L'évaluation de la qualité des programmes nécessite l'appui de tous les acteurs

  • Forum
  • Le 10 juin 2015

  • Martin LaSalle

En 5 secondes

Pour implanter une culture de la qualité au sein de l’UdeM, il importe de favoriser l’adhésion de l’ensemble des acteurs de la communauté, selon Jacques Lanarès, de l’Université de Lausanne.

Jacques Lanarès, vice-recteur à la valorisation et à la qualité à l'Université de Lausanne. Photo : Amélie Philibert.Le succès d'une démarche visant à évaluer et à améliorer les programmes d'enseignement de manière continue passe par l'adhésion de l'ensemble des acteurs de la communauté universitaire à ce processus.

C'est ce qu'a fait valoir Jacques Lanarès, vice-recteur à la valorisation et à la qualité à l'Université de Lausanne et expert reconnu en la matière, à l'occasion d'une conférence tenue à l'Université de Montréal le 3 juin. La rencontre a réuni des représentants du Vice-rectorat aux affaires étudiantes et aux études, du corps enseignant ainsi que différents professionnels de l'UdeM.

Cette démarche est en cours à l'Université de Montréal depuis plusieurs années, comme l'a signalé la vice-rectrice aux affaires étudiantes et aux études, Louise Béliveau, mais une étape importante sera franchie l'an prochain, puisque tous les programmes non soumis à un agrément auront été évalués d'ici la fin de 2016.

Pour la vice-rectrice adjointe à la promotion de la qualité, Claude Mailhot, il est essentiel «d'effectuer une réflexion sur le prochain cycle d'évaluation des programmes, sur ses objectifs, sur ses finalités» ainsi que sur les manières de concrétiser cette démarche pour qu'elle soit le plus efficace possible et en phase avec le plan institutionnel de soutien à la réussite. Mme Mailhot est responsable des processus entourant l'évaluation des programmes de même que des mesures de suivi nécessaires à leur amélioration.

Invité à contribuer à cette réflexion, M. Lanarès a rappelé que les questions touchant à la qualité des établissements d'enseignement supérieur se sont imposées avec force au cours des 15 dernières années, et ce, de différentes façons.

«Sur le plan politique, le mouvement vers une plus grande autonomie des universités implique qu'elles aient l'obligation de rendre des comptes et que l'assurance qualité leur incombe directement, a-t-il indiqué. Sur le plan économique, elles doivent composer avec des réductions budgétaires tout en demeurant compétitives : leurs étudiants veulent en avoir pour leur argent, et les universités doivent faire évoluer leurs méthodes pour instaurer un enseignement centré sur l'étudiant et l'apprentissage. Elles doivent aussi améliorer l'employabilité de leurs finissants.»

Un paradoxe dont il faut tenir compte

Si la qualité des programmes est une valeur privilégiée par le milieu universitaire, elle n'en est pas moins à la source de tensions dont il faut tenir compte lors de l'implantation d'un processus de mise en action de la qualité. Pourquoi pareilles tensions?

«Parce que tous n'ont pas la même conception de ce qu'est la démarche qualité. Pour certains, elle est axée sur la satisfaction du client; pour d'autres, elle vise un meilleur rapport qualité-prix; mais, dans la majorité des cas, l'évaluation de la qualité s'effectue en fonction de la mission propre de l'établissement et de ses objectifs et non par rapport à des critères externes», a expliqué Jacques Lanarès.

Des défis à relever

M. Lanarès a ciblé quelques défis à relever si l'on veut enraciner une culture de la qualité au sein de l'UdeM.

D'une part, il importe de répondre à des attentes qui sont multiples. «Les systèmes d'évaluation de la qualité suscitent toujours des tensions autour des pôles que sont le corps enseignant, les étudiants et les autorités politiques : parce qu'on ne peut avantager l'un au détriment de l'autre, il faut établir un mécanisme de régulation des tensions qui prend en compte les points de vue de tous», a-t-il soutenu.

D'autre part, la réussite d'une démarche destinée à assurer la qualité des programmes d'études repose sur la construction d'un système intégré et décloisonné et sur des stratégies qui incluent des mesures de soutien aux facultés et à l'enseignement.

«Pour qu'une véritable culture de réflexion et de remise en question relative à la qualité s'enracine dans la communauté universitaire, il faut un minimum d'appropriation, a précisé Jacques Lanarès. Il faut que le processus s'appuie sur des valeurs partagées et que la responsabilité collective englobe toute la communauté. Pour ce faire, il faut cerner les valeurs qui vont transcender la démarche qualité et favoriser une communication constante – et dans les deux sens! – entre la haute direction et les différents acteurs sur le terrain afin de rechercher la pertinence plutôt que la conformité.»

Enfin, l'élément central d'un processus d'évaluation de la qualité demeure l'engagement institutionnel. «Cet engagement politique ainsi que le leadership de la haute direction sont des conditions sine qua non du succès de la démarche et de ses résultats probants. Ce sont les leaders qui créent la culture et, pour ce faire, il faut se donner les ressources et déployer des efforts qui perdurent», a-t-il conclu.