisciplinaires variés ainsi que des conférences, forums et tables rondes.

«Aujourd'hui, plus d'une trentaine d'activités gratuites sont proposées annuellement aux étudiants des cycles supérieurs et aux stagiaires postdoctoraux qui souhaitent préparer leur intégration à un marché de l'emploi compétitif», a signalé la vice-doyenne de la FESP, Julie Gosselin, qui a décrit les grandes lignes de ce programme offert en collaboration avec différents partenaires institutionnels (entre autres les Services aux étudiants et les Services de soutien à l'enseignement) et extérieurs.

Catherine Fouron, analyste de séminaires à la faculté, a pour sa part présenté le microsite où sont regroupées les activités en fonction des quatre axes principaux de développement professionnel. Grâce à un moteur de recherche convivial qui permet d'effectuer des recherches selon l'axe de développement choisi, le type de compétences acquises ou la saison à laquelle sera donné le cours ou l'atelier, les étudiants peuvent explorer les nombreuses formations de la FESP et composer un programme personnalisé correspondant à leurs besoins. Ce microsite est le fruit d'une vaste consultation et d'efforts concertés.

La vice-rectrice aux affaires étudiantes et au développement durable et vice-rectrice aux études, Louise Béliveau, a clos la rencontre.

Dominique Nancy

Le nombre de docteurs augmente!

Le nombre de diplômes de doctorat décernés au cours des dernières années a littéralement explosé. Par exemple, l'UdeM, incluant ses écoles affiliées (HEC Montréal et Polytechnique Montréal) a remis 284 diplômes de doctorat en 2002 comparativement à 518 à la collation des grades de 2015. De nos jours, il est même commun de compléter sa formation par un ou deux postdoctorats, préférablement au sein d'une équipe de recherche à l'étranger, avant d'envisager une carrière universitaire.

Au Québec, il y a actuellement 12 000 étudiants inscrits dans un programme de troisième cycle. Le chiffre s'élève à 40 000 à l'échelle du pays! Seulement 50 % termineront d'ici cinq ou six ans le long parcours semé d'embûches. Une proportion encore plus faible décrochera un poste de professeur dans une université. En fait, les jeunes savants de demain contribueront de plus en plus à faire avancer la société... À l'extérieur des murs des établissements du savoir!