Et si la neuroplasticité contribuait à la chronicité des troubles musculo-squelettiques?

/images/stories/003/2015/08/neuroplasticit.jpgLa neuroplasticité joue un rôle important dans le processus d'adaptation lors d'un trouble musculo-squelettique, indiquent des chercheurs de l'École de réadaptation de l'Université de Montréal.

«Traditionnellement, les traitements de réadaptation des troubles musculo-squelettiques se concentrent sur la guérison du tissu ou de la structure endommagée. Néanmoins, les traitements guidés par ce paradigme s'avèrent peu efficaces dans un grand nombre de ces troubles qui deviennent chroniques et causent des problèmes couteux pour l'individu et la société, explique le professeur Daniel Bourbonnais. Nous devons revoir ce paradigme sous-jacent aux traitements actuels des troubles musculo-squelettiques et examiner plus attentivement la contribution des mécanismes neurophysiologiques à ces atteintes.» Bourbonnais et ses collègues René Pelletier et Johanne Higgins ont récemment publié un article à ce sujet dans la revue BMC Musculosqueletal Diseases.

En effet, des changements adaptatifs et de neuroplasticité prennent place dans le système nerveux central (SNC) des personnes atteintes de troubles musculo-squelettiques (TMS) et sont impliqués dans la récupération de ces TMS. «Ces changements sont d'abord bénéfiques, mais peuvent persister et faire partie intégrante de l'évolution de la maladie et le développement et le maintien des signes et des symptômes chroniques. Ainsi, ces modifications neurophysiologiques et de plasticité dans le système nerveux central pourraient expliquer la transition de blessure aiguë à des conditions chroniques, des problèmes sensori-moteurs, des troubles de la perception, déclare René Pelletier. Cliniquement, ces modifications pourraient aussi expliquer pourquoi certaines personnes continuent à éprouver de la douleur sans qu'aucune atteinte musculo-squelettique sévère ne puisse être mise en évidence, et pourquoi certaines personnes atteintes de TMS chronique ne répondent pas à des interventions traditionnelles.»

Poussant plus loin leur idée, les auteurs suggèrent que si les changements neurophysiologiques contribuent à installer une chronicité des TMS, les interventions en réadaptation qui s'attarderaient à modifier ces processus neurologiques tout en traitant les atteintes du tissu périphérique auraient de plus grandes chances de succès.

À propos de cette étude

René Pelletier, Johanne Higgins et Daniel Bourbonnais ont publié « Is neuroplasticity in the central nervous system the missing link to our understanding of chronic musculoskeletal disorders? » dans BMC Musculosqueletal Diseases le 12 février 2015 . Pelletier, Higgins et Bourbonnais sont affiliés avec l'École de réadaptation de l'Université de Montréal. Higgins et Bourbonnais sont également affiliés avec le Centre de recherche interdisciplinaire en réadaptation de Montréal métropolitain et l'Institut de réadaptation Gingras-Lindsay-de-Montréal du CIUSSS Centre-Est-de-de-l'Île-de-Montréal.