Visages de l'UdeM : les nouveaux docteurs de 2015

 

À l'occasion de la collation des grades de 3e cycle, nous avons rencontré des nouveaux docteurs de l'Université de Montréal. Portraits de douze Visages de l'UdeM.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Anaïs Aulas, docteure en biochimie

Comment vous sentez-vous aujourd'hui?
Il y a plein d'émotions... Je sens que les larmes sont proches! C'est quatre ans et demi de travail, c'est vraiment un accomplissement.

Pourquoi avez-vous choisi d'étudier à Montréal?
La façon de faire la recherche me convenait davantage qu'en France. Et j'ai pu apprendre l'anglais à Montréal, ce qui m'a aidée pour mes études postdoctorales à Harvard. Je ne regrette pas du tout d'être venue ici, Montréal reste pour moi une ville de cœur!

Que retenez-vous du doctorat?
Juste le fait d'être venue au Canada m'a apporté quelque chose, l'émigration m'a ouvert l'esprit. Pour ce qui concerne la recherche, même si j'aurai toujours des choses à apprendre, je suis maintenant autonome : je sais ce que je veux, ce qu'il faut faire et ce qu'il ne faut pas faire. Sur le plan professionnel, j'ai l'impression d'être entrée au doctorat comme une adolescente et d'en sortir comme une femme.

Des plans pour l'avenir?
Peut-être ouvrir mon laboratoire. Je pense avoir été piquée par le virus de la recherche! Je trouve ça merveilleux d'avoir un projet et de le faire grandir, c'est comme un enfant!


Simon De Montigny, docteur en mathématiques

Êtes-vous fatigué?
Disons que j'ai eu le temps de me reposer! J'ai défendu ma thèse en août 2014, puis j'ai suivi le trimestre d'automne tranquille avant d'entreprendre mon postdoc à Sainte-Justine, en modélisation mathématique des maladies infectieuses. Question de varier mes domaines d'expertise et d'ajouter des cordes à mon arc.

Qu'est-ce que le doctorat représente pour vous?
Un grand privilège. Le privilège de pouvoir se consacrer exclusivement à la recherche pendant un certain nombre d'années. De nos jours, il n'y a pas beaucoup de gens qui ont la chance de travailler ainsi sans autres contraintes que celles liées au travail intellectuel et à l'exploration scientifique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Léa Gagnon, Docteure en sciences de la vision

Comment vous sentez-vous aujourd'hui?
Très relaxe, en fait!

Avez-vous déjà des plans pour l'avenir?
Je suis à l'étape où je choisis mon prochain diplôme. J'ai des diplômes en recherche fondamentale et pour équilibrer le tout, je crois que c'est important d'avoir un diplôme clinique.

Ce qui vous a marquée pendant le doctorat?
Les occasions que j'ai eues d'étudier à l'étranger, notamment au Danemark. Ce que mes voyages m'ont apporté, c'est le point de vue d'autres collègues scientifiques. Ces différentes approches m'ont aidée à m'améliorer en tant qu'être humain.

Des conseils pour un étudiant qui entame un doctorat?
C'est très important de bien choisir son directeur de recherche, d'avoir une bonne chimie dès le départ. Si vous souhaitez étudier dans un autre pays, prenez le temps de vous y rendre pour voir le milieu dans lequel vous allez évoluer. C'est beaucoup d'énergie, un doctorat, et on a besoin d'un environnement dans lequel on se sent bien.


Stéphane Martelly, docteure en littérature

Comment vous sentez-vous?
Très étrange, je n'arrive pas encore à y croire... C'est un cheminement très long, le doctorat, et entre-temps la vie se produit. Ceux qui persistent sont ceux qui sont capables de courir longtemps.

Qu'est-ce qui vous a permis de courir longtemps?
La passion de la littérature haïtienne contemporaine, le sujet de ma thèse.

Que retenez-vous de cette expérience?
La persistance, la ténacité, et puis la capacité de mener une réflexion sur le long terme. Je compte continuer d'ailleurs à faire de la recherche. J'ai obtenu une bourse postdoctorale, alors je continue!

 

 

 

 

 

 


Abdelilah Sakti, docteur en génie informatique

Comment vous sentez-vous aujourd'hui?
C'est habituellement difficile pour moi d'exprimer mes sentiments... mais je suis très heureux d'avoir un tel diplôme. Ça dit tout.

Comment avez-vous vécu cette expérience?
Elle : Je suis contente que ce soit terminé! Il aura plus de temps pour la famille.
Lui : Elle aussi, elle mériterait un doctorat.

Quelles ont été les embûches?
Lorsqu'on fait de la recherche, on cherche quelque chose qui n'existe pas. C'est ça, la principale difficulté.

 

 

 










Katia Nelson, docteure en psychologie

Le mot qui décrit le mieux vos émotions aujourd'hui?
Fierté.

De quoi êtes-vous la plus fière?
D'avoir persévéré. C'est une seconde carrière pour moi. À un moment dans ma vie, je me suis posé la question : « Si tu avais un rêve professionnel à réaliser, quel serait-il? » Je me suis dit que si je n'avais aucune contrainte, je serais psychologue. En fin de compte, je ne regrette rien, pas une minute!

Comment s'est effectué votre retour aux études?
Lors de mes premiers cours, lorsque j'arrivais en classe, les étudiants se posaient la question : « Est-ce que c'est notre nouveau prof? » Ç'a été tout un choc. Je suis retournée sur les bancs d'école au baccalauréat, avec des jeunes de 18 ans qui n'étaient pas rendus au même endroit que moi dans la vie, qui avaient une façon différente d'apprendre. Mais avec le temps, j'ai découvert des gens extraordinaires qui m'ont soutenue pendant tout mon parcours.

 

 

 

 


Louis-Alexandre Saumur, conjoint de Marie-Soleil Roy, docteure en littérature, Léonie (bébé)

Comment vous sentez-vous pour votre conjointe?
Je suis fière d'elle, ça prend beaucoup de détermination et de volonté pour terminer. Surtout qu'elle travaillait à temps plein comme enseignante au cégep pendant une bonne partie de la scolarité et de la rédaction.

En plus du bébé...
Le bébé « neuf » est arrivé après la soutenance de thèse, on a aussi une plus grande de 3 ans et demi.

Qu'est-ce qui fait qu'elle a persévéré?
Je pense qu'elle n'était pas capable de laisser quelque chose d'inaccompli. Le désir de pousser jusqu'au bout faisait sans doute partie du défi.


Jean-Christophe Durand, docteur en psychologie

Comment vous sentez-vous?
Wow. Extrêmement fier. Et accompli.

Ce qui vous aidé à passer à travers?
On sous-estime le soutien des pairs. C'est extrêmement important pour le moral, le sentiment d'appartenance, et aussi pour le transfert de connaissances entre les cohortes plus vieilles et plus jeunes.

Des conseils pour ceux qui commencent leur doctorat?
Fais-le. Et fais-le au plus vite.

 


Sandrine Prom Tep, docteure en administration des affaires

Ce qui vous a permis de persévérer pendant le doctorat?
Je vais vous raconter une anecdote : en milieu de parcours, après l'examen de synthèse, je suis arrivée à la conclusion que je n'y arriverais pas. J'en avais parlé sérieusement à mon mari : j'abandonnais. Le matin où je devais annoncer la nouvelle à tout le monde, j'ai reçu une réponse du CRSH m'indiquant que j'avais reçu la bourse d'études. Je suis partie à pleurer devant mon écran....

La décision a de toute évidence changé...
Je me suis dit que je n'avais plus le droit d'abandonner. Je sentais une responsabilité sociale vis-à-vis de cette aide qui provient de toute la société.

Et le fait d'avoir des enfants pendant le doctorat?
Pour une femme, c'est merveilleux parce qu'avoir des enfants pendant ses études nous donne toute la souplesse qu'il faut. On avance sa carrière tout en étant disponible pour les enfants.

Vous êtes depuis devenue professeure d'université. Comment s'est fait le saut de l'autre côté de la clôture?
C'est très surprenant, mais c'est un gros changement. Lorsqu'on est étudiant, on est concentré sur la matière, l'évaluation, la notion de compétence et de capacité. Lorsqu'on passe du côté professeur, il faut gérer la relation avec l'administration, celle avec les autres professeurs, le financement pour payer nos étudiants. Je trouve ça bien que les professeurs aient la générosité de nous protéger de cette « machine » administrative pendant nos études. Ils ne nous disent pas à quel point ils se sont battus pour nous. Je les remercie tous parce que c'est maintenant que je réalise tout ce que représente leur travail.


Dan Nguyen, docteur en sciences biologiques

Qu'avez-vous appris sur vous pendant le doctorat?
Trouver des façons de travailler qui sont plus productives, mais aussi adaptées à moi. Évidemment, on apprend aussi à réfléchir, à se poser les bonnes questions.

Quelle était votre question de doctorat?
n une phrase? Est-ce que les bactéries des eaux arctiques sont actives en hiver, dans les eaux très froides, et est-ce que ces bactéries sont capables de transformer la matière, de donner de la nourriture à d'autres organismes.

Ce qui vous a permis de passer à travers votre doctorat?
PhD Comics! Un site Web essentiel à tout doctorant!

 

 

 

 

 


Marie-Hélène Audy, docteure en philosophie

Votre soutenance de thèse a eu lieu...
Le 13 mars. Un vendredi 13! Mais ça s'est bien passé.

Que retenez-vous du doctorat?
L'importance du soutien familial. Avoir un conjoint à présent, à l'écoute, comme le mien qui a lui aussi fait un doctorat et qui savait donc ce que c'était. Et il faut le mentionner également : l'importance du soutien financier qui fait une énorme différence.

Quel a été le plus grand défi?
Le doctorat demande beaucoup d'autodiscipline. Il faut s'obliger à s'asseoir devant l'ordinateur pour écrire, et non pas attendre que l'inspiration vienne.

Votre principale source de motivation?
J'adorais le sujet sur lequel je travaillais, la conception de la sympathie chez David Hume. Je me disais que peu importe la suite, j'avais envie de terminer cette thèse parce que le sujet lui-même m'était important.

 

 


Éric Maillet, docteur en santé publique

Pourquoi avoir entamé un doctorat?
C'est quelque chose qui s'est imposé. Ce sont les constats que j'ai faits comme professionnel de la santé qui m'ont mené au doctorat. J'avais une mission, il fallait que je pousse la recherche plus loin au Québec. C'est mon profond motivateur : changer et optimiser les pratiques cliniques.

Qu'est-ce que le doctorat vous a apporté?
Je vois le monde d'une façon beaucoup plus riche. Je sais que l'ACFAS a son concours Ma Thèse en 180 secondes. Eh bien, moi je peux résumer ma thèse en une phrase! « Tout est une question de perception. »

Votre épouse est également docteure?
Oui, ma femme a fait un doctorat avant moi, en sciences infirmières. Je savais donc dans quoi je m'embarquais! Nous nous sommes rencontrés ici à l'UdeM, pendant notre première session au baccalauréat.

 

Propos receuillis par Marilou Garon
Photos : Annie Gaudreau