Espérance de vie : les Canadiens ont rattrapé les Suédois

  • Forum
  • Le 23 juillet 2015

  • Martin LaSalle

En 5 secondes

De 2000 à 2010, l'espérance de vie des Canadiens a rattrapé celle des Suédois, surtout en raison de la diminution de la mortalité attribuable aux maladies cardiovasculaires ainsi qu'au cancer.

Le Canada et la Suède figurent parmi les pays où l'espérance de vie à la naissance est la plus élevée dans le monde.Photo : Thinkstock.

 

Au cours de la décennie 2000-2010, l'espérance de vie à la naissance des Canadiens a rattrapé celle des Suédois, surtout grâce à la diminution de la mortalité attribuable aux maladies cardiovasculaires ainsi qu'au cancer, chez les Canadiens de 65 ans et plus.

 

 

 

C'est ce que met en lumière une étude réalisée par une équipe dirigée par Nathalie Auger, professeure au Département de médecine sociale et préventive de l'Université de Montréal, chercheuse à l'Institut national de santé publique du Québec et rattachée au Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM).

En analysant l'espérance de vie à la naissance au Canada et en Suède pour chaque année de la période étudiée, Mme Auger a constaté que les hommes Canadiens ont pratiquement rattrapé les Suédois à ce chapitre. Les Canadiennes ont quant à elles surpassé les Suédoises.

Ainsi, en 2010, les Canadiens avaient une espérance de vie de 79,4 ans, soit seulement quatre semaines et demi (4,6 semaines) de moins que les Suédois. Chez les femmes, les Canadiennes pouvaient espérer vivre pendant 83,9 ans, soit près de cinq mois de plus que les Suédoises.

Or, dix ans plus tôt, tant les hommes que les femmes en Suède vivaient un peu plus de sept mois de plus que les Canadiens.

«En une décennie, les Canadiens ont rattrapé les Suédois, tandis que les Canadiennes ont surpassé les Suédoises en ce qui a trait à l'espérance de vie», commente Nathalie Auger.

Nathalie Auger. Photo : Amélie Philibert.

Moins de décès prématurés chez les aînés

En analysant la mortalité par catégorie d'âge, Nathalie Auger a constaté que la progression globale de l'espérance de vie chez les Canadiennes découle principalement de l'augmentation de la mortalité prématurée chez les Suédoises âgées de 65 ans et plus.

Chez les hommes, le rattrapage des Canadiens sur les Suédois découle davantage d'une réduction de la mortalité chez les aînés du Canada âgés de 65 ans et plus.

Par ailleurs, les taux de mortalité attribuables aux trois principales causes de décès (cancer, maladies cardiovasculaires et respiratoires) ont diminué tant en Suède qu'au Canada.

Toutefois, une proportion plus importante de Suédois (femmes et hommes confondus) est décédée d'une maladie cardiovasculaire avant l'âge de 85 ans, comparativement aux Canadiens. L'effet découlant de cette cause de décès sur l'espérance de vie équivalait à un an pour les Suédois et à 1,2 an pour les Suédoises.

Pour leur part, les décès attribuables au cancer et aux maladies respiratoires étaient proportionnellement plus nombreux au Canada qu'en Suède au cours de la décennie étudiée, mais leur effet sur l'espérance de vie était moins importante – soit une réduction de quatre mois chez les hommes et de trois mois chez les femmes.

À noter que les résultats ont été obtenus à partir de données tirées de Statistique Canada et de l'Eurostat, des recensements des deux pays de même que de la Classification internationale des maladies de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Martin LaSalle