Briser l'abus d'alcool et de drogues dès 12 ans

En 5 secondes

Près de 50 % des élèves québécois ont déjà consommé de l'alcool durant leur deuxième secondaire.

Près de 50 % des élèves québécois ont déjà consommé de l'alcool durant leur deuxième secondaire. Photo : FRQS.Près de 50 % des élèves québécois ont déjà consommé de l'alcool durant leur deuxième secondaire. Un constat inquiétant quand on sait que l'utilisation abusive d'alcool ou de drogues à un jeune âge peut affecter le cerveau, causer le décrochage scolaire, déclencher des maladies mentales et évoluer en dépendance à long terme.

La science propose une solution : des ateliers de thérapies cognitives et comportementales ciblant les caractères à risque.

Dans le cadre du programme Co-venture, testé jusqu'à maintenant en Angleterre et au Canada, Patricia Conrod, professeure de psychiatrie à l'Université de Montréal, a constaté que certains traits de personnalité et de comportement tels l'anxiété et l'impulsivité, mènent les adolescents à abuser de substances nocives. Mais quand on leur apprend à mieux gérer, sans alcool et sans drogues, leur profil psychologique, on peut diminuer de 30 % les symptômes de dépression et d'anxiété, corriger 40 % des problèmes de comportement et réduire de moitié les épisodes de beuveries.

Depuis quatre ans, cette chercheuse du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine teste son approche dans 32 écoles secondaires de la région de Montréal. Elle y a recruté quelques 4000 élèves de 12 ans choisis selon leurs agissements risqués, leurs habitudes de consommation ou leur santé mentale.

Ces jeunes participent à des thérapies psychosociales avec des intervenants scolaires formés qui leur apprennent notamment à gérer leurs émotions et leurs comportements risqués. À la fin de leur scolarité, Patricia Conrod espère voir leur tempérament changer et leur consommation d'alcool et de drogues baisser de moitié.

À long terme, la scientifique désire développer un modèle d'intervention qui sera proposé à toutes les écoles pour protéger le développement cognitif des jeunes et prévenir des problèmes de consommation à long terme.