Subvention de 199 000 $ pour améliorer le diagnostic du cancer de la prostate

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Des chercheurs vont développer une nouvelle technologie qui permettra d’améliorer le diagnostic et le traitement du cancer de la prostate.

Frédéric Leblond et Dominique Trudel. Photo : CRCHUM.

 

Des chercheurs du Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CRCHUM) vont développer une nouvelle technologie qui permettra d'améliorer le diagnostic et le traitement du cancer de la prostate. La Fondation Movember et Prostate Cancer Canada annoncent un financement de 199 000 $ pour ce projet piloté conjointement par Dominique Trudel, professeure au Département de pathologie et de biologie cellulaire de l'Université de Montréal, et Frédéric Leblond, professeur au Département de génie physique à Polytechnique Montréal.

Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l'homme au pays. Mais les cellules cancéreuses sont parfois bien cachées dans cette glande de la taille d'une noix de Grenoble, qui sécrète le liquide séminal, nourrit et transporte le sperme. «Dans certains cas, le cancer de la prostate est très agressif et peut entraîner la mort dans 48 mois. Dans d'autres cas, le cancer évolue très lentement, sans conséquences graves dix ans après le diagnostic. Nous voulons réduire les chances de se tromper quand on pose le diagnostic. Pour disposer d'un meilleur portait du comportement des cellules cancéreuses, nous allons améliorer les biopsies en combinant les procédures actuelles à une nouvelle technologie», fait valoir la Dre Dominique Trudel, également pathologiste au CHUM et professeure adjointe de clinique au Département de pathologie et de biologie cellulaire de l'Université de Montréal.

On a recours à la biopsie pour diagnostiquer le cancer de la prostate. Ce test est prescrit si le médecin détecte une anomalie lors d'un examen de toucher rectal, d'une échographie transrectale ou si le test de l'antigène prostatique spécifique (APS) montre que cette protéine se trouve en quantité anormale dans le sang.  La biopsie de la prostate consiste à prélever un petit échantillon de tissu suspect à l'aide d'une aiguille, introduite dans la prostate via le rectum.

Le médecin fait habituellement un prélèvement dans six endroits bien définis de la prostate. Les échantillons sont ensuite envoyés au laboratoire de pathologie pour confirmer la présence de cellules cancéreuses. Si la biopsie est positive, les cellules cancéreuses sont caractérisées pour déterminer un indice d'agressivité de la tumeur, qu'on appelle le score de Gleason.

Le problème, c'est qu'il y a souvent une discordance entre la biopsie et la tumeur réellement présente dans la prostate. Les chercheurs veulent littéralement apporter un meilleur éclairage sur les cellules au moment où elles sont prélevées dans la prostate. «Nous allons modifier l'aiguille de biopsie commerciale traditionnelle en insérant des fibres optiques qui vont envoyer de la lumière au bout de l'aiguille. Il s'agit de fabriquer un instrument optique miniature, pour regarder une plus grande partie de la prostate et savoir en temps réel si les cellules sont cancéreuses ou non», explique Frédéric Leblond, chercheur au CRCHUM et professeur agrégé au Département de génie physique de Polytechnique Montréal.

Par le passé, l'ingénieur et physicien a utilisé avec succès cette technologie, appelée spectroscopie Raman, chez l'humain démontrant qu'elle peut détecter de très faibles quantités de cellules cancéreuses du cerveau durant la chirurgie. « La sonde optique sera adaptée pour le cancer de la prostate, mais le principe est le même : la lumière émise donne un signal spectroscopique qui fournit de l'information spécifique sur la composition moléculaire du tissu. Autrement dit, les cellules cancéreuses et les cellules normales réagissent différemment à la lumière », explique Frédéric Leblond.

Les chercheurs espèrent que ce nouvel outil diagnostique pour le cancer de la prostate pourra être mis en marché dans un horizon de cinq à dix ans. «Si les résultats sont concluants, cette approche permettra de dépister des cancers actuellement indétectables. Et surtout, nous pourrons mieux prédire le comportement des cellules cancéreuses et adapter le suivi et le traitement en conséquence», conclut la Dre Dominique Trudel.

Le cancer de la prostate en bref (selon la Société canadienne du cancer et Statistique Canada)

  • Cancer masculin le plus commun, soit 25% des cancers diagnostiqués
  • 24 000 hommes recevront un diagnostic de cancer de la prostate en 2015
  • 4 100 Canadiens mourront d'un cancer de la prostate en 2015
  • 40% des cas sont diagnostiqués chez des hommes de 60 à 69 ans
  • Taux de mortalité en diminution depuis 2001